Romain Caillet, repenti djihadiste et consultant pour BFM TV, fiché «S»

© Capture d'écran

Les services français de renseignement ont fiché «S» le chercheur sur l’islam et le djihad, et consultant de la chaîne BFM TV, Romain Caillet. Converti à l’islam depuis 1997, il est surveillé par la cellule antiterroriste depuis plusieurs années.

Recruté par BFM TV, Romain Caillet est devenu, notamment depuis les attentats de Paris, en novembre 2013, un expert sur les questions relatives à l’islam radical très prisé par les médias.

Un parcours atypique

L’Obs qui a pu consulter son dossier explique qu’après une enfance «remuante» et un parcours scolaire mouvementé en BEP vente, Romain Caillet s’est converti à l’islam en 1997, avant d’obtenir, en 2005, un DEA en histoire médiévale, équivalent d’un master 2.

Son diplôme en poche, il se plonge alors dans l’étude du djihadisme et part s’installer en Egypte, où il suivra des cours à l’institut Qortoba, lequel a par ailleurs été fermé en 2005 à la demande des services de renseignement occidentaux qui le considéraient comme un centre de recrutement djihadiste.

Romain Caillet voyagera également en Jordanie et au Liban, pays duquel il se fera expulser en 2015 pour des raisons non dévoilées.

Ses liens avec les milieux djihadistes

Au début des années 2000, Romain Caillet intervenait sur les forums islamistes avec le pseudonyme de «Colonel Salafi», où il y tenait des propos en faveur du djihad, rapporte L'Obs. 

Romain Caillet fréquentait également les frères Clain, dont l’aîné, Fabien, cadre important au sein du groupe Etat islamique, est aujourd’hui tristement connu pour avoir revendiqué les attentats de Paris pour le compte de l’organisation terroriste.

Lors d’une garde à vue, en 2008, dans les locaux de la Sous-Direction anti-terroriste (SDAT), Romain Caillet déclarera : «Sur le djihad, je ne suis plus d’accord avec les Clain. Depuis mars 2007, je ne suis plus pour le djihad parce que je m’oppose au fait d’entraîner des jeunes pour se sacrifier à mourir sans avoir acquis au préalable les bases de l’islam», rapporte L’Obs.

Un repenti du djihad ?

Peu enclin à soutenir cependant les dirigeants d’Al-Qaïda, Romain Caillet confesse au cours de la même interview rapporté par L’Obs que ce sont «des ignorants», avouant par ailleurs qu’il regrette d’avoir participé à la propagande djihadiste.

«J’espère ne pas avoir été la cause d’enrôlement de jeunes au djihad», a-t-il avoué ajoutant qu’il a essayé de «réparer [ses] erreurs en postant [sur internet] des repentirs publics. «Quand j’étais djihadiste, je dormais mal la nuit en pensant aux attentats», a-t-il avoué. Mais, malgré ses remords, le passé controversé de Romain Caillet lui aura valu une fiche «S», toujours active.

Toujours selon l'Obs, il aurait été en outre suspecté d’avoir été mêlé à l’affaire Sid Ahmed Ghlam, cet étudiant algérien soupçonné d’avoir préparé un attentat contre une église de Villejuif et d’y avoir assassiné une jeune fille. Le journal avance par ailleurs que l'expert aurait eu une connaissance en commun, du temps de l’Egypte, en relation avec le réseau terroriste. La justice n’a cependant retenu aucune charge contre le chercheur et consultant dans cette affaire. Contacté par RT France, Romain Caillet affirme que ces informations sont diffamatoires.

Joint par TéléObs sur ces épisodes de son passé, Romain Caillet a simplement déclaré : «je ne désire pas évoquer ma vie privée».

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