Cinq ans après le camouflet que lui a infligé Obama, Hollande appelle de nouveau à frapper la Syrie

Cinq ans après le camouflet que lui a infligé Obama, Hollande appelle de nouveau à frapper la Syrie© Bas Czerwinski Source: AFP
L'ancien président français François Hollande le 3 avril 2018 à Rotterdam. (image d'illustration)

L'ex-président François Hollande a une nouvelle fois appelé ce 12 avril la France à effectuer des frappes en Syrie. N'ayant plus aucune responsabilité politique, l'ancien maire de Tulle n'aurait-il toujours pas digéré l'affront américain de 2013 ?

Très discret depuis la prise de fonction d'Emmanuel Macron, l'ancien président François Hollande effectue ces derniers jours un retour médiatique pour présenter son livre Les leçons du pouvoir. Interviewé sur France Inter ce 12 avril, il a une nouvelle fois appelé la France à «une réaction forte» après l'attaque chimique présumée en Syrie, estimant que «la seule réaction possible est une frappe, ou des frappes». «Comment imaginer que Bachar al-Assad, dont on dit une nouvelle fois qu'il a utilisé des armes chimiques, puisse être la solution pour l'avenir de la Syrie ?», a-t-il ajouté.

Depuis 2013, François Hollande n'a toujours pas digéré

Assurant avoir eu en 2013 des preuves de l'utilisation d'armes chimiques par Bachar el-Assad, il avait regretté à l'époque de n'avoir pu intervenir militairement faute du soutien de Washington et de Londres.

«Il y a une responsabilité, celle qui n'a pas été prise en août 2013, alors qu'il y avait des preuves que le régime de Bachar el-Assad avait utilisé des armes chimiques», estimait-il ainsi au micro de RT France le 2 mars 2018, regrettant que la France n'ait pas agi autrement que par des «négociations».

«Je ne pouvais pas intervenir seul» en Syrie, a poursuivi François Hollande, soulignant que la France était, à l'époque, «prête» et «décidée» à intervenir militairement. Dans le cadre d'une coopération avec les Etats-Unis, l'ancien locataire de l'Elysée avait en effet envisagé des frappes ciblées en Syrie. Il se tenait alors prêt à intervenir, attendant l'aval des Etats-Unis qui n'est jamais arrivé, Barack Obama se ravisant et soumettant cette option au Congrès. Ainsi lâché en rase campagne, l'ancien président socialiste s'était longuement épanché sur le sujet dans le livre Un président ne devrait pas dire ça, un épisode qu'il n'a visiblement toujours pas digéré. 

Il y a une nécessité de dire aux Russes : "Ecartez-vous"

N'ayant plus aucune responsabilité politique, François Hollande, dont la politique en Syrie a été l'objet de nombreuses controverses, n'aura à supporter aucune des conséquences d'une éventuelle intervention américaine contre les forces de Bachar el-Assad.

Ce 12 avril, réitérant sa position en faveur d'une intervention militaire en Syrie, il a également précisé que, bien qu'il ne s'agisse «pas de faire la guerre» à la Russie, il y a une «nécessité de dire aux Russes : "Ecartez-vous"». «Il faut frapper des installations où les Russes ne devraient pas être d'ailleurs», a encore jugé François Hollande. Pour rappel, l'armée russe intervient en Syrie à la demande du gouvernement syrien depuis 2015 dans le cadre de la lutte contre l'Etat islamique.

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