Loi El Khomri : Mélenchon tacle le gouvernement «conservateur» et «réactionnaire»

Jean-Luc Mélenchon Source: AFP
Jean-Luc Mélenchon

Le candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon vent debout contre la nouvelle loi sur le travail appelée El Khomri du nom de la ministre du Travail qui la porte, chez nos confrères de France Info.

Jean-Luc Mélenchon ne mâche pas ses mots. «La loi El Khomri nous ramène au 19e siècle», attaque-t-il d'entrée, avant de poursuivre : «Toute personne de gauche est contre la réforme du Code du travail.» La ministre du Travail Myriam El Khomri porte ce projet de loi qui sera présenté le 9 mars en Conseil des ministres.

Alors qu'elle a averti de l'utilisation possible de l'article 49.3 de la Constitution, afin de faire voter sa loi en force et de manière accélérée à l'Assemblée nationale en engageant la responsabilité du gouvernement sur le texte. «Ca sent la révolution de palais, personne ne comprend pourquoi il se colle une telle provocation», a-t-il réagi, ajoutant : «Je suggère aux députés du Front de gauche de voter la censure.»

«Ces gens-là sont en train d'esclavagiser»

Le fameux texte de loi est critiqué de toute part, à droite comme à gauche de l'échiquier politique français, jusqu'au cœur même de l'appareil socialiste. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a déclaré que cette loi était «un avant-projet qui doit évoluer» et qui est à «réécrire», dans une interview au Journal du dimanche. Il a pointé du doigt les dispositions du texte élargissant les motifs de licenciement économique.

Les principales critiques à l'encontre de ce projet de loi visent notamment le plafonnement à 15 mois de salaire de l'indemnité prud’homale en cas de licenciement illégal, le montant des heures supplémentaires soumis à des accords d'entreprises favorisant leur revalorisation à la baisse pour ses détracteurs, la légalisation de la durée de travail de 10 heures par jour et de 40 heures par semaine pour les apprentis mineurs. Bref, il s'agit pour beaucoup d'une «précarisation générale» de la situation des travailleurs, à tel point qu'une pétition contre cette loi sur le site change.org a déjà recueilli plus de 180 000 signatures en quatre jours. «Ces gens-là sont en train d'esclavagiser», résume Jean-Luc Mélenchon.

Face à Marine Le Pen, «une table est élue».

Après sa sortie médiatique remarquée samedi dernier lors de l'émission «On n'est pas couché» sur France 2 au cours de laquelle il a apporté son soutien à l'action russe en Syrie, le député européen a défendu sa candidature à l'élection présidentielle annoncée le 10 février dernier : «Je propose ma candidature à tout le monde, sauf que je ne demande pas l'autorisation des appareils.»

Critiqué par le Parti communiste pour son refus de participer à une primaire à gauche pour la désignation d'une candidature commune, il s'est défendu d'avoir reçu des soutiens de «57 000 personnes [...] dont 1000 syndicalistes», sur sa page internet. Au sujet de ce scrutin, il a également critiqué la classe politique qui tient absolument à voir la candidate du Front national, Marine Le Pen au second tour afin de garantir leur réélection. «Une table est élue» face à elle, a-t-il conclu.

Lire aussi : Jean-Luc Mélenchon annonce sa candidature à la Présidentielle, déjà contestée par le PCF

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