Des féministes lancent une pétition réclamant la démission de Gérald Darmanin, accusé de viol

Des féministes lancent une pétition réclamant la démission de Gérald Darmanin, accusé de viol© Philippe Wojazer Source: Reuters
Gerald Darmanin quittant l'Elysée après la réunion hebdomadaire du cabinet en octobre 2017.

Quatre militants féministes ont lancé une pétition pour exiger la démission du ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, visé par une plainte pour viol, arguant que d'autres ministres mis en cause pour des délits avaient, eux, été écartés.

Existerait-il au gouvernement deux poids pour deux mesures en matière de démission dans des cas de délits présumés ? C'est la question posée par un collectif de féministes au sujet du ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, visé par une enquête préliminaire à la suite d'une accusation de viol qu'il réfute. Les quatre féministes, Madeline Da Silva, Elliot Lepers, Clara Gonzales et Marie Cervetti, ont lancé une pétition le 28 janvier, qui recueillait dès le lendemain au matin 2 600 signatures.  

Être visé par une enquête préliminaire pour un crime sexuel serait donc moins grave ?

Le collectif s’interroge sur les affaires précédentes ayant visé Richard Ferrand, François Bayrou, Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard : «Lorsque des membres du gouvernement ont été mis en cause pour des délits comme des emplois fictifs ou des malversations immobilières, ils ont immédiatement été poussés vers la sortie. Être visé par une enquête préliminaire pour un crime sexuel serait donc moins grave ?» Richard Ferrand a été mis en cause dans une affaire de corruption immobilière tandis que les trois autres, membres du MoDem, ont été accusés d’avoir créé des emplois fictifs. Tous avaient dû démissionner.

Un paradoxe noté par les féministes : «Le gouvernement a pourtant voulu faire de la lutte contre les violences la priorité de son quinquennat, Emmanuel Macron et Édouard Philippe l’ont répété. Comment y parvenir si un de leurs ministres est accusé de viol ?»

Le Premier ministre tient à rappeler [...] que Gérald Darmanin a toute sa confiance

Le Premier ministre Edouard Philippe a néanmoins tenu à soutenir Gérald Darmanin par le biais d'un communiqué le 27 janvier : «La justice est à nouveau saisie et elle doit pouvoir travailler en toute indépendance. Le Premier ministre tient à rappeler d’une part que les règles fixant l’appartenance au gouvernement sont connues et d’autre part que Gérald Darmanin a toute sa confiance.» 

Le ministre de la Justice Nicole Belloubet a expliqué le maintien du ministre au micro du Grand Jury sur RTL : «Dans la situation actuelle, Gérald Darmanin peut rester au gouvernement.» Elle a rappelé que «les règles sur le maintien au gouvernement d’un ministre [étaient] extrêmement claires». Seule une mise en examen serait rédhibitoire pour qu'il continue à exercer ses fonctions. Alors comment expliquer que Richard Ferrand ou François Bayrou aient quitté le gouvernement sans être mis en examen ? Interrogée sur ce point, Nicole Belloubet s'est contentée de constater un surprenant «revirement de jurisprudence».

Alors que la pétition connaît un certain succès, d'autres voix réclament le départ de Gérald Darmanin. Laurence Saillet, l'une des porte-parole des Républicains (LR), parti auquel appartenait le ministre des Comptes publics avant la présidentielle, s'est également prononcée en faveur d'un départ de celui-ci. Elle a déclaré le 29 janvier qu'il «n'[avait] pas d'autre choix que de démissionner». 

Gérald Darmanin a été accusé de viol par Sophie Spatz. La scène se serait déroulée dans une chambre d’hôtel en 2009, après des tractations de Sophie Spatz pour que l'actuel ministre, à l'époque chargé de mission au service des affaires juridiques de l'UMP (devenu Les Républicains), intercède en sa faveur auprès du garde des Sceaux afin de faire effacer de son casier judiciaire la mention d'une condamnation pour «harcèlement» et «chantage». La victime présumée avait porté plainte en juin. Le parquet avait ouvert automatiquement une enquête préliminaire, mais en l’absence de Sophie Spatz aux nombreuses convocations devant le juge, l’affaire avait été classée sans suite en juillet 2017.

Lire aussi : Réouverture d'une enquête préliminaire sur une accusation de viol visant Gérald Darmanin

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