L'ambassadeur syrien au Liban appelle les réfugiés syriens à rentrer dans leur pays

L'ambassadeur syrien au Liban appelle les réfugiés syriens à rentrer dans leur pays Source: AFP
Réfugiés syriens après l'incendie de leur camp au village de Yammouneh dans la vallée de Bekaa le 3 décembre 2018 (image d'illustration).

Estimant que la Syrie est plus sûre que certains de leurs pays d'accueil, le diplomate syrien Ali Abdel Karim Ali a invité les réfugiés syriens, au nombre d'un million au pays du cèdre, à revenir dans leur pays d’origine.

Selon L'Orient - Le Jour, l'ambassadeur syrien au Liban, Ali Abdel Karim Ali, a invité les Syrien réfugiés à l'étranger à rentrer dans leur pays. Malgré les frappes d’octobre dernier qui ont fait 62 morts civils et de nombreux blessés à Deir-ez-Zor, le diplomate a estimé que «la Syrie [était] plus sûre que certains pays hôtes», lors d'une réunion au siège de l'ambassade syrienne avec le comité central du Courant patriotique libre pour le retour des réfugiés. Le Liban accueille actuellement plus d’un million de Syriens en exil.

«La Syrie a besoin que ses habitants rentrent, après les grandes victoires remportées contre le terrorisme sur la majorité de son territoire», a lancé le diplomate, avant d'ajouter : «Les Syriens savent que les soins médicaux, l'enseignement et tous les besoins de première nécessité leur seront assurés chez eux, plus qu'ils ne le sont dans les pays où ils se trouvent actuellement.»

La Syrie a besoin que ses habitants rentrent, après les grandes victoires remportées contre le terrorisme sur la majorité de son territoire

Si l'Etat islamique a en effet été éliminé de la quasi totalité du territoire, des incidents et frappes surviennent dans quelques zones du Kurdistan syrien, et les tensions règnent toujours à Idleb, dans le Nord-ouest du pays. Dans une de ses provinces, malgré la zone tampon de démilitarisation, les forces syriennes ont encore eu recours à des frappes contre les rebelles en octobre 2018. En outre, de nombreuses villes très affectées par les bombardements, et pas encore totalement déminées, comme Raqqa, restent dans l'incertitude quant au financement de leur reconstruction.

Plusieurs centaines de réfugiés ont gagné la dixième opération de rapatriement volontaire organisée par la Sûreté générale libanaise. 1 230 Syriens ont quitté le Liban sous sa supervision depuis juin 2018, selon l'agence libanaise ANI. Ils auraient rejoint le Qalamoun syrien et la grande banlieue de Damas. Le ministre libanais pour les Affaires des réfugiés, Mouïn Merhebi, avait affirmé en octobre que 55 000 réfugiés syriens au total avaient regagné leur pays.

Quel est le sort des réfugiés lorsqu'ils retrouvent leur pays d’origine ? Mouïn Merhebi, avait affirmé, lors d'une conférence de presse le 13 novembre, que certains d'entre eux avaient été victimes d'exactions et de persécutions après leur retour. Le président libanais, Michel Aoun, a répliqué n'avoir reçu «aucune information faisant état de persécutions subies par les Syriens qui rentrent chez eux».

Le sort des réfugiés Syriens au Liban en question

En avril 2018, l'ONG Human Rights Watch (HRW) avait établi un rapport dans lequel elle affirmait que des milliers de réfugiés syriens avaient été expulsés de leurs logements dans certaines villes du Liban pour des raisons «incohérentes» et «discriminatoires». «Au moins 13 municipalités libanaises ont expulsé de force de leurs maisons, un nombre estimé de 3 664 réfugiés syriens et les ont expulsés apparemment en raison de leur nationalité ou de leur religion», dénonçait le rapport.

Lama Faqih, la directrice de HRW au Liban, avait accusé les forces de sécurité libanaises d'exercer des pressions sur les réfugiés pour qu’ils retournent dans leur pays. «Les dirigeants libanais devraient réprimer la rhétorique qui encourage ou tolère les expulsions forcées, les expulsions et autres traitements discriminatoires et le harcèlement à l’encontre des réfugiés au Liban», était-il en outre écrit dans le communiqué. Elle avait accusé la Sûreté générale de vouloir «les faire retourner dans des régions privées d’électricité et d’eau, en l’absence de surveillance qui les protégerait d’éventuelles agressions».

La Sûreté générale avait ensuite nié exercer ces pressions et expliqué s’assurer «que les déplacés [retourneraient] dans leur pays de leur plein gré».

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