Castaner et les macroniens tendent-ils la main à Wauquiez pour les municipales ?

Après un premier pas vers la droite juppéiste pour les européennes de 2019, La République en marche, via Christophe Castaner, pourrait soutenir des listes emmenées par des candidats du parti Les Républicains lors des élections municipales de 2020.
Interrogé sur Public Sénat le 4 juin pour savoir si La République en marche (LREM) serait en mesure de soutenir des listes des Républicains (LR), Christophe Castaner a répondu : «Bien sûr. Car à La République en marche, nous ne sommes pas un mouvement classique qui considère que tous ceux qui sont en place sont nuls et que nous, parce qu'on arrive, on est meilleurs.»
À #LaREM nous ne considérons pas que tous ceux qui sont en place sont nuls et que nous sommes meilleurs parce que nous arrivons.
— Christophe Castaner (@CCastaner) 4 juin 2018
Le premier geste politique d’@EmmanuelMacron a été le dépassement politique. Nous allons le poursuivre aux européennes et aux municipales. #TDinfospic.twitter.com/bMJtbd8IJu
«Ce pourra être le cas à Toulouse [où le maire LR est Jean-Luc Moudenc], à Bordeaux, je ne sais pas si Alain Juppé sera à nouveau candidat mais ça pourra être le cas partout, je n'exclus rien», a-t-il poursuivi. En effet, à Toulouse Jean-Luc Moudenc compte déjà au sein de son conseil municipal quatre élus LREM, la députée Elisabeth Toutut-Picard, les maires adjoints Franck Biasotto et Sylvie Rouillon-Valdiguié et la conseillère municipale Florie Lacroix.
Un discours complaisant envers LR qui peut être perçu comme contradictoire au vu de ses précédents commentaires lorsqu'il était encore socialiste. Le 7 décembre 2015, il se félicitait ainsi «en tant que socialiste d'être plus républicain que Les Républicains».
"Je revendique en tant que socialiste d'être plus républicains que #LesRepublicains" #electionsregionales2015
— Christophe Castaner (@CCastaner) December 6, 2015
Toujours en 2015, Christophe Castaner allait même jusqu'à insinuer que Les Républicains avaient «banalisé, semé la graine de la fleur du mal» que le Front national allait ensuite «récolter».
"Les Républicains ont banalisé, semé la graine de la fleur du mal... que #MMLP veut aujourd'hui récolter !" #AvecCasta#LR#FN
— Christophe Castaner (@CCastaner) December 3, 2015
En septembre 2015, à propos des élections régionales, il réfutait toute alliance avec Les Républicains, qu'il jugeait comme «contre nature».
Fusion de liste avec Les Republicains?
— Christophe Castaner (@CCastaner) September 14, 2015
Pas d alliance contre nature surtout ds notre Région ou les 2 listes d'extrême droite sont divisées.
Il a également multiplié les piques à l'encontre de l'actuel président LR, Laurent Wauquiez le considérant avec Jean-Luc Mélenchon comme «deux faces de la même pièce : opposition de posture et irresponsabilité dangereuse».
#Wauquiez et #Mélenchon, deux faces de la même pièce : opposition de posture et irresponsabilité dangereuse.
— Christophe Castaner (@CCastaner) April 15, 2018
Ils ne s’adressent pas aux Français, ils parlent à leurs camps.
Dépassons les arrières pensées, agissons pour l’avenir de la France. #LeJDDpic.twitter.com/mQXRyykFsd
Mais le ton semble désormais avoir changé, et LREM fait les yeux doux à la droite depuis plusieurs mois. Emmanuel Macron et Alain Juppé se sont ainsi vus et rapprochés pour une possible alliance à l'occasion des européennes de 2019. Là aussi, par le passé, le marcheur Christophe Castaner n'était pas le dernier pour lancer des piques à l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac... avant que celui-ci n'affiche publiquement son soutien aux idées européennes d'Emmanuel Macron.
" En matiere judiciaire, il vaut mieux avoir un passé qu'un avenir" au delà du tacle comment @juppé peur il être fier de sa condamnation?
— Christophe Castaner (@CCastaner) October 10, 2016
Extrêmement critique sur cette nouvelle stratégie macronienne, la porte-parole des Républicains, Lydia Guirous, a assuré le 5 juin sur La Chaîne parlementaire : «La seule chose qui est sûre, c'est que nous présenterons partout [pour les municipales] des têtes de liste Les Républicains». «Le reste, c'est de la tambouille assez médiocre, politicienne de LREM, qui peine à avoir des personnalités et un ancrage local», a encore cinglé Lydia Guirous.
Pourtant, selon Le JDD du 20 mai, Laurent Wauquiez fermerait les yeux sur une éventuelle alliance avec LREM pour les municipales, en dépit, là encore, de toutes ses critiques virulentes à l'encontre du pouvoir et des macroniens. Le patron LR aurait ainsi déclaré en interne : «On aura des candidats LR partout, mais on ne se mêlera pas de la composition des listes»... et donc de l'éventuelle présence de macroniens sur les listes ?