Le «macronisme, c'est le salarié jetable» : Marine Le Pen fait une rentrée politique cruciale

Le «macronisme, c'est le salarié jetable» : Marine Le Pen fait une rentrée politique cruciale
Marine Le Pen siège à l'Assemblée nationale le 12 juillet 2017, photo ©ALAIN JOCARD / AFP

Après une pause médiatique, Marine Le Pen redescend dans l'arène. La femme politique doit à la fois réaffirmer sa légitimité de patronne du Front national et incarner l'opposition à Emmanuel Macron. Mais Jean-Luc Mélenchon occupe déjà ce terrain...

Elle s'était faite discrète depuis sa défaite au second tour de la présidentielle et s'était accordée une cure médiatique. Ce 7 septembre, Marine Le Pen a choisi le plateau de TF1 pour sa rentrée politique, alors que le Front national (FN) est sorti très affaibli de l'année électorale 2017. Pour Marine Le Pen, il s'agit non seulement de réaffirmer son leadership, contesté au sein de sa formation politique, mais aussi d'incarner l'opposition.

La dirigeante frontiste a ainsi annoncé une grande tournée auprès des adhérents du Front national, afin notamment d'expliquer la «philosophie» d'Emmanuel Macron. «Le macronisme [...] c'est le salarié jetable», a-t-elle déclaré, avant d'ajouter : «Ce que nous voulons, c'est la France durable.»

Pour cela, le Front national ne peut compter que sur huit députés seulement. Une déconvenue de taille alors que Marine Le Pen, en campagne pour les législatives, avait affiché son ambition de faire du FN la première force politique d'opposition, à défaut de gouverner le pays. Or, pendant l'été, Jean-Luc Mélenchon n'a presque pas pris de vacances et La France insoumise (FI), forte de ses 17 députés, a pris cette place.

Un Front national toujours divisé

Fin juillet 2017, Marine Le Pen avait déjà tenté de redonner de l'élan à un parti affaibli. Une réunion à huis-clos des dirigeants du FN n'avait toutefois abouti qu'au report à la rentrée des discussions concernant les grands sujets qui divisent le FN. Parmi eux, la question de la sortie de l'euro, qui pour certains, comme le vice-président du parti Nicolas Bay, est responsable de la défaite du Front.

Peu après l'échec de Marine Le Pen, Florian Philippot avait pour sa part menacé de quitter le parti au cas où elle abandonnerait le projet de sortie de la monnaie unique européenne. Dernier épisode illustrant les querelles qui minent le FN, le député Gilbert Collard s'en est pris, le 6 septembre, à la «boursouflure de l'égo» de Florian Philippot.

Marine Le Pen doit donc s'atteler à la reprise en main de son parti, tout en s'efforçant d'occuper le terrain politique. Sur BFMTV, le 5 septembre, Jean-Luc Mélenchon avait affirmé que le FN n'était pas en mesure d'incarner l'opposition. «Il ne faut pas confondre agitation parlementaire et action politique», a répliqué sa présidente, ce 7 septembre.

«Des gens qui ne servent à rien», avait également lancé le leader de gauche, au sujet des députés frontistes. Marine Le Pen va-t-elle démontrer le contraire ?

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