«Comportement de starlette» : à Cannes, la présence de figures du pouvoir sur le tapis rouge fait jaser
© Teresa Suarez/Pool/Getty Images Source: Gettyimages.ruLa présence sur le tapis rouge, lors du Festival de Cannes, d’Aurore Bergé, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de Najat Vallaud-Belkacem, conseillère maître à la Cour des comptes, ou encore de Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne, a vivement fait réagir sur les réseaux sociaux.
« Que faisait Najat Vallaud-Belkacem sur le tapis rouge du Festival de Cannes alors qu'elle est membre de la Cour des comptes ? » Depuis plusieurs jours, sur les réseaux sociaux et dans certains médias, les réactions indignées à la présence sur le tapis rouge de plusieurs figures politiques se multiplient, qui plus est à l’heure de la crise budgétaire et d’une nouvelle poussée de l’inflation.
Si les personnalités politiques ne sont pas étrangères au Festival de Cannes, notamment celles passées par le ministère de la Culture ou des présidents de région — qui cofinancent des productions cinématographiques —, la présence, lors de cette 79e édition, de figures politiques ou occupant des fonctions de magistrat n’est pas passée inaperçue.
Aurore Bergé, ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a ainsi monté les marches à l’occasion de la projection de L’Abandon, film retraçant les derniers jours du professeur Samuel Paty, assassiné en octobre 2020 par un islamiste. Elle a également assisté à la présentation de Fatherland, du réalisateur polonais Pawel Pawlikowski.
Une ministre « hors-sol », alors que « des millions de Français n'arrivent plus à payer le plein de leur voiture pour aller travailler » et que la France connaît un « record de faillites d'entreprises », a notamment fustigé sur X le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France.
MINISTRE HORS-SOL !
— N. Dupont-Aignan (@dupontaignan) May 15, 2026
-Des millions de Français n'arrivent plus à payer le plein de leur voiture pour aller travailler.
-Des adolescents se font tuer par le narcotrafic.
-Record de faillites d'entreprises.
Et Aurore Bergé parade au festival de Cannes... pic.twitter.com/ZVzTLA1Vod
Autre figure du pouvoir également présente : Stéphane Séjourné, ancien ministre des Affaires étrangères et actuel vice-président exécutif de la Commission européenne chargé de la Prospérité et de la Stratégie industrielle. Ce fidèle d’Emmanuel Macron est, depuis plusieurs semaines, sur le devant de la scène médiatique en raison de la sortie du livre de l’ancien Premier ministre Gabriel Attal, dans lequel celui-ci annonce leur nouvelle romance.
« Sommet du ridicule »
Mais celle qui a remporté la palme en matière de réactions négatives demeure de loin l’ancienne ministre socialiste de l’Éducation nationale (2014-2017), Najat Vallaud-Belkacem, dont la nomination à la Cour des comptes, à l’été 2025, avait déjà provoqué une polémique.
« Franchement, cumuler pantouflage à la Cour des comptes et Festival de Cannes… […] elle est présidente de France Terre d’Asile, quel est le rapport ? », réagissait-on notamment, le 18 mai, au micro des Grandes Gueules, où l’on fustigeait un « sommet du ridicule ».
D’autant que l’épouse du président du groupe PS à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud, aujourd’hui magistrate mais également présidente de l’association promigrants France terre d’asile, est une habituée des médias et du mélange des genres.
À la mi-mai, sur LCP, elle appelait à « imposer à chaque commune » de France son quota de logements sociaux. Quelques jours plus tôt, elle était interviewée à Marrakech à l’occasion de la 26e édition de la Caftan Week. En avril, sur Radio Nova, elle appelait à « réguler sévèrement les plateformes », ciblant à plusieurs reprises le réseau social américain X et regrettant que « la bataille culturelle, pour le moment, a été perdue ».
« Ce comportement de starlette est-il compatible avec la charte de déontologie des juridictions financières élaborée en 2006 à l’initiative de la Cour, et qui a valeur réglementaire depuis 2016 (article L. 120-7 du Code des juridictions financières) ? », a notamment interrogé l’ancien président de Sud Radio, Didier Maïsto, alors qu’un compte X annonçait avoir adressé une demande de transmission de documents relatifs au déplacement d’Aurore Bergé au secrétariat général du gouvernement.