Annoncée par Macron, l'immigration ne sera finalement pas l'un des thèmes du «grand débat local»

Annoncée par Macron, l'immigration ne sera finalement pas l'un des thèmes du «grand débat local»© Aris Oikonomou Source: AFP
Emmanuel Macron le 13 décembre 2018 à Bruxelles (image d'illustration).

Rétropédalage grand format au sommet de la macronie : alors que le président de la République avait annoncé que l'immigration serait au menu du grand débat qu'il souhaite organiser, elle en a été retirée, bien que figurant déjà sur des tracts LREM.

Le 10 décembre, Emmanuel Macron affirmait devant plus de 20 millions de téléspectateurs vouloir, à l'occasion d'un «grand débat local», mettre «d’accord la Nation avec elle-même sur ce qu’est son identité profonde, que nous abordions la question de l’immigration».

«Il nous faut l’affronter», appuyait-il encore. Dans le même discours, le chef de l'Etat pointait «le malaise face aux changements de notre société, à une laïcité bousculée et devant des modes de vie qui créent des barrières, de la distance», annonçant par là même que cette question ferait partie des cinq thèmes retenus.

Quelles sont les attentes et les inquiétudes des Français relatives à l'immigration, dans un contexte de mondialisation et de laïcité parfois bousculée ?

Mais, trois jours plus tard, Matignon a annoncé que le grand débat local prévu du 15 décembre au 1er mars ne comprendrait finalement que quatre points – la transition écologique, la fiscalité, les services publics et le débat démocratique – Edouard Philippe précisant devant l'Assemblée nationale que la problématique de l'immigration serait intégrée à celle sur le débat démocratique. Il confirmait également que la réforme constitutionnelle, dont l'examen devait débuter en janvier, était reportée après la fin du grand débat local de trois mois décidé face au mouvement des Gilets jaunes.

Le tract LREM sur le sujet avait déjà été imprimé 

Pourtant, le compte-rendu du Conseil des ministres envoyé la veille par la présidence de la République présentait bien l'immigration comme l'un des thèmes que l'exécutif souhaitait aborder lors de la discussion nationale chapeautée par la Commission nationale du débat public, présidée par l’ancienne ministre des sports de Nicolas Sarkozy, Chantal Jouanno. «Quelles sont les attentes et les inquiétudes des Français relatives à l'immigration, dans un contexte de mondialisation et de laïcité parfois bousculée ?», demandait le texte.

Comment le Premier Ministre peut-il supprimer l'immigration du débat national alors que le président de la République s'est engagé solennellement devant les Français à en débattre ?

L'immigration sera bien à l'ordre du jour, mais pas sous la forme d'un thème distinct comme cela était donc envisagé initialement. Après l'adresse à la nation du locataire de l'Elysée, certains s'étaient en effet émus que cette thématique ait été retenu par Emmanuel Macron, à l'image du leader de la CFDT, Laurent Berger, car ne figurant pas, selon eux, dans les revendications des Gilets jaunes. «La CFDT s’oppose à ce que "immigration et identité profonde", pourtant sans lien avec la crise actuelle, fasse partie des cinq thèmes de discussion. C’est incompréhensible et dangereux alors que l’enjeu est clairement la justice sociale ! », tweetait-il ainsi le 12 décembre.

Le premier secrétaire du parti socialiste, Olivier Faure, a lui tancé «quelque chose de rassis dans cette façon de faire de la politique» lors de son discours sur la motion de censure déposée par la gauche et voté par le Rassemblement national (RN). «Vous vous êtes présentés comme un rempart contre le chaos mais c'est vous aujourd'hui qui lui ouvrez les portes», a-t-il encore fustigé.

Des députés La République en marche, comme Aurélien Tâché et Matthieu Orphelin, y ont également vu une «maladresse», une question «qui n’a pas sa place». Mais comble de l'ironie et symptôme de ce couac macronien, Europe 1 a révélé ce 13 décembre que LREM avait d'ores et déjà édité la première mouture d'un tract reprenant les principales annonces d'Emmanuel Macron, mentionnant bien une «réflexion collective sur l'identité nationale»... avant de la modifier.

«Censure», «hypocrisie», «cynisme»...

Dans la foulée de ce rétropédalage, Marine Le Pen n'a pas tardé à réagir, dénonçant une «censure». «Comment le Premier Ministre peut-il supprimer l'immigration du débat national alors que le président de la République s'est engagé solennellement devant les Français à en débattre ?», s'est-elle également interrogée.

Le chef de l'Etat «se moque des Français», a commenté le député RN Gilbert Collard tandis que Nicolas Dupont-Aignan a confié : «Cette hypocrisie, ce double langage, ce cinéma, je ne le supporte plus.» Julien Aubert, député Les Républicains, a quant à lui déploré l'«incroyable cynisme d'Emmanuel Macron».

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