La tension sur les prix de l'énergie «peut durer tout l'hiver», alerte Thierry Breton

La tension sur les prix de l'énergie «peut durer tout l'hiver», alerte Thierry Breton© Max Rossi Source: Reuters
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Dans une station essence à Rome, en Italie, le 4 janvier 2021 (image d'illustration).
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Le commissaire européen a expliqué que la crise des prix de l'énergie «touche tous les Français, tous les Européens, et dans une certaine mesure toute la planète», alors que les ministres des Finances de l'UE se réunissent ce 27 septembre à ce sujet.

Le Français Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, a prévenu le 26 septembre que la hausse des prix de l'énergie (électricité, gaz, carburants) risquait de continuer encore plus mois. «Cette situation de tension peut durer tout l'hiver», a-t-il averti dans l'émission «Le Grand jury» sur RTL.

Les prix de l'électricité sont par exemple en train de flamber sur le marché de gros, tirés par les prix du gaz et les quotas d'émission du CO2, ce qui risque de se traduire par une forte hausse pour le consommateur l'an prochain, lorsque la Commission de régulation de l'énergie devra proposer une nouvelle évolution des tarifs réglementés. L'association de consommateurs UFC-Que Choisir vient de calculer que les prix de l'électricité pourraient connaître une augmentation de plus de 10% d'ici début 2022, en moyenne 150 euros supplémentaires sur la facture annuelle d'électricité d'un ménage l'utilisant pour se chauffer.

Par ailleurs, le tarif réglementé de vente du gaz naturel par Engie a grimpé de 8,7% le 1er septembre, après plus de 5% en août et près de 10% en juillet. Pour les deux carburants les plus vendus en France, la hausse est nette également, avec +13% pour le gazole et +15% pour le super sans plomb 95 depuis début 2021.

Les ministres des Finances des pays membres de l'UE doivent se réunir ce 27 septembre à ce sujet. Le représentant français Bruno Le Maire a déjà déclaré le 24 septembre que «le marché unique européen de l'électricité ne marche pas, il est aberrant» et qu'«il faut revoir de fond en comble [son] fonctionnement». «Les Français en paient la facture d'une manière incompréhensible pour eux et totalement inefficace du point de vue économique», a lancé le ministre sur Public Sénat.

Des hausses dues au Covid-19 et au manque de vent, selon Thierry Breton 

Dans «Le Grand jury», Thierry Breton a tenu à expliquer l'origine de ces hausses des prix : «Il y a eu la crise du Covid, on a fermé des puits de pétrole et des puits de gaz et certains ne peuvent plus les rouvrir. Structurellement, il y a déjà une baisse de l'offre. Deuxième élément, il y a beaucoup d'énergies renouvelables, comme les éoliennes. Et il se trouve qu'au cours des six dernières semaines, il n'y a pas eu de vent en Europe. Donc beaucoup moins d'électricité a été produite», a développé l'ancien ministre.

Pour Thierry Breton, cette crise «touche tous les Français, tous les Européens, et dans une certaine mesure toute la planète». Il a aussi pointé une défaillance selon lui de Berlin : «Vous avez des tensions géopolitique, d'après ce que dit l'agence pour l'énergie, et notamment pour certains qui sont trop dépendants. Je pense à l'Allemagne qui dépend beaucoup du gaz russe. Ils font aujourd'hui les frais d'une offre et d'une abondance qui n'est pas là où elle devrait être.» Le représentant de Bruxelles a également promis, sans précision supplémentaire, que la Commission de l'UE prendrait sa part pour limiter la hausse des prix, mais que pour le reste, c'était «à la main des Etats».

Thierry Breton a par ailleurs été interrogé sur la réforme des retraites en France. «Il appartient évidemment à chaque Etat de mener son calendrier, mais je n'ai aucun doute qu'elle sera faite», estimant que «le plus vite sera le mieux». «À Bruxelles, moi, j'ai un mode de fonctionnement assez précis. Il faut être clair sur les objectifs, mais à côté de ça, il faut respecter la temporalité démocratique de chaque Etat», a-t-il affirmé. Dans un entretien aux Echos publié ce 27 septembre, le Premier ministre Jean Castex a jugé que «les conditions posées par le président» ne sont «pas encore réunies» pour mener la réforme, tout en ajoutant que cela ne doit pas empêcher de se «préparer au cas où».

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