Tabassé pour avoir défendu un couple, Marin pourrait recevoir la Légion d'Honneur

Tabassé pour avoir défendu un couple, Marin pourrait recevoir la Légion d'Honneur© Capture d'écran @jesoutiensmarin
Marin monté sur la scène d'un concert de soutien à Lyon.

En novembre 2016, Marin, un jeune Lyonnais s’est fait rouer de coups alors qu’il défendait un couple d'hommes en plein baiser. Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur, lui a remis une médaille d’or à Lyon le 24 novembre.

Pour le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, Marin est un «héros». Ce jeune Lyonnais de 21 ans s’est fait tabasser il y a un an pour avoir défendu un couple d'hommes en train de s’embrasser à un arrêt de bus. L’agression fut si violente que Marin est toujours aujourd’hui en centre de rééducation en Suisse. Pour sa bravoure, Gérard Collomb l’a décoré d’une médaille d’or à l’hôtel de Ville de Lyon.

Le ministre a tweeté son admiration pour le jeune homme : «Cher Marin, je suis convaincu que la République se doit de reconnaître ses héros, ceux qui, dans les gestes du quotidien, la défendent, portent haut ses valeurs. Et tu es incontestablement de ceux là. Ce soir, c'est toute France qui a la tête haute.»

 

Légion d'Honneur ?

Une mobilisation est née sur Internet, sous la forme d'une pétition sur change.org, pour lui décerner la Légion d’honneur. Interpellé sur Facebook, Gérard Collomb a expliqué avoir «saisi le Président de la République et la Grande Chancellerie pour que soit effectivement étudiée la possibilité de lui remettre, la plus haute distinction française, la Légion d'Honneur». Marin s’était déjà vu décerner en juillet 2017 la Médaille de citoyen d’honneur de la Mairie du 3e arrondissement de Lyon, par le maire Thierry Philip, non loin de l’endroit où il a été agressé le 11 novembre 2016.

Je souffre en centre de rééducation pour essayer de retrouver de l’autonomie

Marin, dont les séquelles neurologiques et motrices sont très importantes, se bat au quotidien. Des opérations très lourdes, notamment à la tête, l’obligent actuellement à porter un casque. Sur sa page de soutien Facebook «Je soutiens Marin», qui compte 200 000 abonnés, il explique ses journées très affectées par son agression : «Un an [...] que je me bats (me défonce), que je souffre en centre de rééducation pour essayer de retrouver de l’autonomie, ou tout simplement que j’essaie d’avoir une vie décente, je ne demande rien de plus. J’ai, depuis un petit moment désormais, abandonné tout espoir de redevenir le "Marin d’avant", celui qui pouvait jouer au foot, danser avec ses amis et son amoureuse en soirée.»

Le 11 novembre 2016, alors qu’il revenait d’un centre commercial de la Part Dieu où il avait acheté un cadeau d’anniversaire, il avait croisé la route d’un couple de quadragénaires homosexuels qui s’embrassaient à un arrêt de bus. Les deux hommes ont été pris à parti par un groupe de cinq personnes.

Marin s’est interposé, et s'est fait tabasser. Il a notamment été violemment frappé à la tête à coups de béquilles. Il est tombé dans un coma dont il n'est ressorti que deux semaines plus tard. Agé de 17 ans, l’agresseur présumé comparaîtra devant la cour d’assises des mineurs de Lyon du 2 au 4 mai 2018. A huis clos, il répondra de «violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente, avec usage d’une arme».

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