Vers une «Union des nations européennes» : Marine Le Pen à Nice le 1er mai avec ses alliés européens

- Avec AFP

Vers une «Union des nations européennes» : Marine Le Pen à Nice le 1er mai avec ses alliés européens© GERARD JULIEN Source: AFP
Marine Le Pen, lors d'une manifestation contre la loi Asile et immigration, en avril 2018

Loin de Paris et de son père, Marine Le Pen fête le 1er Mai à Nice, où elle rassemble ses alliés européens d'Autriche, des Pays-Bas et de Belgique afin de défendre une «Union des nations européennes». Avec, en ligne de mire, les européennes de 2019.

Marine Le Pen réunit ses alliés européens à Nice le 1er mai pour défendre une «Union des nations européennes», actant un changement de doctrine du Front national (FN) sur l'Europe, dans l'espoir d'une victoire de ces partis nationaux-populistes aux élections sur le continent l'année prochaine.

Avant ce rassemblement organisé par le Mouvement Europe des nations et des libertés (MENL), la présidente du Front national déposera une gerbe devant une statue de Jeanne d'Arc à Cannes.

Son père et cofondateur du FN – dont il a été exclu – Jean-Marie Le Pen fêtera comme à son habitude le 1er mai à Paris devant la statue équestre de Jeanne d'Arc.

«Ce que Marine Le Pen escompte aux européennes c'est augmenter ses troupes et trouver de nouveaux alliés», explique à l'AFP le politologue Jean-Yves Camus.

Parmi les invités, le chef de la Ligue italienne Matteo Salvini, victorieux dans son pays aux législatives, transmettra un message vidéo – il est retenu chez lui par des tractations gouvernementales.

Sont annoncés également le secrétaire général du FPÖ autrichien, Harald Vilimsky, le chef du Parti pour la liberté néerlandais (PVV) Geert Wilders, et l'ancien dirigeant du Vlaams Belang belge, actuel président du MENL, Gerolf Annemans, ainsi que les dirigeants du KNP (Pologne), SPD (République tchèque), Volya (Bulgarie) et Nea Dexia (Grèce).

De récentes victoires en Autriche, en Italie et en Allemagne

Il s'agit de rassembler les partis du groupe Europe des nations et des libertés (ENL) au Parlement européen, soit 36 élus de huit nationalités, et ceux susceptibles d'obtenir des élus l'an prochain, selon l'eurodéputé Nicolas Bay, grand artisan de cette manifestation qui se confiait à l'AFP.

Ces formations ne manqueront pas de célébrer les récentes victoires en Autriche du FPÖ, en Italie de la Ligue, en Allemagne de l'AfD, voire en Hongrie du parti national-conservateur Fidesz de Viktor Orban, certes membre du PPE (droite) au Parlement européen mais que Marine Le Pen a été une des premières à féliciter.

L'ENL mise aussi sur le départ prévu en 2019 des eurodéputés britanniques : ceux du parti pro-Brexit Ukip, du groupe Europe de la liberté et de la démocratie directe (EFDD, souverainiste) et ceux du groupe ECR (Conservateurs et réformistes européens).

Mais «la marge de progression du FN» en termes de ralliements «est faible», estime Jean-Yves Camus, notant des divergences entre tous ces partis: Volya a ainsi une position ambigüe, «eurosceptique mais soutenant la coalition de droite au pouvoir».

Quant aux alliés traditionnels, certains sont au pouvoir (FPÖ) ou à ses portes (La Ligue) «ce qui ne leur permet pas de faire n'importe quoi». Et les élus de l'AfD allemande et des partis scandinaves ne voudront pas s'allier au FN «qu'ils considèrent toujours comme marqué par l'histoire de l'extrême droite».

Enfin «ce serait un suicide pour le parti de Viktor Orban de quitter le PPE, même s'il a plus en commun avec Marine Le Pen qu'avec Angela Merkel», note le politologue.

Un abandon du Frexit

Ces partis eurosceptiques dénoncent une Union européenne «à bout de souffle, anti-démocratique et punitive», résume Nicolas Bay. Mais ils ne sont «pas anti-européens», préférant des «libres coopérations entre États», ce qui acte un abandon du Frexit, antienne du FN à la présidentielle.

Pour le chercheur au CNRS Patrick Moreau, la priorité de ces partis n'est de toute façon plus «la problématique européenne, qui ne permet pas de gagner des électeurs», mais «la dialectique anti-immigration, autour de laquelle on peut articuler tous les discours, sur le capitalisme, l'islam, la sécurité».

«Le couple immigration-identité est le plus petit dénominateur commun, il y a trop de divisions sur l'Europe», relève aussi Jean-Yves Camus.

La réunion de Nice pourrait être d'ailleurs l'occasion de trouver un débouché politique aux actions radicales anti-migrants du mouvement Génération Identitaire dans les Alpes voisines, dont plusieurs dirigeants frontistes ont salué l'efficacité.

Quant au choix de la ville, il ressemble à «une pierre dans le jardin» du très droitier député LR Eric Ciotti, qui convoite la mairie de Nice, selon Jean-Yves Camus.

Eric Ciotti a co-signé une tribune avec son rival et maire LR de Nice Christian Estrosi pour dénoncer un «rassemblement de haine et d'exclusion».

Des organisations de gauche organisent de leur côté un «meeting concert» à bonne distance du rassemblement.

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