Prestation d'Emmanuel Macron sur TF1 : critiques à l'unisson de la gauche et de la droite

Prestation d'Emmanuel Macron sur TF1 : critiques à l'unisson de la gauche et de la droite © YOAN VALAT Source: AFP
Emmanuel Macron a été interviewé par Jean-Pierre Pernaut le 12 avril

Sur TF1, Emmanuel Macron est revenu sur la situation en Syrie et la gronde sociale en France. Quand Eric Coquerel (LFI) estime l'interview «lénifiante», Nicolas Dupont-Aignan (DLF) regrette que le président n'ait fait «aucune nouvelle annonce».

Invité de Jean-Pierre Pernaut, le 12 avril, le président de la République Emmanuel Macron a discouru pendant plus d'un heure, évoquant le cas syrien mais aussi les dossiers chauds en France. A gauche comme à droite, le président n'a guère convaincu. Sur la forme, Olivier Besancenot, l'une des voix du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), a adopté par exemple l'humour noir : «Emmanuel Macron se pose en grand Saigneur du 13h.»

Eric Coquerel, député de La France insoumise (LFI), a trouvé, quant à lui, cette interview «lénifiante». «C’était une bonne occasion pour une sieste», a-t-il poursuivi.

Sur le fond, Eric Coquerel considère qu'«Emmanuel Macron a probablement aujourd’hui renforcé les étudiants, les cheminots, les personnels de santé... qu’il était nécessaire de se mobiliser contre lui».

Alors que la réforme de la SNCF est le sujet brûlant du printemps, du fait des grèves, Emmanuel Macron a justifié, devant Jean-Pierre Pernaut, la fin du statut de cheminot pour les futurs recrutés de l'entreprise publique, en prenant exemple sur la réforme de La Poste : «Ça fait plus de 15 ans qu'ils recrutent les postiers sous des contrats privés», a argumenté Emmanuel Macron. De quoi faire monter au créneau l'ex-députée LFI, aujourd'hui devenue chroniqueuse, Raquel Garrido : «Pas sûr que la comparaison avec La Poste soit de nature à rassurer usagers et salariés. Fermetures de postes, suicides dus au management...»

Le député communiste Sébastien Jumel est revenu sur l'une des pirouettes du président qui a affirmé lors de l'entretien : «Je n'ai jamais pris un retraité pour un portefeuille», en référence à la hausse de la CSG qui touche davantage les retraités et les fonctionnaires. Une contradiction pour Sébastien Jumel, qui a ironisé et fait un parallèle avec l'ambition du chef de l'Etat, celle de vouloir également une loi contre les fake news pour contrer certains médias : «Si Macron n’a "jamais pris un retraité pour un portefeuille"... la hausse de la CSG serait donc une fake news !»

L'élu socialiste du Val-de-Marne, Luc Carvounas a observé qu'Emmanuel Macron avait démontré une fois de plus sa surdité face à la colère sociale et à la France qui souffre. «Les premiers de cordées peuvent dormir tranquille», a-t-il poursuivi en reprenant la métaphore du président qui voit dans les «premiers de cordée», les fortunes «qui réinvestissent dans les start-up, par exemple».

A droite, le patron des sénateurs du groupe Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, n'a pas du tout apprécié l'allusion d'Emmanuel Macron qui a attesté que sous sa présidence, «toutes [les petites communes] ont eu leurs dotations maintenues». «Il faudra qu'Emmanuel Macron explique aux 22 000 communes pourquoi leur dotation de l'Etat baisse cette année», s'est-il interrogé en s'appuyant sur l'estimation de l'Association des maires de France. Cette dernière a évalué à 22 000 (sur environ 36 000) le nombre de communes françaises, touchées par la baisse de leur dotation forfaitaire.

Le président de Debout la France (DLF), Nicolas Dupont-Aignan, a, dans un communiqué, fustigé l'ensemble du discours : «Le président de la République n'aura fait aucune nouvelle annonce qui prenne en compte les souffrances que sa politique provoque à nos concitoyens, se contentant d'étaler de la pommade sur les plaies qu'il a lui-même écorchées.»

Florian Philippot, président des Patriotes, a lui aussi diffusé un communiqué et s'est moqué de l'éventuel narcissisme d'Emmanuel Macron : «Emmanuel Macron s’aime beaucoup et aime beaucoup sa politique pour les privilégiés, le peuple lui attendra !»

Au Front national (FN), le député Gilbert Collard n'a pas été persuadé par l'argumentation du président de la République sur l'islamisme. Il s'interroge : «Emmanuel Macron en guerre contre le fondamentalisme islamique reconnaît la fermeture de trois mosquées salafistes seulement... et pour les autres, qu'attend-t-il ?»

En revanche, sans surprise, chez les «macroniens» de La République en marche (LREM), on a affiché sa satisfaction sur les annonces du président. «Nous continuerons de reformer la France  avec le même rythme et la même méthode. [...] Nous n'étions plus habitués, mais le président fait ce qu'il dit !», a certifié le député LREM de l'Eure, Bruno Questel.

 

Le prochain rendez-vous médiatique d'Emmanuel Macron est prévu le 15 avril. Il sera interviewé par Edwy Plenel (Mediapart) et Jean-Jacques Bourdin (RMC, BFM TV).

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