La France votera contre le renouvellement du glyphosate pour 5 ans le 27 novembre

- Avec AFP

La France votera contre le renouvellement du glyphosate pour 5 ans le 27 novembre© REMY GABALDA / AFP
Des activistes anti-glyphosate collent des tracts dans les rues de Toulouse

Avant un vote décisif pour le futur du glyphosate, la secrétaire d'Etat auprès de Nicolas Hulot a annoncé que la France voterait contre le renouvellement pour cinq ans de l'agrément du produit, classé «cancérogène probable» par une agence de l'OMS.

Brune Poirson, secrétaire d'Etat auprès de Nicolas Hulot, a fait savoir au Journal du Dimanche (JDD) que la France voterait contre le renouvellement de l'autorisation d'utiliser du glyphosate pour une durée de cinq ans.

«La commission européenne mettra lundi [27 novembre] une seule proposition sur la table : celle d'un renouvellement du glyphosate pour une durée de cinq ans», a rappelé la secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, dans une tribune intitulée Comment la France veut «en finir vraiment avec le glyphosate».

«Considérant les risques, la France s'opposera à cette proposition et votera contre. La France veut construire une sortie progressive du glyphosate et, avec plusieurs partenaires, pense qu'une durée plus courte serait possible», a encore précisé Brune Poirson.

Les représentants des pays européens sont divisés sur la durée de renouvellement de la licence de l'herbicide le plus utilisé au monde, commercialisé par le groupe Monsanto sous le nom de Roundup, la France prônant à la limite, une prolongation de trois ou quatre ans, maximum.

La réunion du 27 novembre est cruciale pour tenir les délais ; le sort du glyphosate doit être scellé avant le 15 décembre, faute de quoi il serait interdit à la vente.

Or, «un arrêt immédiat de l’autorisation n'est pas possible», selon Brune Poirson, qui souligne qu'aucune alternative sans danger pour la santé n'est disponible sur le marché.

Faute d'accord, le 27 novembre à Bruxelles, il reviendra à la Commission européenne de trancher.

En 2015, le CIRC, agence de l'OMS composée de scientifiques internationaux, a classé le glyphosate comme un «cancérogène probable» sur la base des recherches publiées, notamment des études d'exposition agricole, ainsi que sur des animaux en laboratoire.

Les partisans d'un renouvellement du glyphosate pour une durée plus longue mettent en avant une étude américaine publiée le 9 novembre dans la revue Journal of the National Cancer Institute. Les travaux de chercheurs, qui ont suivi 50 000 travailleurs agricoles en Iowa et en Caroline du Nord, pendant 20 ans , n'ont pas montré d'association statistique entre le glyphosate et le nombre de cancers.

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