La «médaille aux victimes du terrorisme» sous le feu des critiques

La médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme
La médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme

Loin de faire l'unanimité, la création d'une médaille pour les victimes du terrorisme a suscité de nombreuses réactions négatives parmi les hommes politiques, les journalistes et les internautes. Une pétition pour sa suppression a été lancée.

Ironie du sort, c'est le 13 juillet, soit la veille de l'attaque meurtrière de Nice, que l'Elysée a annoncé la création d'une «médaille destinée à manifester l'hommage de la Nation aux victimes du terrorisme». Une distinction exceptionnelle, qui honorera – éventuellement de manière posthume – les individus ayant été «tués, blessés ou séquestrés lors d'actes terroristes commis sur le territoire national ou à l'étranger contre les intérêts de la République française», depuis le 1er janvier 2006.

Visant à consolider l'unité nationale mise à mal par des attaques terroristes à répétition qui provoquent d'importantes tension au sein de la société française, l'initiative n'est toutefois pas du goût de tout le monde.

Lire aussi : Une pétition pour remettre la Légion d’honneur à trois «héros» de l’attentat de Nice

«Un signal déplorable donné aux terroristes»

Au sein de la classe politique, la réaction la plus vigoureuse à la création de cette médaille est venue des rangs de l'Union des démocrates et indépendants (UDI) : le 25 juillet, la sénatrice de l'Orne, Nathalie Goulet, également présidente de la commission d'enquête sur la lutte contre les réseaux djihadistes, a ni plus ni moins lancé une pétition appelant à l'abrogation de cette mesure. Pour l'élue centriste, en effet, la médaille des victimes envoie «un signal déplorable [...] aux terroristes car elle ancre la victime de terrorisme dans la permanence et la place dans l'ordre protocolaire» de la République, «avant la Médaille de la Résistance ou la Croix de Guerre».

L'idée d'une distinction pour les victimes du terrorisme a également suscité l'ironie du député Les Républicains (LR) Thierry Mariani, pour qui les Français attendaient «des résultats» plutôt qu'une médaille. Tout aussi cynique, le rédacteur en chef et éditorialiste politique du Figaro, Guillaume Tabard, s'est demandé pourquoi l'Elysée ne proposerait pas «une médaille avec effet rétroactif pour les victimes de toutes les guerres depuis Alesia ?»

«Gardez votre médaille !»

Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont réagi négativement à l'annonce de la création de cette distinction. L'un d'eux, indigné par cette invention «grotesque» qui «valoriser[ait] le terrorisme dans sa barbarie», a publié sur internet, une lettre ouverte dans laquelle il appelle les autorités à ne pas lui décerner de médaille s'il venait à être touché par un attentat. «Cette médaille, vous la gardez, vous vous l’accrochez quelque part», tient-il a préciser...

Pour lui, placer au même niveau des victimes et des personnes ayant réalisé des hauts faits est absurde : «Les victimes ne sont pas des héros [...] Ces pauvres gens, dont nous pouvons faire partie à tout moment, ne demandaient pas à mourir», assure-il, appelant plutôt le gouvernement à «décore[r] les policiers, les gendarmes, les pompiers, les médecins et infirmiers qui combattent le terrorisme ou qui y font face».

Ce témoignage de refus de la médaille aux victimes a inspiré au moins un internaute...

... tandis que d'autres, dans la lignée de la sénatrice UDI Nathalie Goulet, ont appelé à la suppression de cette distinction, déshonorant les combattants héroïques.

Moins radicaux, de nombreux utilisateurs de Twitter se sont contentés de railler la décision du gouvernement, «aveu de faiblesse» de l'exécutif pour certains, geste absurde pour d'autres.

Si elle se trouve maintenue, cette nouvelle médaille risque, hélas, de trouver de nombreux bénéficiaires. Moins de deux semaines après l'attentat au camion de Nice, une nouvelle attaque a frappé la France, dans une église près de Rouen, causant la mort d'un prêtre.

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