Opportunisme ? Un député LREM demande l'arrêt des grèves de cheminots à cause des attentats

Opportunisme ? Un député LREM demande l'arrêt des grèves de cheminots à cause des attentats© Stephane Mahe Source: Reuters
La CGT est particulièrement visée par le député Jean-Pierre Pont

«La France est en guerre» : c'est sur ce constat que l'élu macroniste Jean-Pierre Pont, après l'attentat commis dans l'Aude, s'est appuyé pour demander aux syndicats de mettre un terme à la grève contre la réforme du rail du gouvernement.

Par certains aspects, la démarche du député La République en marche (LREM) Jean-Pierre Pont pourrait ressembler à une forme d'instrumentalisation d'un épisode tragique à des fins politiques. Le parlementaire macroniste n'a pas hésité à affirmer que les attentats de Carcassonne et Trèbes justifiaient l'arrêt de la protestation contre la réforme de la SNCF.

Dans une lettre publiée le 30 mars sur Twitter, il a ainsi appelé «les syndicalistes à faire preuve de sens national en suspendant immédiatement [les] projets de grève à répétition». Jean-Pierre Pont évoque d'abord la question économique : les grèves vont, selon lui, «compromettre le redressement du pays».

Il soulève en outre un deuxième argument pour inciter à l'arrêt des grèves : «La France est actuellement en guerre. [...] Les jours de grève, dans les rares trains bondés qui circulent, les salariés [...] et les voyageurs risquent malheureusement de constituer des cibles idéales pour les terroristes islamistes».

Le député met en cause la responsabilité des syndicats qui «prendraient, en cas d'attentats dans les transports, une responsabilité dangereuse – voire criminelle – en maintenant leurs mouvements». Interrogé par France 3, Dominique Sens, secrétaire régional de la Confédération générale du travail (CGT) Cheminots, estime que cette lettre vise à «mettre de l'huile sur le feu». «On a été très choqués, et ça a augmenté la colère des collègues. D'ailleurs Monsieur Pont se répand dans les médias mais ne nous a jamais contactés directement», a-t-il poursuivi.

Benjamin Cattiau, militant auprès de Force ouvrière (FO), est aussi scandalisé par l'attitude du député. Il lui a adressé une lettre sur Twitter : «Il est honteux qu'un élu de la République se serve d'un événement dramatique». Le syndicaliste adresse un conseil au parlementaire : «Au lieu de perdre votre temps en mettant en place des lois et mesures antisociales, vous devriez vous mettre réellement au travail et accentuer sensiblement la lutte contre ceux qui nous agressent et nous tuent !».

Le syndicat CGT du centre hospitalier universitaire (CHU) de Montpellier s'est aussi montré incisif contre le député, via Twitter : «Bon faut prendre vos gouttes ou vous retirer de la vie politique Jean-Pierre.»

L'intersyndicale de la SNCF annonce une vague de grèves à compter de début avril. Afin de tenter de mettre en échec le gouvernement sur la réforme de la SNCF portée par ce dernier, l'intersyndicale a appelé le 15 mars à faire grève «deux jours sur cinq à compter du 3 avril [jusqu'au 28 juin]».

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