Manifestations avant la visite présidentielle : la Guyane attend Macron de pied ferme (IMAGES)

Manifestations avant la visite présidentielle : la Guyane attend Macron de pied ferme (IMAGES)© Jody Amiet
Quartier Matine-Leblond de Cayenne en avril 2017

Routes réparées en urgence, maisons vétustes dissimulées par des panneaux, voyages en hélicoptère... La visite d'Emmanuel Macron en Guyane agite les habitants région, qui nourrissent de grandes attentes et redoute que le président ne les déçoive.

Près de 300 personnes se sont rassemblées le 25 octobre au soir à Cayenne à l'appel du collectif Pou Lagwiyann Dekole (pour que la Guyane décolle) afin de réclamer au président Emmanuel Macron, qui arrive le 26 octobre sur l'île, le respect des accords de Guyane signés après le mouvement social qui a paralysé le territoire au printemps, a constaté l'AFP. 

Les différents mouvements qui composent le collectif se sont succédé en tribune place des Palmistes, pour appeler la population à se mobiliser le 26 octobre lors d'une marche dans Cayenne, au moment où le président sera à Maripasoula, commune défavorisée du sud-ouest guyanais. 

Santé, éducation, justice, sécurité, immigration : le collectif a répété les revendications qu'il portait lors du mouvement social en mars et avril dernier. «Le social se meurt, la délinquance demeure», pouvait-on lire sur une banderole.

Le mouvement s'est conclu le 21 avril par l'Accord de Guyane, par lequel l'ancien gouvernement a acté un plan d'urgence de 1,08 milliard d'euros, signé des accords sectoriels et «pris acte» d'une demande de 2,1 milliards d'euros de mesures supplémentaires.

Routes réparées pour la venue de Macron : «On sait le faire en une semaine, mais pas le reste de l'année ?»

«On attend qu'il respecte ses propres paroles», a déclaré Davy Rimane, membre du collectif, au sujet d'Emmanuel Macron, rappelant que lors de la campagne présidentielle, celui-ci avait déclaré qu'il respecterait les accords de Guyane et qu'il irait «même plus loin». Le chef de l'Etat vient dire qu'il «tiendra ces engagements», a assuré l'Elysée, avec un objectif : «Prendre les problèmes à la racine».  

Mais les manifestants sont loin d'être convaincus pour l'instant. Nombreux sont ceux qui ont déploré qu'Emmanuel Macron ne fasse, selon eux, «que survoler la Guyane». Il se rendra à Maripasoula puis à Kourou en hélicoptère, sans jamais utiliser les routes particulièrement détériorées du territoire. «Il va regarder les Guyanais de haut», a déploré Davy Rimane. 

Ce dernier a aussi ironisé sur les travaux en cours pour la venue du président : «On bouche les trous, on repeint, on répare. On sait le faire en une semaine, mais on ne sait pas le faire le reste de l'année ?» Le média Guyane 1 a révélé qu'à Maripasoula, pour soustraire aux regards du chef de l'Etat une maison plutôt vétuste, des panneaux en contreplaqué avaient été installés devant l'habitation.    

Dans un communiqué, les maires de Guyane ont annoncé qu'ils n'iraient pas accueillir le chef de l'Etat et ne participeraient pas au dîner républicain prévu, pour dénoncer «l'absence d'un temps de rencontre» entre eux et Emmanuel Macron. 

Macron et la Guyane : une histoire difficile

Première difficulté pour le président de la République : les accords de Guyane ont été ratifiés par le gouvernement précédent, et la promesse de les respecter, faite pendant sa campagne, pourrait être plus difficile à tenir. La grogne des élus guyanais ne devrait pas faciliter les choses.

A cela s'ajoute différents couacs de communication. Les journalistes qui suivront Emmanuel Macron en Guyane du 26 au 28 octobre ont ainsi reçu une note de conseils sanitaires de la présidence qui a piqué au vif les habitants de la région. Le contenu du texte a également provoqué la colère des élus guyanais qui ont déploré une forme de «mépris». L'Elysée recommandait par exemple d'éviter de consommer de l’eau du robinet, glaçons, légumes crus, poissons, des œufs dont la provenance n'est pas connue et des viandes insuffisamment cuites ou encore d'éviter tout contact avec les animaux. 

S'exprimant sur la vague de blocages affectant la Guyane alors qu'il n'était encore que le candidat du mouvement En Marche !, Emmanuel avait qualifié en mars dernier d'«île» cette région française d'Amérique du sud... 

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