Sentinelle : Gérard Collomb annonce une simple «évolution» pour un dispositif déjà sous pression

Sentinelle : Gérard Collomb annonce une simple «évolution» pour un dispositif déjà sous pression
Des soldats de l'opération Sentinelle patrouillent à Lourdes en août 2017, photo ©PASCAL PAVANI / AFP
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Se refusant à baisser la garde face au risque terroriste, le gouvernement a annoncé qu'il ne réduirait pas Sentinelle. Pourtant, après 20 mois de mobilisation permanente, le dispositif, à vocation temporaire, donne des signes d'épuisement.

Ce 14 septembre, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a annoncé la refonte de l'opération Sentinelle. Le dispositif, mis en place après les attentats de janvier 2015 à Paris, sera «redéployé» mais ne sera pas réduit. Une évolution est en revanche prévue. L'opération comprendra désormais trois niveaux : un dispositif permanent destiné à sécuriser les sites sensibles comme les écoles et les lieux de culte, ainsi que les lieux touristiques, les aéroports et les gares. Un «échelon de renforcement planifié» sera lui dédié aux événements occasionnels, sportifs par exemple, ou saisonniers (Noël, festivals...), ce à quoi s'ajoutera une «réserve stratégique» de 3 000 hommes.

«Il faut être plus imprévisible, plus discret, plus à la manœuvre [...] ne pas permettre à l'agresseur de disposer d'un certain nombre d'informations qui rendraient l'opération moins efficace et exposeraient de façon inutile les forces engagées», a expliqué Gérard Collomb, qui prône plus de mobilité pour les troupes affectées. «C'est toujours 7 000 hommes qui seront mobilisés, 10 000 en cas de crise», a encore précisé le ministre. 20 mois après sa mise en place, après les attentats de janvier 2015, le dispositif, qui devait être temporaire, donne des signes de fatigue.

Des hommes à bout de souffle ?

L'optimisation du dispositif, ainsi qu'une meilleure affectation des effectifs suffiront-elles à améliorer le moral des troupes ? Depuis la mise en place de Sentinelle, les soldats, a priori chargés de traquer la menace terroriste, sont progressivement devenus, au contraire, des cibles.

Depuis janvier 2015, les patrouilles de l'opération ont ainsi été victimes de six attaques nettes, dont au moins trois au cours de la seule année 2017. En février dernier, un homme armé d'une machette s'était jeté sur quatre militaires patrouillant au Carrousel du Louvre à Paris. En mars, un homme avait attaqué des soldats à l'aéroport d'Orly. Enfin, dernière attentat en date, le 9 août dernier, un homme au volant de sa voiture avait tenté de tuer un groupe de soldats à Levallois-Perret, en banlieue parisienne, faisant six blessés.

Dans les rangs, sous la pression, le moral baisse. Le 26 août dernier, un soldat affecté à l'opération Sentinelle se suicidait sur son lieu d'affectation avec son Famas de service, dans les locaux mêmes du ministère des Armées à Paris. Un peu plus de deux semaines plus tard, le 12 septembre, c'est un jeune militaire, déployé à la frontière franco-italienne qui mettait lui aussi fin à ses jours.

Lire aussi : «Ça suffit de prendre les militaires pour des vaches à lait !» : la détresse d'une femme de soldat

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