«La Russie, 10 fois plus importante que la France» : face à Poutine, le président tchèque ironise

En déplacement officiel à Sotchi, le chef d’Etat tchèque Milos Zeman a regretté la course aux sanctions entre la Russie et l’Occident et annoncé la signature de contrats pour plusieurs milliards de dollars avec Moscou.

«Quand je volais en France, j’étais accompagné par 14 hommes d’affaires, et en route vers la Russie ils étaient 140. On peut donc en tirer la conclusion que pour nous, la Russie est dix fois plus importante que la France», a ironisé le président tchèque Milos Zeman, au début de sa rencontre avec Vladimir Poutine à Sotchi.

Vétéran de la gauche tchèque, pro-russe, pro-chinois et hostile à l'immigration, Milos Zeman effectue actuellement une visite officielle en Russie, du 20 au 24 novembre.

L'occasion pour Milos Zeman de signer plusieurs contrats commerciaux avec la Russie, à hauteur de 20 milliards de dollars, selon le président tchèque, qui s'est exprimé en conférence de presse à propos de la coopération russo-tchèque. Le gaz est notamment crucial pour la Tchéquie : en 2017, plus de 19 milliards de mètres cubes de gaz y ont déjà transité vers l’Europe occidentale, d’après Vladimir Poutine. Le président russe a d’ailleurs noté que les entreprises tchèques étaient largement présentes dans plusieurs domaines high-tech de l’économie, et a révélé que le chiffre d’affaires des échanges commerciaux bilatéraux a augmenté depuis le début de 2017 de plus de 40%, à comparer avec la même période en 2016.

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La Russie reste donc une des plus importantes destinations pour les exportations tchèques et le principal fournisseur d’énergie du pays. Tour à tour freinées pas les sanctions européennes et les contre-sanctions russes, les relations commerciales entre les deux pays sont en train de retrouver leur tempo. Mais malgré le bon état des échanges commerciaux, pour le chef d’Etat tchèque, il est possible de faire mieux. «Malgré les sanctions, notre coopération économique s’intensifie, mais ça ne veut pas dire que je me suis résigné à cette situation, je me prononce résolument contre [les sanctions] depuis longtemps», a souligné Milos Zeman, le 21 novembre.

Malgré l'appartenance de la République tchèque à l'Union européenne, Milos Zeman s’est déclaré contre l'embargo alimentaire russe imposé en tant que mesure de rétorsion envers les pays occidentaux. «Un jour il faudra y mettre fin, monsieur le président, sinon vous serez privés de nos excellents fromages et yaourts», a-t-il lancé ironiquement. «On aura votre bière, et pour les yaourts on improvisera quelque chose», a rétorqué Vladimir Poutine.

Des conversations entièrement en russe

Les négociations entre les deux chefs d’Etat et leurs déclarations devant la presse se sont d’ailleurs déroulées sans traducteurs, entièrement en langue russe. Milos Zeman a notamment décidé de parler à Vladimir Poutine dans sa langue natale, exigeant de ne pas le traduire en tchèque. «Les journalistes [tchèques] doivent comprendre le russe», a-t-il assuré.

Le président tchèque parle russe couramment et n’hésite donc pas à converser dans la langue de Pouchkine, comme cela a encore été le cas récemment avec Vladimir Poutine en mai, ainsi qu'avec son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Pendant leur visite, le dirigeant tchèque, accompagné d'une importante délégation commerciale, a prévu de participer aux deux forums économiques russo-tchèques qui auront lieu à Moscou et à Ekaterinbourg.

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