Sans l'occupation israélienne, l'économie palestinienne serait deux fois plus développée selon l'ONU

© Ahmed Zakot Source: Reuters

L'économie du territoire palestinien pourrait produire deux fois le PIB actuel sans occupation par Israël, tandis que le chômage et la pauvreté pourraient reculer de manière significative, selon un rapport annuel des Nations Unies.

Le rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) révèle que l'occupation israélienne prive le peuple palestinien de son droit au développement et nuit à l'économie de la Palestine.

Désindustrialisation, confiscation des terres, de l'eau et d'autres ressources naturelles, perte d'espace politique, restrictions à la circulation des personnes et des biens, destruction des actifs et des bases de production, expansion des colonies israéliennes, fragmentation des marchés intérieurs, séparation des marchés internationaux et dépendance forcée sur l'économie israélienne : autant de dégâts causés par la colonisation sont relatés dans le rapport de la CNUCED.

Le rapport indique par exemple que, de 1975 à 2014, la part du secteur des biens échangeables (agriculture et industrie) dans le PIB de la Palestine a diminué de moitié, passant de 37% à 18%, tandis que sa contribution à l'emploi est passé de 47% à 23%.

En outre, la Zone C, qui représente plus de 60% des terres de Cisjordanie et plus de 66% de ses terres de pâturage entièrement contrôlée par Israël, est inaccessible aux producteurs palestiniens.

Le rapport estime qu'en 2015, le développement des colonies israéliennes dans cette Zone C a coûté à l'économie palestinienne l'équivalent de 35% du PIB, soit 4,4 milliards dollars (3,9 milliards d'euros).

A Gaza, les producteurs se voient refuser l'accès à la moitié de la superficie cultivable et à 85% des ressources de pêche, alors que le coût des dommages directs infligés par trois opérations militaires israéliennes, entre 2008 et 2014, est estimé à au moins trois fois le PIB annuel de Gaza.

En outre, les Palestiniens se voient interdire de creuser des puits d'eau potable, tandis qu'Israël extrait beaucoup plus d'eau que le niveau prévu par les Accords d'Oslo de 1993, tout en confisquant 82% des eaux souterraines palestiniennes. Les Palestiniens sont laissés sans autre choix que d'importer leur propre eau d'Israël pour couvrir 50% de leur consommation.

La lente reconstruction depuis l'opération militaire israélienne à Gaza en 2014 a aggravé l'impact négatif de l'occupation prolongée sur le commerce et le développement en Palestine.

Après le déclin économique de 2014, ce qui est principalement le résultat de l'opération militaire israélienne à Gaza, l'économie du territoire palestinien occupé a augmenté de 3,5% en 2015. Cependant, cela ne suffit pas à lever la stagnation du revenu par habitant, qui reste en dessous de son niveau de 2013. Le rapport attribue également la faiblesse économique à une baisse de l'aide étrangère et à la retenue par Israël des recettes fiscales palestiniennes au cours des quatre premiers mois de 2015.

Durant les trois premiers mois de 2016, il y a eu plus de foyers palestiniens détruits en Cisjordanie que durant toute la période de l'année 2015, indique le rapport. Il y a désormais 142 colonies de peuplement en Cisjordanie, portant le nombre de colons israéliens à plus d'un cinquième de la population palestinienne. Selon le rapport, cette expansion «mine les perspectives d'une solution à deux Etats», indique le rapport.

Alors que les importations palestiniennes ne représentent que 6% des importations totales traitées par les douanes israéliennes, les droits perçus par Israël pour traiter les importations palestiniennes financent un tiers du budget du département. Le territoire palestinien occupé continue d'être un marché captif pour les exportations israéliennes en raison des restrictions sur le commerce palestinien et les activités productives. Par conséquent, le commerce avec Israël représente 54% du déficit commercial palestinien.

«Le commerce est la pierre angulaire sur laquelle le développement économique peut être construit et stimuler la croissance», a déclaré la secrétaire générale de la CNUCED, Mukhisa Kituyi.

Le rapport fait valoir que l'occupation a entraîné et fait perdurer une crise permanente de l'emploi, favorisé la pauvreté et les pénuries alimentaires. En 2015, 25% de la population vivant en territoire palestinien occupé était au chômage et 66% était en état de pénurie alimentaire. A Gaza, le chômage a atteint 38% en 2015, tandis que 73% de la population avait besoin d'une aide humanitaire urgente.

Durant l'année 2015, Israël a renforcé son blocus de Gaza et a ajouté plusieurs éléments à la liste des produits interdits de «double usage» - une liste des biens civils que les Palestiniens ne sont pas autorisés à importer parce qu'Israël les considère comme ayant des usages potentiellement nocifs.

La liste comprend les matières premières telles que les engrais agricoles, les équipements de télécommunications, de l'acier, des tuyaux, des pièces de rechange et d'autres biens d'équipement. Le bois de plus d'un centimètre d'épaisseur est désormais classé comme étant à double usage. Le blocus limite également la circulation des personnes, y compris ceux qui ont besoin d'un traitement médical d'urgence.

Les attaques sur la centrale électrique de Gaza en 2014 durant le blocus ont davantage aggravé la pénurie d'électricité, provoquant d'importants dysfonctionnements dans tous les aspects de la vie publique et privée : traitement des eaux usées, opérations médicales ...

Le rapport note par ailleurs que, pour la première fois en cinquante ans, le taux de mortalité infantile à Gaza est passé 12 à 20,3 pour 1 000 naissances entre 2008 et 2013.

«La fermeture de Gaza étouffe son peuple, étouffe son économie et entrave les efforts de reconstruction», a déclaré le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon en Juin 2016.

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