Trois ans de prison requis contre Cahuzac : les internautes partagés entre soulagement et colère

Jérôme Cahuzac descendant les escaliers du Palais de Justice de Paris © Charles Platiau Source: Reuters
Jérôme Cahuzac descendant les escaliers du Palais de Justice de Paris

Le parquet a requis trois ans de prison ferme à l'encontre de l'ex-ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, pour fraude fiscale et blanchiment, estimant que c'était le prix de la «trahison» pour avoir «sacrifié tous les principes pour l'appât du gain».

Trois ans de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité, voilà la peine requise contre l'ancien ministre Jérôme Cahuzac par le parquet, le 14 septembre dans la matinée.

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Le procureur Eliane Houlette a aussi demandé deux ans de prison ferme à l'encontre de Patricia Cahuzac, qui a «surpassé» son mari «dans la dissimulation de ses avoirs au fisc».

Pendant dix jours, le procès a mis à nu les secrets bancaires d'un couple dans la tourmente, «conscient de l'illégalité» de montages toujours plus sophistiqués. Patricia et Jérôme Cahuzac ont reconnu une fraude «familiale», une plongée dans l'opacité offshore comme une fuite en avant, mais nié avoir construit «un système organisé».

Jusqu'au bout, l'ex-ministre a ménagé ses effets. Le 13 septembre, il a affirmé n'avoir «pas menti au président les yeux dans les yeux» car François Hollande ne lui avait «jamais demandé» s'il avait «oui ou non un compte à l'étranger». L'Elysée a démenti.

L'audience a révélé une «fraude sophistiquée», inscrite dans la durée et témoignant de la «faute grave» d'un ministre qui prétendait que «payer l'impôt est le premier geste citoyen», pour les avocats de l'Etat et de la Direction générale des finances publiques (DGFIP), qui ont commencé à plaider le 14 septembre au matin, avant de céder la parole au parquet.

Les plaidoiries de la défense sont attendues le 15 septembre.

L'affaire Cahuzac a éclaté en décembre 2012 avec la révélation du compte que l'ancien ministre avait ouvert en Suisse et qui conduira à sa démission en mars 2013. Ces révélations avaient fait tanguer le gouvernement et écorné la «République exemplaire» voulue par François Hollande.

L'ancien ministre, qui est aussi jugé pour avoir «minoré» sa déclaration de patrimoine en entrant au gouvernement en 2012, son ex-épouse et leurs anciens conseillers encourent jusqu'à sept ans de prison et un million d'euros d'amende.

«Tous ces braves gens qui se croient innocents au prétexte que Cahuzac est coupable...»

L'annonce de la peine requise par le parquet a été l'occasion, pour un certain nombre de politiques, de journalistes et d'internautes de s'exprimer, de nouveau, sur la plus grave affaire ayant touché le quinquennat Hollande. Edwy Plenel, dont le site Mediapart a été à l'origine des révélations sur le compte secret en Suisse de Jérôme Cahuzac, s'est interrogé sur les capacité du paquet financier (créé en raison de l'affaire) à lutter efficacement contre la fraude fiscale.

Le député UDI Charles de Courson, lui, a préféré s'en prendre frontalement à l'ex-ministre du Budget, pris selon lui à son propre jeu de mensonges...

... tandis que le journaliste Claude Askolovitch a dénoncé le sentiment d'innocence qu'éprouveraient, à tort, d'autres hommes et femmes politiques, du fait de la condamnation de Jérôme Cahuzac.

«5 ans d'inéligibilité ? Bravo ! Il pourra se présenter à la présidentielle de 2022»

Sur Twitter, les internautes ont été nombreux à juger la peine requise de trois ans de prison et de cinq ans d'inéligibilité trop faible...

... tandis que quelques autres ont considéré cette peine considérable, ou peu vraisemblable.

Certains utilisateurs de Twitter, enfin, ont établi des parallèles entre la condamnation de Jérôme Cahuzac et l'impunité d'autres personnalités politiques, selon eux coupables du même type de fraude.

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