Vaste opération antiterroriste en France et à Bruxelles : interpellations et perquisitions

- Avec AFP

GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP© AFP Source: AFP
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Depuis les attentats de Bruxelles, la police antiterroriste française est sur le qui-vive. A Argenteuil, elle a arrêté un terroriste présumé qui préparait des attentats en France. Retour sur ces événements.

Mardi 22 mars, un homme est interpellé à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Il est de de nationalité française et «suspecté d’être impliqué à haut niveau dans un projet [d'attentat]. Il évoluait au sein d'un réseau terroriste qui projetait de frapper la France», a expliqué le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. Cet homme, Reda K., avait été condamné en son absence à Bruxelles avec Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attaques du 13 novembre, le 29 juillet 2015 dans un procès de filière djihadiste vers la Syrie.

Lors de ce vaste procès d'acheminement de jihadistes vers la Syrie, Reda K. avait écopé de dix ans de prison par défaut. Abdelhamid Abaaoud, tué le 18 novembre 2015 dans l'assaut du Raid contre l'appartement de Saint-Denis dans lequel il avait trouvé refuge, était lui condamné en son absence à 20 ans de réclusion.

Jeudi 24 mars, suite à l’interpellation de Reda K., les policiers ont perquisitionné son domicile à Argenteuil, où des explosifs auraient été découverts : 10 kilos de TATP auraient été retrouvés, de même que des armes de poing et plusieurs fusils d’assaut Kalachnikov.
Cependant Bernard Cazeneuve affirme qu’à «ce stade, aucun élément tangible ne relie ce projet aux attentats de Paris et de Bruxelles».

Les opérations ont duré toute la nuit de jeudi à vendredi 25 mars. Ce vendredi matin des «opérations de déminage» étaient toujours en cours. Un périmètre de sécurité a été mis en place, des voitures de police et des policiers en armes barrent l'accès à la rue, le quartier a été évacué.

L'interpellation de Reda K. a été qualifiée d'«importante» par Bernard Cazeneuve, car elle a selon lui permis «de mettre en échec un projet d’attentat en France, conduit à un stade avancé».

Des interpellations à Bruxelles

Six personnes ont été arrêtées jeudi 24 mars dans la capitale belge, par la police dans le cadre de l'enquête sur les attentats qui ont fait au moins 31 morts et plus de 200 blessés. Trois d'entre elles ont été interpellées «devant notre porte, au parquet fédéral», dont les bureaux se trouvent en plein centre de Bruxelles, à côté du Palais de justice, a précisé un porte-parole du parquet, Eric Van Der Sypt.

Deux autres personnes ont été arrêtées sur le territoire de la capitale belge, et une personne a été interceptée dans la commune bruxelloise périphérique de Jette, selon le porte-parole, qui n'a fourni aucun détail sur leur identité.«Il sera décidé demain [vendredi 25 mars] si un mandat d'arrêt [inculpation, ndlr] est décerné à l'encontre de ces personnes», a-t-il ajouté.

Au moins deux hommes avaient été repérés par la police sur les images de vidéosurveillance de l'aéroport et du métro en compagnie des trois assaillants qui s'y sont fait sauter. Ils sont activement recherchés. Des perquisitions ont également été menées dans la commune de Schaerbeek, d'où les kamikazes étaient partis le matin des attaques bruxelloises en taxi vers l'aéroport, avec trois valises bourrées d'explosifs. Mais aucune arrestation n'a eu lieu dans cette commune.

Selon iTélé, les six interpellations qui ont eu lieu ce soir en région bruxelloise pourraient être liées avec l'opération d'Argenteuil, mais cette information reste à mettre au conditionnel.

De nombreux attentats déjoués

Selon Bernard Cazeneuve, 75 personnes «en lien avec des activités terroristes» ont été interpellées depuis le début de l’année, 37 d'entre elles ont été mises en examen, dont 28 incarcérées. Six projets d'attentats ont été déjoués depuis janvier 2015, en plus des deux tentatives qui ont échoué à Villejuif en avril et à bord du Thalys reliant Amsterdam à Paris en août.

Peu avant Noël, un projet d'attaque contre les forces de l'ordre avait ainsi été déjoué dans la région d'Orléans et le 20 mars, un Franco-Marocain radicalisé, Youssef Ettaoujar, déjà condamné pour avoir voulu rejoindre la Syrie et soupçonné d'avoir préparé un attentat, a été mis en examen et incarcéré.

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