Un prénom «insulte à la France» : Hapsatou Sy diffuse des images du clash avec Eric Zemmour

Un prénom «insulte à la France» : Hapsatou Sy diffuse des images du clash avec Eric Zemmour© Lionel Bonaventure droite, Joel Saget à gauche Source: AFP
Hapsatou Sy (d.) et Eric Zemmour (g.).

Sur le plateau de l'émission Les Terriens du dimanche sur C8, éprouvée par les propos du polémiste Eric Zemmour qui proposait de la rebaptiser «Corinne», la chroniqueuse Hapsatou Sy a diffusé sans autorisation la séquence et envisage des poursuites.

La polémique concernant le clash entre Eric Zemmour et Hapsatou Sy sur le plateau des Terriens du dimanche, enregistré le 16 septembre, ne faiblit pas. Le 18 septembre, la chroniqueuse a mis en ligne sur ses réseaux sociaux le passage coupé au montage de l'émission de la chaîne C8. On y entend l'éditorialiste marmonner que le prénom Hapsatou est «une insulte à la France» et que la mère de la jeune femme «a eu tort» de l'appeler ainsi.

C'est votre prénom qui est une insulte à la France

Dans cette vidéo qu'elle n'a pas le droit de diffuser, la jeune femme se plaint en préambule d'une «scène extrêmement violente» et d'une expérience «éprouvante». Elle explique vouloir montrer ces images pour répliquer à ceux qui, sur les réseaux sociaux, considèrent ses réactions disproportionnées sans avoir vu la séquence, que la chaîne a déclaré ne pas diffuser pour des raisons juridiques. 

«Je ne peux pas accepter qu’Eric Zemmour soit parti du plateau en ricanant, en me regardant impunément alors qu’il venait de m’insulter comme jamais je n’avais été insultée», affirme l'entrepreneuse. 

La vidéo permet de découvrir un extrait assez étendu de l'empoignade entre la chroniqueuse et le polémiste, après des commentaires sur le choix du prénom Zohra, la fille de l'ancienne garde des seaux Rachida Dati. S'appuyant sur l'un de ses arguments fétiches, Eric Zemmour avait déclamé que «chez [lui]» depuis une loi de Bonaparte «malheureusement [...] abolie en 1993 par les socialistes, on doit donner des prénoms dans ce qu’on appelle le calendrier, c’est-à-dire les saints chrétiens.»

En m’insultant comme vous le faites, vous insultez l’intégralité des enfants de la République 

La vidéo commence par dévoiler la réaction de la chroniqueuse qui rétorque : «Moi je m'appelle Hapsatou.» «Eh ben, votre mère a eu tort», réplique Eric Zemmour qui suggère que «Corinne» lui irait bien. Sur le plateau, les invités volent au secours de la jeune fille. L'avocat Gilles-William Goldnadel demande si son prénom convient, et l'éditorialiste Natacha Polony fait aviser le sien. Réponse d'Eric Zemmour : «Nathalie c'est mieux.»

«Jamais je n'ai entendu quelque chose d'aussi blessant. Moi qui aime ma France et qui aime ce pays, que ça vous plaise ou non, je trouve que ce que vous venez de dire n'est pas une insulte à mon égard, c'est une injure à la France», a rétorqué Hapsatou Sy avant qu'Eric Zemmour lui réponde : «C'est votre prénom qui est une insulte à la France.»

Et le polémiste de louer ensuite les vertus de la France, «une terre avec une histoire, un passé», jugeant que «les prénoms incarnent l’histoire de la France». La jeune femme réplique alors qu'elle «est dans l’histoire de la France» en créant des emplois et clame qu'elle est «une enfant de la République».

«En m’insultant comme vous le faites, vous insultez l’intégralité des enfants de la République qui s’identifient [à moi]», conclut-elle.

La jeune femme avait annoncé le 16 septembre envisager de porter plainte.

Agacé par les vives réactions et la menace de porter plainte proférée par sa chroniqueuse sur les réseaux sociaux, Thierry Ardisson s'en est désolidarisé en la rappelant à son devoir de réserve dans une interview accordée à Jean-Marc Morandini sur CNews. L'animateur producteur de l'émission a dit lui avoir envoyé une lettre pour qu'elle l’informe de la suite à donner à leur collaboration.

Eric Zemmour, habitué des poursuites judiciaires

Les saillies controversées du polémiste lui ont valu de nombreux démêlés avec la justice. Le polémiste Eric Zemmour a été condamné le 3 mai 2018 par la cour d'appel de Paris à 5 000 euros d'amende pour provocation à la haine religieuse pour des propos tenus à l'égard des musulmans en 2016 dans l'émission C à vous. Pour d'autres, tenus sur France Ô en 2010, il a été condamné en 2011 à 2 000 euros d'amende avec sursis au chef de provocation à la discrimination raciale. Il avait déclaré à propos des employeurs qu'ils avaient «le droit de refuser des arabes ou des noirs».

Lire aussi : «Provocation à la haine religieuse» : Zemmour condamné en appel pour ses propos sur les musulmans

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. Cliquez ici pour en savoir plus.

Accepter