Valérie Pécresse dit niet au pass Navigo gratuit... mais Anne Hidalgo continue à y croire

- Avec AFP

Valérie Pécresse dit niet au pass Navigo gratuit... mais Anne Hidalgo continue à y croire© Eric Piermont Source: AFP
La maire de Paris Anne Hidalgo (gauche) en compagnie de Valérie Pécresse (droite), la présidente de la région Ile-de-France lors de la présentation d'une nouvelle navette à Vincennes en novembre 2017.

Le maire de Paris continue à faire des allusions à une gratuité du pass Navigo, alors même que la présidente de la région Ile-de France, qui les délivre, prévient que cette mesure irréaliste coûterait 500 euros de plus par an aux ménages franciliens.

Pourquoi diable Anne Hidalgo a-t-elle encore fait planer l'hypothèse de la gratuité du pass Navigo, le forfait permettant de se déplacer en Ile-de France, lors d'une interview ce 1er octobre sur France Culture ? Valérie Pécresse, présidente Les Républicains (LR) de la région Ile-de-France, la vraie décisionnaire en la matière, avait pourtant annoncé la veille que cette mesure était «inadaptée».

500 euros d'augmentation des impôts par ménage l'année prochaine en Ile-de-France

«La gratuité des transports est une piste qu'il faut explorer», a donc annoncé Anne Hidalgo sur l’antenne de la radio publique. Mais pour Valérie Pécresse, le verdict est sans appel. «S'il n'y a pas les voyageurs qui paient, il faudra que quelqu'un d'autre paie», a-t-elle affirmé lors de l'émission le Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI le 30 septembre. Selon elle, le manque à gagner pour la régie des transports se répercuterait dans de nouvelles taxes pour les Franciliens : «500 euros d'augmentation des impôts par ménage l'année prochaine en Ile-de-France.»

Valérie Pécresse préside IDF Mobilités, l'organisme qui délivre les pass Navigo, dont le coût mensuel est compris entre 65,20 et 75,20 euros selon les zones. Les représentants du Conseil Régional y étant majoritaires, c'est donc sous son impulsion que se décident les modifications apportées à ce titre de transport.

Dossier contre dossier

Valérie Pécresse s'est appuyée sur les données d'un nouveau rapport commandé au printemps 2018 à Jacques Rapoport, ancien président de SNCF Réseau, pour évaluer notamment la question de la gratuité du pass Navigo. Il statue que la perte de 3,3 milliards d'euros de recettes par an ne serait que trop peu compensée par l'économie sur les contrôles et l'entretien des tourniquets, qui ne se chiffrerait qu'à 250 millions d'euros. Les conclusions du document mettent aussi en avant une saturation consécutive des transports, alors que le service, parfois vétuste, nécessiterait d'être amélioré grâce à des investissements conséquents.

Valérie Pécresse avait promis en décembre 2015 de ne pas augmenter les forfaits. Or, le pass Navigo a augmenté de 10% depuis 2015 sous sa présidence de région. De plus, les préconisations du rapport conseillent 5% de hausse d'ici quelques années. Et la présidente de la région Ile-de-France a admis sur France 3 souhaiter des augmentations «les plus faibles possibles» en 2019. 

Anne Hidalgo, à la surprise générale, avait voulu en mars obtenir la gratuité du pass Navigo afin de lutter contre la pollution de l'air à Paris, en incitant les citadins à utiliser les transports en commun. Elle a donc missionné plusieurs adjoints «pour savoir s’il exist[ait] un modèle économique qui rendrait ce projet réalisable». L'étude doit porter sur une carte Navigo gratuite d'ici les élections municipales de 2020.

Cette déclaration avait à l'époque fait réagir les rangs macronistes et de l'opposition parisienne, qui y avaient décelé un avant-goût de campagne. «Pour ceux qui en douteraient, Anne Hidalgo est bien candidate avec une seule promesse : je rase gratis !», avait persiflé Alexandre Vesperini, le président du groupe Parisiens, Progressistes, Constructifs et Indépendants (excroissance des Républicains, fondée par Nathalie Kosciusko-Morizet) en ajoutant : «Qui va payer la facture ?» 

Pour l'heure, Anne Hidalgo a réussi à faire voter au Conseil de Paris la gratuité pour les usagers de plus de 65 ans qui gagnent moins de 2 200 euros par mois. La Ville de Paris devra s'acquitter pour cette mesure d'une facture d'environ 12 millions d'euros par an à IDF-Mobilités.

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