Consultation sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes : le «oui» l'emporte, les opposants divisés

Les opposants au projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes réunis dans la grange de la Vache rit pour écouter le scrutin du référendum Source: AFP
Les opposants au projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes réunis dans la grange de la Vache rit pour écouter le scrutin du référendum

En Loire-Atlantique, le «oui» en faveur de la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes l'a emporté à hauteur de 55,17% ce dimanche 26 juin. Chez les opposants, les réactions divergent.

Cette consultation unique en France avait été annoncée en février par le président de la République François Hollande pour débloquer un dossier vieux d'un demi-siècle. Le taux de participation s'est élevé à 51,08%. Le «oui» l'a emporté avec 268 981 voix - 50 000 voix de plus que le «non».

François Hollande s'est félicité du succès de la consultation et a promis que son résultat serait respecté, a déclaré à l'AFP l'entourage du président peu après l'annonce des chiffres définitifs.

«C'est un résultat sans aucune ambiguïté», selon le président PS du conseil départemental

«Le gouvernement fera appliquer le verdict des urnes», a prévenu de son côté le Premier ministre Manuel Valls, précisant que «les travaux préparatoires à la réalisation du nouvel aéroport s’engageraient dès l’automne prochain».

«Les personnes qui occupent illégalement le site du nouvel aéroport devront partir d’ici le début des travaux. L’autorité de l’Etat et les lois de la République s’appliqueront à Notre-Dame-des-Landes comme partout ailleurs dans le pays», a assuré le chef du gouvernement dans un communiqué.

Sur place, le camp du «oui», collectivités locales en tête, avait appelé le gouvernement, avant même l'annonce des résultats définitifs, à «évacuer la ZAD» [Zone à Défendre] et à débuter les travaux de la future infrastructure, destinée à remplacer l'aéroport de Nantes-Atlantique. «C'est un résultat sans aucune ambiguïté [...] qui oblige le gouvernement à engager les travaux», a déclaré Philippe Grosvalet, président PS du conseil départemental.

«Il faut désormais agir vite. Il faut d'abord évacuer la ZAD, qui est une zone de non droit, et ensuite commencer les travaux», a également réclamé Bruno Retailleau, président (Les Républicains) de la région des Pays de la Loire, qui doit être reçu ce lundi 27 juin par Manuel Valls.

Le parti EELV divisé

Mais les opposants à la construction de ce nouvel aéroport ont appelé leurs partisans à se mobiliser.

«Le cadre, le processus et le contenu de cette consultation étaient fondamentalement biaisés [...] Cette lutte se poursuit dès ce soir», ont lancé les représentants de la coordination des opposants, dans une déclaration lue à plusieurs voix dans une ambiance combative.

Chez les écologistes, alors que l'ancienne ministre du Logement Cécile Duflot dénonçait un scrutin biaisé, le député Europe Ecologie les Verts de Loire Atlantique, François de Rugy, a appelé à «avoir le courage de reconnaître ce résultat : une majorité s’est prononcée. J’avais prôné un référendum, je ne le regrette pas. Je note que le projet continue à cliver et diviser», qualifiant ce vote de «levier démocratique» auprès du Nouvel Obs.

La coprésidente du groupe écologiste au Conseil régional, Sophie Bringuy, a mis le gouvernement en garde contre la tentation de passer en force : «Dans le climat actuel, appeler et procéder à l’évacuation violente de la ZAD, après une consultation illégitime, serait irresponsable», a-t-elle estimé dans un communiqué.

Le projet de transférer l'actuel aéroport de Nantes-Atlantique, au sud de la ville, vers le site de Notre-Dame-des-Landes, à 20 kilomètes au nord, se heurte depuis de nombreuses années à une farouche résistance, sur le terrain comme devant les tribunaux. Le projet, né dans les années 60, a été déclaré d'utilité publique en 2008. Fin 2012, le gouvernement du Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait dû renoncer à faire évacuer la «ZAD» après des affrontements entre les occupants du site et les forces de l'ordre. En février, une manifestation avait encore réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes.

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