Gilets jaunes : un mouvement «beauf largement d'extrême-droite» selon un correspondant de Libération

Gilets jaunes : un mouvement «beauf largement d'extrême-droite» selon un correspondant de Libération© BERTRAND LANGLOIS / AFP
Jean Quatremer en 2012 (image d'illustration).

Exaspéré par l'exaspération : Jean Quatremer, correspondant européen de Libération, s'est appliqué à commenter les réponses générées par une de ses publications : un tweet dans lequel il qualifiait les gilets jaunes de «mouvement de beaufs»...

Affichant son irritation face à la couverture médiatique du mouvement des gilets jaunes, Jean Quatremer, correspondant à Bruxelles du quotidien Libération, a décidé, à travers un tweet datant du 7 novembre, d'exprimer son ressenti sur ce qu'il juge être «un mouvement de beaufs».

Et d'affiner sa réflexion, quelques jours plus tard : «Je confirme qu'il s'agit d'un mouvement de beaufs – j'ajoute poujadiste et largement d'extrême-droite –, au vu de la violence des réactions et de la "pensée" des gilets jaunes.»

Un jugement qui n'a pas manqué de faire réagir nombre d'internautes, le tweet initial ayant engendré plus de 700 réponses en moins d'une semaine.

Visiblement attentif aux commentaires générés, le journaliste a décidé de commenter certains d'entre eux. Et, à défaut de revenir sur une potentielle incompréhension suscitée par sa publication, Jean Quatremer n'a pas hésité à en rajouter plusieurs couches.

Quatremer VS «gauloise réfractaire»...

Il s'est particulièrement félicité des réactions engendrées, pointant «le niveau de réflexion et d’intelligence» de ses détracteurs, non sans sarcasme.

Le peuple qui souffre, mais qu’il est con

Déterminé à épingler les réponses les plus vindicatives, le correspondant de Libération n'avait pourtant lui-même pas hésité à surenchérir, omettant parfois, visiblement, d'élever ce «niveau de réflexion et d’intelligence».

«Le peuple qui souffre, mais qu’il est con», répond-il ainsi à un des internautes offusqués par sa publication.

Selon une capture d'écran réalisée par le compte Twitter «Fallait pas supprimer», Jean Quatremer aurait même été jusqu'à considérer les propos d'un de ses détracteurs d'«opinions de connards». L'internaute en question avait eu le malheur de qualifier son interlocuteur de «journaliste de bas étage».

Vous avez dit gilets jaunes ?

Mais d'où viennent ces gilets jaunes, qui sortent «par les oreilles» de ce journaliste spécialiste de l'Union européenne ? Le mouvement est né il y a quelques semaines d'une inquiétude sur la hausse des prix du carburant, en marge du mécontentement lié au projet gouvernemental d'augmentation des taxes sur le gazole et l'essence pour l'année 2019.

De fait, des appels à la mobilisation se sont multipliés face à une décision sur laquelle le chef d'Etat français n'entend pour sa part pas revenir. «Je préfère la taxation du carburant à la taxation du travail», avait-il affirmé lors d'une interview accordée aux journaux du groupe Ebra, parue le 5 novembre.

La circulation routière en France s'annonce particulièrement perturbée dans la journée du 17 novembre, alors que des citoyens, de part et d'autre de l'Hexagone, ont décidé d'organiser une journée de blocages des routes à l'échelle nationale.

Une action qui, selon un sondage révélé le 1er novembre par France info, recevrait le soutien de 78% des Français, et que le syndicat de Police SGP FO a annoncé soutenir.

De nombreuses personnalités politiques de l'opposition ont également réagi positivement à l'initiative. A droite, Marine Le Pen a, dès la fin du mois d'octobre, appelé ses cadres et élus à se joindre aux gilets jaunes ; Laurent Wauquiez a de son côté annoncé qu'il soutiendrait le mouvement en Haute-Loire ; Nicolas Dupont-Aignan ou encore Florian Philippot ont également affirmé être solidaires de la journée de mobilisation du 17 novembre.

A gauche, le principal parti d'opposition, La France insoumise, est aussi favorable à une telle mobilisation. De fait, Jean-Luc Mélenchon a déclaré qu'il souhaitait que cette journée soit un «succès».

La députée insoumise Mathilde Panot s'est également prononcée sur le choix du gouvernement de taxer le carburant, lors d'une récente intervention à l'Assemblée nationale. Alors qu'elle a été publiée sur la page Facebook de l'élue du Val-de-Marne, la vidéo s'est avérée virale, cumulant près de trois millions de vues en une semaine. Dénonçant une «écologie punitive», Mathilde Panot ne manque pas d'ironiser sur les récents conseils d’Emmanuel Macron à un chômeur, estimant que pour aller travailler, «il y a souvent plus qu’une rue à traverser […] beaucoup de Français ont besoin [de l’automobile] pour se rendre sur le lieu de travail.»

Sur le fond, la tendance à l'augmentation de la taxation des énergies fossiles a un impact encore limité sur la transition énergétique et semble surtout destinée... à renflouer les caisses de l'Etat.

Lire aussi : Hausse de la taxe carbone : vers la transition… budgétaire

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