Comment l'Elysée a failli vendre des mugs abusivement estampillés «porcelaine de Limoges»

Comment l'Elysée a failli vendre des mugs abusivement estampillés «porcelaine de Limoges»© Capture d'écran de boutique.elysee.fr
L'un des nouveaux mugs vendus par l'Elysée.

Le scandale a été évité de justesse. Les mugs de la nouvelle ligne de produits dérivés lancée par l'Elysée ont failli être estampillés «porcelaine de Limoges», à tort, le fournisseur n'ayant pas respecté les conditions de l'Indication géographique.

Depuis son lancement, la ligne de produits dérivés de l'Elysée ne cesse de faire parler d'elle. Si l'initiative en elle-même a déjà été largement décriée, notamment sur les réseaux sociaux, une nouvelle polémique vient entacher l'ouverture de la boutique de goodies présidentiels. En cause : des mugs estampillés «porcelaine de Limoges»... de façon abusive. 

Afin de respecter l'Indication géographique (IG) et ainsi pouvoir y inscrire «porcelaine de Limoges», les tasses doivent impérativement être fabriquées et décorées à Limoges ou en Haute-Vienne. Or les mugs concernés, fournis par «Mug in France», sont fabriqués ailleurs en France – l'endroit exact n'a, pour l'instant, pas été précisé par l'entreprise – et décorés à Toulouse. 

Informés de cette erreur avant de les envoyer à l'Elysée, le fournisseur les a remplacés, cette fois-ci seulement estampillés «porcelaine française». Contacté par l'AFP, le créateur de «Mug in France» Jean-Charles Granchamp affirme ne pas avoir été au courant pour l'IG : «Dès qu’on a appris la nouvelle, nous avons détruit les mugs concernés. Aucun n’avait été envoyé à l’Elysée et nous avons effectué les modifications.»

«Je trouve que les collaborateurs de l'Elysée sont légers dans leur démarche»

Si aucun des «faux» mugs n'a donc été commercialisé, les fabricants de porcelaine de Limoges n'en restent pas moins indignés. Tel Alain Mouly, président de l'association pour l'IG «porcelaine de Limoges» et président de l’Union des fabricants de porcelaine de Limoges, qui juge l'histoire «croquignolesque», reprenant non sans ironie les termes du président. Interrogé par France bleu Limousin, il développe son point de vue : «L'Etat attribue des labels et l'Etat lui-même achète des produits dont la provenance n'est pas du tout identifiée, alors que le but est aussi de protéger le consommateur ! Je trouve que les collaborateurs de l'Elysée sont légers dans leur démarche.»

Sceptique sur le lieu de fabrication des mugs, Alain Mouly ajoute : «Nous avons demandé à tous nos fabricants s'ils ont fourni ces produits à l'entreprise... Réponse négative de tout le monde.» A la même question de l'AFP, il ajoute : «Il y a bien longtemps qu’aucun porcelainier ne fabrique plus de mugs. Le produit revient trop cher, ne se vend pas et ça ne correspond pas au créneau de la porcelaine de Limoges. La plupart des mugs sont aujourd’hui fabriqués en Asie.»

Vêtements, mugs, cahiers de coloriage ou macarons… Plus d'une cinquantaine de produits estampillés «Elysée» sont désormais mis en vente, pour financer la rénovation de ses bâtiments. «Poudre de perlimpinpin», «Croquignolesque», «Par ce que c'est notre projet» : de nombreuses expressions employées par le chef de l'Etat pendant la campagne présidentielle ou depuis le début de son mandat se déclineront sur mugs et tee-shirts. D'abord vendus dans une boutique éphémère installée dans le palais à l’occasion des Journées du Patrimoine, puis via un site internet, ces produits dérivés seront disponibles dans les points de vente des entreprises partenaires à partir de 2019.

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