«En marche vers la marchandisation du corps» ? Le Comité d'éthique soutient l'extension de la PMA

«En marche vers la marchandisation du corps» ? Le Comité d'éthique soutient l'extension de la PMA© LIONEL BONAVENTURE Source: AFP
Des pancartes pour l’extension de la PMA, lors de la Gay Pride de Paris de juin 2013 (image d'illustration).

Dans un avis publié ce 25 septembre, le Comité d'éthique a estimé, une fois encore, que la procréation médicalement assistée (PMA) devait être ouverte aux couples de femmes et aux femmes seules. Une partie de la droite est aussitôt montée au créneau.

Le Comité d'éthique (CCNE), qui s'était déjà prononcé en 2017 pour l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA), a fait de même dans un avis publié le 25 septembre 2018. L'ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, à laquelle est favorable le président Emmanuel Macron, peut se concevoir selon le CCNE «pour pallier une souffrance induite par une infécondité résultant d'orientations personnelles». «Cette souffrance doit être prise en compte», ajoute-t-il.

Cet avis fait suite à une consultation publique appelée «Etats généraux de la bioéthique», organisée entre janvier et avril dernier par le CCNE autour de neuf thèmes. Son but est de nourrir les discussions parlementaires sur la prochaine révision de la loi de bioéthique. Le gouvernement a prévu de présenter avant la fin de l'année un projet de loi qui sera débattu par le Parlement début 2019.

«Un pas de plus vers l'égalité des droits» selon SOS homophobie

L'annonce du CCNE sur l’extension de la PMA a été saluée, notamment, par l'association SOS homophobie, qui y voit «un pas de plus vers l'égalité des droits et la fin d'une discrimination». 

Du côté de la majorité présidentielle, le délégué général de La République en marche (LREM) Christophe Castaner s'est réjoui «que l'avis du CCNE aille dans le sens des propositions portées [par LREM]», dont l'«ouverture de la PMA à toutes les femmes».

Levée de boucliers d'une partie de la droite

A droite, des responsables et personnalités politiques diverses sont aussitôt montés au créneau. «En validant l'extension PMA pour toutes, le Comité bioéthique a sacrifié la réflexion éthique sur l'autel du politiquement correct», s'est ainsi indignée Lydia Guirous, porte-parole des Républicains. Et d'ajouter : «Par cet avis consultatif, une digue cède et la porte de la GPA s'ouvre de plus en plus En marche vers la marchandisation du corps des femmes ?»

Sur Twitter, le Parti chrétien démocrate (PCD) est revenu sur les mesures des dernières années qu'il estime propres à une «dérive progressiste». «Après le PACS, le Mariage pour tous, la PMA sans père autorisée, c’est la GPA assurée !» clame son président, Jean-Frédéric Poisson, qui a également remis en cause l'importance de la décision du comité d'éthique en déclarant : «A quoi sert un avis du CCNE puisque Macron et son entourage confirment que PMA est une promesse de campagne qui (elle) sera tenue ? Le prétendu débat est donc bien un faux-nez, et l’avis consultatif une mascarade. Mobilisons-nous encore et toujours !»

L'ancienne présidente du PCD, Christine Boutin, a aussi fait entendre son désaccord : «Quelle surprise ! Le CCNE confirme son avis favorable pour la PMA aux couples de lesbiennes. Tous ces comités Théodule ont toujours été à la botte du pouvoir et de la mode ! La GPA est pour demain. Je pleure sur la France.»

Enfin, le collectif d'associations de la Manif pour tous, qui s'est particulièrement fait entendre en amont de la réforme du mariage pour les couples de même sexe, a pour sa part annoncé qu'il n'organiserait pas de manifestation car il pense «qu'Emmanuel Macron renoncera à ce débat qui méprise l'avis des Français.»

Le Comité d'éthique s'exprime également sur l'euthanasie et la recherche sur l'embryon

Au sujet de l'euthanasie, en revanche, le Comité d'éthique a botté en touche et a proposé de ne pas modifier les textes en vigueur. La loi Claeys-Leonetti de 2016 sur la fin de vie, qui interdit l'euthanasie et le suicide assisté, ne doit pas être modifiée. Le Comité insiste cependant sur «l’impérieuse nécessité que cette loi soit mieux connue, mieux appliquée et mieux respectée».

Concernant la recherche sur l'embryon, le CCNE a donné son accord aux recherches sur les embryons surnuméraires ne faisant plus l’objet d’un projet parental, mais s'est opposé à la construction d’un embryon à des fins de recherche.

Par ailleurs, dans le domaine du génome, le comité s'est prononcé pour l’accès au diagnostic préconceptionnel à des couples ayant un projet parental et souhaitant connaître la présence éventuelle de certaines anomalies génétiques sur prescription médicale.

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