Dépêché en urgence à Mayotte, le Raid visé par des jets de projectiles

- Avec AFP

Dépêché en urgence à Mayotte, le Raid visé par des jets de projectiles© Gregoire MEROT / AFP
Des forces de police, dont l'unité du RAID, se mettent à l'abri face à des émeutiers le 28 novembre 2022 dans le village de Vahibe, au nord de Mayotte.
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Le Raid, envoyé par le gouvernement, a essuyé des jets de projectiles lors d'une descente dans la ville de Vahibé, au nord de Mayotte. Entre les règlements de compte, les assassinats, la pauvreté et une police surmenée, la situation est explosive.

Alors que le gouvernement avait annoncé à la mi-novembre le déploiement d'une dizaine de policiers d'élite du Raid pour appuyer la police locale, la situation reste intenable à Mayotte. 

La durée du déploiement sur l'île du Raid n'a pas été précisée mais la perspective de son départ inquiète déjà les policiers locaux.

En effet, l'annonce de ce renfort a tempéré quelques peu les ardeurs des bandes rivales qui se sont depuis repliées dans leurs fiefs, laissant la population abasourdie par un relatif calme.

Cependant, à Vahibé, dans un petit village déshérité coincé entre deux flancs de colline aux confins du chef-lieu Mamoudzou, les forces de l'ordre sont confrontées à la recrudescence des violences. Les policiers locaux ont tentés de se rendre dans ce bidonville pour arrêter des individus suspectés de bloquer les routes, de racketter et d'agresser les automobilistes. 

Après plusieurs heures d'affrontements entre les forces de l'ordre et les jeunes, deux suspects ont été interpellés.

Le 28 novembre, une autre descente a été effectuée à Vahibé par la direction territoriale de la police nationale (DTPN, qui regroupe police nationale et police aux frontières), soutenue par le Raid.

Or, compte tenu de la géographie de la zone, les bandes ont rapidement aperçu le convoi des forces de l'ordre. Dès lors, elles ont prévenues qu'une «opération LIC (lutte contre l'immigration clandestine)» était en cours.

Une fois les différentes unités mobilisées sur place, les rues sont devenues désertes. La trentaine de policiers s'est réparti le territoire. Accompagnée du Raid, l'unité spéciale aux frontières le GAO était également présente. 

Alors que les forces de l'ordre procédaient à l'interpellation de trois hommes en situation irrégulière, les jeunes du village ont commencé à faire pleuvoir cailloux et pierres sur les unités de la police.

Rapidement, le bidonville était plongé dans un nuage de gaz lacrymogènes utilisés par les forces de l'ordre. Des coups de feu ont également retenti.

Pour faire face à cette situation intenable, les hommes du Raid ont fait usage de fusils à pompe avec des cartouches de caoutchouc. 

«A la fois je les comprends, c'est pas bien ce que la police fait, en plus ils laissent souvent les enfants tout seuls ici. D'un autre côté, on en a marre des délinquants, il y a tout le temps de la violence et on ne peut plus rien faire, même pas aller à l'école, il faudrait les arrêter», témoigne un lycéen du village. «Ça changera jamais», ajoute-t-il, lassé de la situation.

Depuis plusieurs semaines et l'agression d'un chauffeur de bus scolaire caillassé dans le village, les élèves de Vahibé ne peuvent plus se rendre au collège ou au lycée, comme dans une grande partie nord de l'île. Ce qui peut en partie expliquer le calme relatif qui s'est installé: les jeunes de villages rivaux des zones sous tension ne se croisent presque plus.

La présence du Raid semble, elle-aussi, dissuasive et souhaitée par certains observateurs. «On aimerait qu'ils restent, c'est un soulagement de les avoir avec nous, mais Paris refuse», stipule Abdel Aziz Sakhi, secrétaire zonal Alternative police CFDT.

«Connaissant les jeunes, ça va être la fête quand ils seront partis, ça va reprendre c'est sûr», estime-t-il. «La date de départ du Raid n'a pas été fixée», indique-t-on place Beauvau. Le ministre de l'Intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin, est, lui, attendu à Mayotte fin décembre.

La députée de l'île Estelle Youssouffa avait alerté au micro de France Info le 21 novembre que Mayotte était «au bord de la guerre civile». L'élue de la République enjoignait l'Etat à réinvestir ce territoire d'outre-mer.

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