Annulation de l'université d'été du PS : «On cède face aux casseurs pour éviter les frondeurs»

Annulation de l'université d'été du PS : «On cède face aux casseurs pour éviter les frondeurs» Source: AFP
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Afin d'éteindre l'incendie, Jean-Christophe Cambadélis s'est empressé d'annoncer la tenue d'universités «décentralisées en septembre». Mais le PS est toujours sous le feu des critiques après l'annonce de l'annulation de son université d'été.

Après l'annulation de l'université d'été du Parti socialiste (PS) à Nantes annoncée par son premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, officiellement pour raisons de sécurité, les critiques s'engouffrent dans la brèche. Valérie Debord, porte-parole du parti Les Républicains (LR), a ainsi tiré ainsi à boulets rouges sur le PS. «On cède face aux casseurs pour éviter les frondeurs», a-t-elle déclaré, dénonçant un «grand chelem du recul du Parti socialiste».

Parmi les personnalités politiques, les écologistes n'ont pas été en reste. Sur le registre de l'ironie, Cécile Duflot souligne que les Verts, eux, peuvent toujours tenir leur université d'été.

Le député François de Rugy, récent transfuge du parti EELV accueilli par les socialistes, ne s'est pas pour autant privé de critiquer la décision du PS, voyant dans cette annulation un moyen de faire taire les mouvances critiques du parti. 

Face au tollé, Jean-Christophe Cambadélis s'est empressé d'annoncer le remplacement de l'université d'été de Nantes par des «universités régionales décentralisées» courant septembre. «Je propose au Bureau national» du PS «et à la coordination de la Belle Alliance populaire d'organiser des universités décentralisées tout au long du mois de septembre. Elles auront lieu dans 5 à 6 villes à travers la France», a-t-il déclaré le 4 juillet, afin de ne pas laisser le champ libre à ses adversaires.

Le projet de loi Travail continue en effet de diviser profondément le Parti et pourrait constituer, pour certains, la raisons cachée de l'annulation de l'université d'été : la peur des frondeurs.

Trois types de menaces planaient donc sur cette université d'été à Nantes : premièrement une menace intérieure, issue de la contestation qui existe au sein même du parti. Deuxièmement, la contestation de la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et enfin, la menace persistante des mouvements sociaux contre la loi Travail, qui ne semblent pas s'essouffler. Le mouvement Nuit Debout, comme les intermittents, avait ainsi menacé de perturber ce rassemblement d'été traditionnel.

Les signes d'agacement et les critiques fusent également sur les réseaux sociaux, les utilisateurs ayant beau jeu de dénoncer ce qu'ils appellent les renoncements du PS.

Jean-Christophe Cambadélis avait annoncé le 3 juillet l'annulation de l'université d'été du Parti socialiste qui devait se tenir à Nantes fin août pour des raisons de sécurité, invoquant les risques que font peser une ultra-gauche «anti-démocratique» sur la bonne tenue de l'événement. Le PS fait face à une hostilité croissante des opposants à la loi Travail, des permanences locales ont même été attaqués au mois de mai.

En choisissant Nantes plutôt que La Rochelle, le PS semble avoir pris beaucoup de risques : l'université d'été du PS était celle de tous les dangers. Selon des sources proches du PS, l'annulation de l'événement pourrait coûter au Parti la bagatelle de près de 300 000 euros, en raison des frais déjà engagés. C'est la première fois que l'université d'été du PS est annulée depuis 1993.

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