Silence assourdissant : Macron et Le Maire snoberaient-ils les «gilets jaunes» ?

Silence assourdissant : Macron et Le Maire snoberaient-ils les «gilets jaunes» ?© ERIC PIERMONT Source: AFP
A gauche : Bruno Le Maire ; à droite : Emmanuel Macron (image d'illustration).

Le 17 novembre, une vague jaune parcourait la France, signe d'une exaspération politique croissante. Emmanuel Macron reste muet, tout comme Bruno Le Maire, pourtant pas si étranger à la naissance du mouvement. Explications.

Contrairement à Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur qui s'est montré très loquace à l'occasion du blocage des routes françaises du 17 novembre par les «gilets jaunes», Emmanuel Macron n'a pour l'heure pas commenté, sur le fond, la grogne qui a éclaté samedi 17 novembre dans l'ensemble du pays. De fait, le chef d'Etat français est actuellement à Berlin, où il est intervenu devant le Bundestag à l'occasion du «Jour du Souvenir».

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Aujourd'hui à Berlin pour se souvenir des victimes des guerres et de la tyrannie

Ainsi, l'Elysée a expliqué que le président de la République, au plus bas dans les sondages, ne prendrait pas la parole au sujet de la vague jaune de la veille. «Ce jour du 18 novembre est un jour de deuil national en Allemagne. Le président de la République doit en tenir compte. Il y a un devoir de décence qui s'impose», a botté en touche le cabinet présidentiel. Avant son intervention, Emmanuel Macron a publié un tweet qui, sans la moindre allusion au contexte national, rappelait les raisons de son déplacement en Allemagne. «Aujourd'hui à Berlin pour se souvenir des victimes des guerres et de la tyrannie», a-t-il expliqué.

Autre silence notable suite à la vague jaune qui a submergé l'Hexagone : celui de Bruno Le Maire. Pourtant, en tant que ministre de l'Economie et des Finances, c'est lui qui a appuyé et confirmé le projet d'augmentation des taxes sur le carburant, celui-là même qui a constitué la goutte d'essence ayant fait déborder le jerrycan d'exaspération des «gilets jaunes».

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Heureux d'être à Alger aujourd'hui

Le ministre, lui aussi en déplacement professionnel, ne s'est pas montré plus loquace sur le mouvement citoyen des «gilets jaunes». En effet, c'est depuis l'Algérie que Bruno Le Maire a envoyé son dernier tweet, en date du 18 novembre : «Heureux d'être à Alger aujourd'hui pour le 5+5 Finances et Investissement» a-t-il fait savoir.

Commentant la mobilisation, un conseiller de l'exécutif cité par l'AFP a de son côté reconnu l'existence d'une mobilisation qu'il ne fallait «pas nier», estimant toutefois que la vague jaune n'avait pas correspondu au «raz-de-marée attendu».

Le ministre de l'Ecologie, François de Rugy, a pour sa part commenté, le jour de la mobilisation : «En matière de fiscalité écologique [...] Nous poursuivrons la trajectoire prévue.»

«Ce n’est certainement pas en capitulant devant les difficultés qu’on parviendra à y répondre», a-t-il ajouté, en considérant que «le conservatisme, l’inertie, ce n'est pas pour ce gouvernement».

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Malgré ces commentaires, tous les regards sont désormais tournés vers l'Elysée et Matignon, interpellés à la fois par le mouvement citoyen et par les forces politiques d'opposition. Le Premier ministre Edouard Philippe doit s'exprimer sur le sujet, au journal de 20h de France 2 ce 18 novembre au soir.

Au lendemain de la vague jaune du 17 novembre qui a rassemblé près de 288 000 citoyens au niveau national, selon le ministère de l'Intérieur (chiffres toutefois contestés de part et d'autre de l'échiquier politique français) des blocages se poursuivent ce 18 novembre dans plusieurs régions de France.

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