Brexit : Londres menace de diviser par deux l'impôt sur les sociétés en cas d'intransigeance de l'UE

Brexit : Londres menace de diviser par deux l'impôt sur les sociétés en cas d'intransigeance de l'UE
Le Premier ministre britannique Theresa May ©Reuters/Yves Herman

Si l'Union européenne reste sur une ligne dure et refuse d'accepter un accord commercial, Londres dispose d'une option «nucléaire» : diviser par deux l'impôt sur les sociétés. Ce afin d'inciter les entreprises et les banques à rester au Royaume-Uni.

«On dit que nous n'avons pas de cartes en main», a déclaré une source proche du gouvernement citée par le quotidien britannique The Times. Mais «nous avons de bonnes cartes à jouer s'ils [l'Union européenne] commencent à nous faire des difficultés. S'ils nous imposent des barrières tarifaires, nous pourrons toujours abaisser l'impôt sur les sociétés à 10 %»

Selon le quotidien, un plan «secret» de réduction drastique, de 20 % actuellement à 10 % serait à l'étude afin de contrer des négociations dures dans le cadre de la sortie du Royaume-Uni. Le but étant d'inciter les entreprises européennes qui ont choisi les îles britanniques pour optimiser leur fiscalité à rester.

L'Union européenne, pour sa part, menace de priver d'accès aux services financiers les entreprises enregistrées au Royaume-Uni, et notamment les banques qui participent à plus de 10 % de la richesse créée dans le pays, alors que Londres est l'une des principales places financières du monde.

Depuis le résultat du référendum sur la sortie de l'Union européenne, le 23 juin 2016, les déclarations des dirigeants européens promettant de ne pas faciliter la tâche se multiplient.

Bras de fer entre l'Union européenne et le Royaume-Uni

Le 20 octobre, en amont d'une réunion des 27 membres de l'Union, François Hollande réitère son intention d'incarner une ligne dure : «Je l'ai dit très fermement : Madame Theresa May veut un Brexit dur, la négociation sera dure», avait prévenu le président français François Hollande, après que cette dernière avait déclaré son intention d'activer l'article 50 du Traité de Lisbonne «avant la fin mars» de 2016. «Cela marquera la première étape pour faire du Royaume-Uni un pays souverain et indépendant à nouveau», a déclaré Theresa May, soulignant que cela signifierait «la fin de l'autorité de l'Union européenne au Royaume-Uni».

Pour l'heure, le Brexit réussit plutôt bien à l'économie britannique. Les loyers baissent à Londres, la faiblesse de la livre favorise les exportations et dope le tourisme. La Grande Bretagne est déjà très attractive, ne serait-ce qu'avec des paradis fiscaux comme l'île de Man où de nombreuses sociétés se sont enregistrées afin d'échapper aux «enfers fiscaux» de certains pays de l'Euroland.

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