«Des vœux pieux» : les défenseurs des migrants sidérés par le compromis européen

«Des vœux pieux» : les défenseurs des migrants sidérés par le compromis européen
Des migrants à bord d'un navire de MSF attendent de débarquer dans un port de Sicile en 2016, photo ©REUTERS/Antonio Parrinello

La décision de l'UE de renforcer le contrôle de l'immigration, malgré des mesures aux contours flous, a suscité quelques critiques éparses à gauche. L'ONG Médecins sans frontières a condamné un accord contraire aux principes humanitaires.

Le compromis obtenu à l'arraché sous la pression de l'Italie lors de la réunion du Conseil de l'Europe les 28 et 29 juin a provoqué la réprobation de certains défenseurs des migrants. L'ONG Médecins sans frontières (MSF) a ainsi jugé que la décision de mettre en place des centres fermés, et de façon générale la volonté d'exercer un «contrôle plus efficace des frontières de l'UE», étaient contraires à leur mission humanitaire.

«Les gouvernements européens réunis à Bruxelles doivent revenir à la raison et trouver une politique alternative à celle qui consiste à piéger des personnes vulnérables en Libye ou à les laisser mourir en mer», plaide MSF dans un communiqué publié sur son site. A l'appui de sa charge contre les Européens, jugés incohérents, l'ONG a en outre rappelé la situation chaotique en Libye livrée à des milices quasi féodales. «Les mêmes gouvernements européens [...], il y a quelques mois à peine, condamnaient les marchés d'esclaves en Libye», pointe ainsi MSF.

Le compromis européen, incontournable à la fois pour apaiser l'Italie, troisième puissance économique et démographique de l'Union européenne, mais aussi les opinions publiques, n'a pas non plus convaincu La France insoumise (LFI). «Des vœux pieux» mais «des mesures concrètes toujours plus dures avec les migrants», a ainsi déploré le député de La France insoumise (LFI) Eric Coquerel.

L'accord conclu à 4h du matin après neuf heures de tractations propose une «nouvelle approche», selon les termes utilisés, et prévoir la création de «plateformes de débarquements» de migrants en dehors de l'Union européenne (UE) pour dissuader les traversées de la Méditerranée.

Jean Quatremer, journaliste pro-Union européenne pour Libération, ne cache pas son désarroi face au resserrement des Européens sur le dossier migratoire, et tente une pirouette rhétorique, estimant que le problème des migrants était, au départ, «inexistant».

Pour les migrants qui seraient secourus dans les eaux européennes, des «centres contrôlés» sont proposés, que les Etats membres mettraient en place sur le principe du volontariat. Une distinction serait faite entre immigrés irréguliers à expulser et demandeurs d'asile légitimes, qui pourraient être répartis dans l'UE, là aussi «sur une base volontaire».

Un avertissement est en outre lancé aux ONG : «Tous les vaisseaux opérant en Méditerranée doivent respecter les lois applicables et ne pas obstruer les opérations des gardes-côtes libyens.»

A.K.

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