20 intellectuels «eurocritiques» appelent à refonder l'UE sur de nouvelles bases

Dans une tribune publiée dans Le Figaro, 20 intellectuels français - parmi lesquels Natacha Polony et Michel Onfray - proposent une renégociation des traités européens, fondée sur 3 thèmes : souveraineté, prospérité et indépendance stratégique.

C'est sans doute l'un des premiers remous provoqués par le Brexit dans le monde intellectuel français : la journaliste Natacha Polony, le philosophe Michel Onfray, mais aussi le fondateur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) Jean-Pierre Chevènement ou encore l'économiste Jacques Sapir ont lancé un appel commun, jeudi 30 juin, dans les colonnes du journal Le Figaro.

Son propos : les Etats européens doivent rebondir sur le vote des Britanniques pour «réorienter la construction européenne» sur de nouvelles bases plus démocratiques, loin de «l'ordo-libéralisme» et des «dérives technocratiques» des dernières décennies. 

Les clés de l'avenir de l'Europe : souveraineté, prospérité et indépendance

Pour les 20 intellectuels «eurocritiques», la nouvelle Union européenne (UE) devra, avant tout, «rendre à la souveraineté populaire et à la démocratie leurs droits». En pratique, cela se traduirait par l'accroissement des compétences du Conseil européen (le sommet des chefs d'État ou de gouvernement des États membres) et par l'établissement d'un contrôle, par les parlements nationaux, des décisions du Parlement européen.

Deuxième proposition phare de l'appel : modifier en profondeur les «règles actuelles en matière de politique économique et monétaire» - c'est-à-dire libérer l'Europe du «paradigme néolibéral» et du «modèle mercantiliste allemand».

Enfin, les 20 cosignataires aimeraient que l'Europe se dote d'une «capacité stratégique qui lui a toujours fait défaut depuis l'origine». Cela passerait notamment par un rétablissement du dialogue avec la Russie, et par une redéfinition des relations européennes avec l'Afrique et le Moyen-Orient, basée sur le co-développement.

Afin de mettre tout cela en place, les responsables de l'appel publié dans Le Figaro espèrent la tenue d'une grande conférence européenne «sur le modèle de la conférence de Messine de 1955» (qui avait conduit au traité de Rome instituant l'UE, après l'échec de la Communauté européenne de défense) - conférence qui verrait le jour, bien évidemment, sous l'impulsion de la France.

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