Intégrer l'environnement à la Constitution, inutile ? Pour Sauvons le climat, «il faut des actions»

Intégrer l'environnement à la Constitution, inutile ? Pour Sauvons le climat, «il faut des actions»© Stephane Mahe Source: Reuters
Nicolas Hulot peut voir son initiative être retoquée par le Conseil constitutionnel

Le gouvernement a annoncé, par Nicolas Hulot, soutenir l'inscription de la défense de l'environnement dans la Constitution. Les débats parlementaires débuteront le 26 juin sur le sujet. Pour l'association Sauvons le climat, cela ne servira à rien.

Coup de communication ? Simple affichage politique ? Symbole ? La proposition de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, d'intégrer la protection de l'environnement et du climat dans l'article 1er de la Constitution suscite des interrogations. Cette inscription, qui sera débattue à partir du 26 juin à l'Assemblée nationale, prolongerait donc les principes fondateurs de la République française, qui précisent que «la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale». Nicolas Hulot est enthousiaste. «C'est le vœu gouvernemental. Personnellement, je souhaite qu'environnement, climat et biodiversité y figurent, que la finitude des ressources également y figure», expliquait-il le 20 juin.

Mais plusieurs problèmes se posent, selon les détracteurs de cette mesure. D'une, l'utilité d'une telle insertion dans la Constitution ne fait pas l'unanimité. En effet, une Charte de l'environnement est déjà adossée depuis 2005 à la Constitution et a valeur constitutionnelle. Cette charte précise notamment que «les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable».

Interviewé par RT France, Gérard Pierre, vice-président de l'association de protection de l'environnement Sauvons le climat, qui lutte également contre le réchauffement climatique, est «sceptique» quant à l'annonce du ministre : «Il y a effectivement une question essentielle qui est le climat, où tout le monde semble d'accord : les scientifiques et les associations. Là-dessus, je suis assez d'accord qu'il faille faire quelque chose sur le climat. Maintenant je ne suis pas sûr que mettre le climat dans la Constitution, fera grand chose sur le climat. Ce qu'il faut ce sont des actions.»

Gérard Pierre est d'ailleurs inquiet de constater, depuis 10 ans, uniquement des paroles sur le problème climatique : «Depuis le Grenelle de l'environnement [en 2007], sur le climat pour l'instant, il n'y a eu rien de fait. On nous dit par exemple depuis 10 ans : "On va diminuer la consommation énergétique". Mais quand on regarde de près, rien n'a été fait. D'ailleurs, la consommation individuelle n'a pas diminué.»

A l'opposé de la vision énergétique de Nicolas Hulot, Gérard Pierre défend les centrales nucléaires «qui ne rejettent pas de gaz à effet de serre» et lutte contre leurs fermetures, souhaitées par l'actuel ministre. En ce sens, Gérard Pierre préférerait que la France développe l'électricité et remplace les énergies fossiles (pétrole, gaz naturel et charbon). «Développer par exemple le moteur électrique ou les pompes à chaleur pour le chauffage, voilà ce qui serait utile pour le climat», précise-t-il comme solutions énergétiques d'avenir.

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