Mobilisation à Paris contre les honneurs rendus à Polanski par la Cinémathèque française

- Avec AFP

Mobilisation à Paris contre les honneurs rendus à Polanski par la Cinémathèque française© Regis Duvignau Source: Reuters
Roman Polanski récompensé à la cérémonie des césars en 2014

Une pétition sur change.org demande à la Cinémathèque française d'annuler la rétrospective des films du cinéaste franco-polonais Roman Polanski qui sera inaugurée le 30 octobre à Paris. Osez le féminisme prévoit en outre une manifestation.

«C'est de culture que nous avons soif, pas de culture du viol», peut-on lire dans une pétition lancée par la militante féministe Laure Salmona demandant le retrait de la rétrospective des films du cinéaste franco-polonais Roman Polanski et qui a recueilli plus de 20 000 signatures.

Il est temps d'en finir avec la culture du viol qui produit un discours qui vise à minimiser, à excuser et à perpétuer les violences sexuelles

«Il est temps d'en finir avec la culture du viol qui produit un discours qui vise à minimiser, à excuser et à perpétuer les violences sexuelles. D’en finir, aussi, avec l'impunité des hommes célèbres qui violent, agressent, harcèlent et tuent des femmes et des enfants sans que cela ne gêne leur carrière», ajoute la pétition.

Celle-ci ironise sur le «sens du timing parfait» de la Cinémathèque, «en pleine affaire Weinstein» et alors que le réalisateur a fait l'objet de nouvelles accusations d'agressions sexuelles qu'il conteste formellement.

De plus, l'association Osez le féminisme a appelé à un rassemblement lors de l'inauguration de la rétrospective, en présence du «violeur pédocriminel» qui doit présenter son dernier film «D'après une histoire vraie», le 27 octobre au soir lors d'une séance privée.

Accusé de viol il y a 40 ans par une jeune fille de 13 ans, Roman Polanski a reconnu une relation sexuelle avec une mineure mais nié le viol. Un juge de Los Angeles a refusé en août dernier de clore les poursuites.

La Cinémathèque, présidée par le réalisateur Costa-Gavras, avait défendu son choix cette semaine, n'entendant «se substituer à aucune justice», et affichant son ambition : «Montrer la totalité des œuvres des cinéastes et les replacer ainsi dans le flux d'une histoire permanente du cinéma».

Sous la pression de féministes, Roman Polanski avait dû en début d'année renoncer à présider la cérémonie des César.

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