Expulsion imminente de la correspondante du magazine L'Obs à Pékin

© Capture d'écran - Twitter

Après la parution d'un article dans lequel elle critiquait la lutte de la Chine contre le terrorisme ouïghour, Ursula Gauthier a appris que sa carte de presse, de même que son visa, ne seraient pas renouvelés par les autorités chinoises.

A la base de la discorde, un article

Publié le 18 novembre sur le site du magazine d’actualité français L’Obs, l’article d’Ursula Gauthier, intitulé «Après les attentats, la solidarité de la Chine n'est pas sans arrière-pensées», commentait la réaction de Pékin après les attentats de Paris survenus cinq jours plus tôt.

Ainsi, peu après l’attaque de Paris, les autorités chinoises avaient annoncé avoir capturé les auteurs du massacre terroriste de Baicheng perpétré par des membres de la minorité musulmane ouïghour, armés de hachoirs. Ceux-ci avaient tué une cinquantaine d’ouvriers de l’ethnie han, majoritaire en Chine. 

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Face aux accusations, Pékin réagit

La réaction chinoise ne s’était pas fait attendre, au gouvernement et dans les médias. Ainsi, la correspondante avait été contactée par le ministère des Affaires étrangères de Chine, et appelée à présenter des «excuses publiques» faute de quoi sa carte de presse et son visa ne seraient pas renouvelés. Malgré trois convocations au ministère, la proposition de Pékin avait été jugée «hors de question» et «impensable» par Ursula Gauthier.

Reprenant un éditorial du journal chinois Global Times, le China Daily a publié un article estimant que la journaliste avait blâmé la politique du gouvernement chinois comme étant responsable des «attaques terroristes». Cette position était dénoncée par le quotidien comme «un exemple typique du deux poids deux mesures occidental» et «un préjugé choquant» contre la Chine. L'auteur de l'article ajoutait que Gauthier «oublie que les gens du monde entier ont le même droit à se protéger pour ne pas être tué sans raison».

La journaliste française dénonce une «intimidation»

Selon son témoignage à l’agence française de presse AFP, Ursula Gauthier affirme qu’on lui a demandé de se désolidariser «des ONG dénonçant à travers mon cas les atteintes à la liberté d'expression en Chine», sans quoi sa  «carte de presse ne serait pas renouvelée» et elle devrait alors quitter le pays le 31 décembre.

La journaliste dénonce «un prétexte pour intimider les correspondants étrangers en Chine, notamment sur les questions concernant les minorités, particulièrement au Tibet et au Xinjiang».

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