Entre soutiens et opposants, Marine Le Pen poursuit sa tournée dans le sud de la France

- Avec AFP

Entre soutiens et opposants, Marine Le Pen poursuit sa tournée dans le sud de la France © Regis Duvignau Source: Reuters
Image d'illustration : Marine Le Pen au salon de l'agriculture le 28 février 2017

Le 4 mars, la candidate du FN a visité une ferme dans le Lot avant de se rendre à une réunion publique dans l'Aveyron où quelques centaines de personnes ont manifesté contre sa venue, sous la surveillance d'un important dispositif de sécurité.

A Rignac, petite commune de 2 000 habitants dans l'Aveyron où elle s'est rendue pour tenir une réunion publique, Marine Le Pen a critiqué la «vieille tambouille» que pratiqueraient les Républicains, qui remet en cause la candidature de François Fillon, mais aussi celle d'Emmanuel Macron après son accord avec François Bayrou.

«Moi, je fais campagne sur des bases solides, j'ai un parti uni derrière moi, une base militante sans faille [...]. Nous sommes pour les compatriotes un repère, un roc, et désormais une force qui chaque jour accélère», a-t-elle martelé.

Pour l'eurodéputée, les tractations en cours autour de la fin de la candidature Fillon, qui pourrait être remplacé par Alain Juppé, «c'est la vieille politique qui rejaillit, ce sont les vieilles discussions de couloir, tel ou tel poids lourd dans le secret de son bureau tire les ficelles sans aucune considération pour les électeurs». «La seule chose qui compte, pour ces gens-là, c'est d'assurer la victoire» et récupérer les «postes» qui y sont liés, a-t-elle encore accusé.

Marine Le Pen «dénonce les coups tordus du Système»

«Le Système travaille à sa survie, il essaie de le faire en toute discrétion, raté encore ! Nous sommes là pour dénoncer ses manoeuvres ! Nous dénoncerons tous ses coups tordus dans cette campagne. Nous verrons qu'il y en aura d'autres !» a-t-elle lancé lors de la réunion publique à Rignac devant 900 personnes, selon le FN.

D'après elle, «le Système ne supporte pas le mouvement profond en train de se dessiner, alors il intervient comme il peut, il prend toutes les initiatives pour perturber les élections et placer ses poulains».

Elle visait notamment Emmanuel Macron, «créé de toutes pièces» par ce «Système» et «applaudi», a-t-elle noté, lors de la présentation de son programme le 2 mars.

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Des opposants étaient là aussi

Juste avant l'arrivée de la candidate FN à la présidentielle, plusieurs centaines de manifestants regroupés en divers points du village, ont sifflé, fait retentir des cornes de brume ou crié «FN fasciste». Ils avaient notamment des drapeaux de la CGT ou du NPA, et frappaient sur des casseroles.

Pour sécuriser le lieu de la réunion, une source préfectorale a indiqué à l'AFP que plus d'une centaine de gendarmes mobiles, casqués et en tenue anti-émeute, avaient été mobilisés, avec parfois des camionnettes grillagées, ainsi que des CRS.

Les gendarmes filtraient les véhicules aux abords du village, situé à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Rodez, la préfecture de l'Aveyron.

Un appel à manifester avait été lancé le 27 février par un «rassemblement citoyen contre le FN» sur Facebook : «Parce que le FN ne sera jamais un parti "normal", parce que l'Aveyron est une terre ouvrière et paysanne, populaire et sociale, nous refusons la venue de l'extrême droite à Rignac !», pouvait-on lire dans ce message.

A part quelques jets de pétards, selon les forces de l'ordre, aucun incident n'avait été signalé avant le début de la réunion, qui a commencé à 16h30.

Malgré les protestations, la candidate frontiste a tout de même reçu un accueil en grande pompe par près d'un millier de militants qui s'étaient spécialement déplacés pour sa venue.

Dans le Lot, Marine Le Pen fustige l'UE

Plus tôt dans la journée du 4 mars, Marine Le Pen s'était rendue dans une exploitation agricole dans le Lot. Elle devait initialement visiter une cave de Roquefort, dans l'Aveyron, mais cette première partie avait été annulée à cause des conditions climatiques.

Sur place, elle s'est attaquée avec véhémence à l'Union européenne, qu'elle a notamment accusée de porter «atteinte à la souveraineté et à la sécurité alimentaire».

Interrogée sur la raison pour laquelle l'UE souhaiterait «la disparition de l'agriculture française», comme elle l'a répété plusieurs fois récemment, la présidente du FN a répondu : «Ca fait partie des grandes négociations commerciales que l'UE met en place. Dans sa logique du village global, l'agriculture française n'aurait plus de raison d'être».

Selon elle, «c'est une atteinte à notre souveraineté, notre sécurité alimentaire». «On n'a aucune visibilité sur les animaux et les produits importés sur le marché européen sans que les consommateurs soient informés».

«Ils ont fait l'UE en disant que tout le monde serait soumis aux mêmes règles. Vous avez des normes considérables», a-t-elle dit à l'agriculteur qui l'accueillait, «et vous êtes en concurrence avec des productions qui ne respectent aucune norme».

Entre deux caresses à des bovins, elle a aussi mis en cause les accords de libre-échange avec l'Australie ou la Nouvelle-Zélande, des «géants» et des «concurrents directs». Avant de répéter son mantra : «L'UE ne fonctionne pas [...], il faut tout changer».

Rappelons que la candidate frontiste a été convoquée vendredi 10 mars par les juges en vue d'une mise en examen dans l'enquête portant sur les suspicions d'emplois fictifs d'assistants parlementaires européens dans son entourage. Elle a annoncé via un courrier qu'elle refusait de se rendre à cette convocation, faisant valoir son immunité parlementaire.

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