Rapports avec la presse : quand le président du Sénat lance une petite pique à Emmanuel Macron

Rapports avec la presse : quand le président du Sénat lance une petite pique à Emmanuel Macron© CHRISTOPHE ARCHAMBAULT Source: AFP
Gérard Larcher, président du Sénat

Lors d'un point presse, le président du Sénat a d'abord accepté, dans une boutade contre Emmanuel Macron, de répondre à toutes les demandes journalistiques. Mais quand la question, semble-t-il, dérange, Gérard Larcher, crie alors au «populisme».

Gérard Larcher pensait faire bonne impression. En conférence de presse le 24 janvier sur le sujet de la réforme constitutionnelle, le président du Sénat a lancé aux journalistes : «Je répondrai à vos questions. Il paraît que c'est de plus en plus inhabituel». Une petite pique à peine voilée lancée au président de la République, Emmanuel Macron. Le chef de l'Etat a en effet pris quelques dispositions depuis le début de son mandat qui ciblent les journalistes ou des médias, tels que RT France ou, dernièrement, La Voix du Nord.

Et cette phrase n'est pas passée inaperçue parmi l'assistance, comme auprès du reporter de BFM TV, Jean-Rémi Baudot. «#coucoumacron», écrit d'ailleurs ce dernier, dans son tweet.

Sauf qu'en s'affichant comme un modèle de transparence, Gérard Larcher s'expose aussi aux questions, qui peuvent parfois déranger.

Gérard Larcher grogne au «populisme» quand la question de Mediapart dérange

Ainsi, Mathilde Mathieu, de Mediapart, a réussi à faire sortir de ses gonds Gérard Larcher : «Depuis l'affaire Fillon, la presse s'intéresse beaucoup à la question des collaborateurs parlementaires [...] Je voudrais donc profiter de cette conférence de presse pour vous poser une question que j'ai adressée à vos conseillers et à laquelle je n'ai pas eu de réponse», a-t-elle débuté. «Je voulais savoir si entre 2011 et 2014, quand vous n'étiez plus président du Sénat, Jean-Claude Bourjac, qui est votre actuel chef de cabinet, avait été votre collaborateur parlementaire ou non ?», poursuit la journaliste. «Il a visiblement, à l'époque, beaucoup travaillé pour vous alors qu'il était sous contrat avec une autre sénatrice», conclut Mathilde Mathieu. Gérard Larcher répond d'abord laconiquement : «Il a travaillé pour un sénateur qui n'était pas Gérard Larcher. Point à la ligne.»

Toutefois, ne voulant rester sur cette seule affirmation, l'élu des Yvelines, visiblement remonté, s'attaque à la question de la journaliste : «J'avoue que cet espèce d'acharnement [...] contribue au populisme.»

La journaliste tente de se défendre : «Ce n'est pas un acharnement», lance-t-elle, alors qu'elle ne dispose plus du micro pour relancer le président du Sénat. Ce dernier réplique : «Voilà, très bien. On passe à une question suivante.» Alors que Mathilde Mathieu essaie d'argumenter, Jean-Pierre Gratien, président de l'association des journalistes parlementaires prend la main et contrecarre Mathilde Mathieu : «Vous avez eu votre réponse.»

Sur les réseaux sociaux, Mathilde Mathieu a souhaité revenir sur ce moment à la suite d'un commentaire d'un journaliste de BFMTV, ce dernier relayant les propos de Gérard Larcher : «Quel acharnement ? Venir poser une question à laquelle Gérard Larcher refuse de répondre depuis 4 mois ?»

Alors que Gérard Larcher avait évoqué, durant la conférence de presse, «une crise de confiance» envers les institutions, Mathilde Mathieu poursuit, sur Twitter, en répondant que «l’antiparlementarisme [...] est le résultat de pratiques contraires à l’éthique, massives, que le Sénat a laissé prospérer durant des années y compris sous sa présidence».

Si Gérard Larcher a accepté de se frotter aux questions des journalistes, il s'y est aussi piqué.

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