Italie : après dix ans de crise économique, le taux de pauvreté absolue a triplé

Italie : après dix ans de crise économique, le taux de pauvreté absolue a triplé
Un homme bénéficie d'une distribution de hamburgers par une organisation caritative à Rome en janvier 2017, photo ©Tony Gentile/Reuters

Longtemps pays industriel et exportateur, l'Italie s'enfonce dans la crise permanente. L'incapacité de l'économie italienne à créer de la richesse a pour conséquence un accroissement continu de la pauvreté, à l'instar des pays du sud de l'Europe.

L'Italie est-elle en train de devenir un pays pauvre ? Sur la durée, les mauvaises performances de l'économie italienne commencent en effet à s'accompagner d'effets délétères. Le nombre d'Italiens vivant sous le seuil de pauvreté a ainsi presque triplé depuis 2006, selon l'Istituto nazionale di statistica (Istat), l'équivalent italien de l'Insee.

De 1,7 millions en 2006, le nombre de pauvres en Italie est passé, selon les estimations de l'Istat, à 4,7 millions en 2016. Les familles vivant en situation de «pauvreté absolue» s'établit à plus de 1,6 million, soit 7,9% de la population.

Les chiffres confirment par ailleurs les inégalités traditionnelles entre le sud et le nord du pays. Près de 10% des Italiens vivant dans le sud sont en situation de pauvreté absolue contre seulement 6,7% dans les régions plus riches du nord. 

Entre 2008 et 2013, l'Italie a connu l'une des périodes de récession économique parmi les plus difficiles depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La production industrielle a alors chuté de 25%, tandis que le taux de chômage explosait, passant d'un niveau enviable de 5,7% en 2007 à 13% en 2014. Alors que le sud de l'Europe continue de souffrir de la politique monétaire décidée par la Banque centrale européenne, l'Italie connaît toujours une croissance anémique : 1,1% selon les prévisions pour 2017 contre 0,9% en 2016.

Lire aussi : Excédée, l'Italie menace de distribuer des visas européens aux migrants

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.