Seine-Saint-Denis : 42 enseignants utilisent leur droit de retrait face aux violences dans un lycée

Seine-Saint-Denis : 42 enseignants utilisent leur droit de retrait face aux violences dans un lycée© JACQUES DEMARTHON Source: AFP
Une quarantaine d'enseignants ont fait jouer leur droit de retrait après les violences survenues dans le lycée Mozart, en Seine-Saint-Denis (illustration).
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Suite au lynchage d'un élève en pleine classe par quatre de ses «camarades», les professeurs du lycée Mozart, au Blanc-Mesnil, ont décidé de faire jouer leur droit de retrait, dénonçant l'inaction et le laxisme de leur direction.

Les violences survenues le 14 octobre dans le lycée Mozart au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) ont conduit une quarantaine d'enseignants, soit la quasi-totalité de l'effectif, à faire valoir leur droit de retrait, comme le relate Le Parisien.

L'enchaînement de violences a débuté avec l'intrusion de quatre élèves de terminale dans une classe, pour en découdre avec un élève de première. Plusieurs lycéens ont tenté de s’interposer, certains ont été blessés. L'agression a déclenché un mouvement de panique, comme on peut l'apercevoir sur une vidéo relayée sur les réseaux sociaux.

Selon des professeurs contactés par le quotidien, le motif du règlement de comptes reste inconnu. Un autre, rapporte le Parisien, évoque des moqueries sur les tenues vestimentaires. Dans le communiqué de l'assemblée générale des enseignants réunie le 14 octobre expliquant les raisons de l'utilisation de leur droit de retrait, il est néanmoins question de «provocations physiques et verbales entre groupes d'élèves la veille et plus tôt dans la matinée» qui ont conduit à cet affrontement, au cours duquel certains élèves ont été blessés au visage. L'une des victimes serait «en état de choc».

Une «petite altercation sans gravité»?

Reçus par la direction de l'établissement, les quatre agresseurs auraient accusé la victime de détenir «des armes», comme un cutter ou un tournevis, et refusé d'appeler leurs parents ou les pompiers. Selon le récit des professeurs, ce refus n'aurait conduit le proviseur qu'à leur demander de «quitter le lycée sans supervision».

Une fois dehors, les auteurs des violences auraient été à leur tour agressés par «des individus appelés en représailles», avant que les professeurs n'interviennent pour les faire rentrer, ainsi que la victime de la première rixe, qui aurait elle aussi été laissée à l'extérieur. La police et les pompiers ne seraient intervenus que tardivement, après avoir été contactés par une personne extérieure au lycée.

Selon les enseignants, «ces événements d'un caractère absolument inouï» révéleraient l'état d'extrême gravité dans lequel se trouve l'établissement, qui souffrirait d'une accumulation de dysfonctionnements, bien qu'il se classe parmi les dix meilleurs établissements du département dans le palmarès établi par Le Parisien ou L'Etudiant. Les parents d'élèves ont également contesté auprès du Parisien la légèreté avec laquelle la direction du lycée a traité l'incident. Selon le témoignage d'une mère, le proviseur aurait ainsi envoyé un message aux parents en parlant «d’une petite altercation sans gravité».

Dans leur communiqué, les professeurs fustigent un «mépris total» de la part du proviseur, qui aurait balayé d'un revers de main leur demande de fermer l'établissement dès l'après-midi du 14 octobre. De surcroît, face à leur refus de reprendre le travail, le même proviseur aurait menacé de les compter comme grévistes et aurait décidé de garder les élèves dans la cour, ce qui aurait conduit certains d'entre eux à forcer l'une des grilles. Le tout sans prévenir la direction académique, ce qui amène les enseignants à évoquer «l'irresponsabilité administrative» du chef d'établissement, qui jouirait selon eux d'une véritable «impunité», alors qu'il mettrait en danger l'ensemble des usagers du lycée. «Il est temps pour lui de partir pour le bien et la sécurité de tous», concluent sèchement les professeurs.

D'après Le Parisien, les quatre élèves agresseurs font l’objet d’une mesure conservatoire avant de passer en conseil de discipline, et ne reviendront pas en cours pour l’instant, tandis le rectorat précisait le 16 octobre qu’il allait étudier la demande de droit de retrait des enseignants pour en apprécier la recevabilité.

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