La croissance canadienne cale après les gigantesques feux

- Avec AFP

Source: Reuters

Les gigantesques feux de forêt en Alberta au printemps, en paralysant pendant des semaines la production pétrolière, ont frappé de plein fouet la croissance économique déjà plombée depuis deux ans par la chute des prix du brut sur le marché mondial.

Le produit intérieur brut du Canada a reculé de 1,6% en rythme annuel au deuxième trimestre, soit le plus important repli trimestriel depuis 2009, et la crise financière mondiale, a annoncé mercredi l'institut canadien de la statistique.

Ce repli est «somme toute en en ligne avec les attentes, il n'y a pas eu de grande surprise sur le chiffre total, mais ce qui a été le plus surprenant a été le repli du niveau des exportations», a commenté à l'AFP Charles St-Arnaud, économiste à la banque Nomura.

Le contraste est saisissant entre une activité économique amorphe au Canada quand pour la même période, le voisin américain, premier partenaire commercial, a enregistré une hausse de son PIB de 1,2%.

Sans l'impact des feux de forêt au mois de mai qui ont nécessité un arrêt de l'exploitation pétrolière de l'Alberta pendant plusieurs semaines, le PIB aurait à peine progressé (+0,1%) entre avril et juin, a noté l'institut de la statistique.

Pire catastrophe naturelle de l'histoire du Canada, selon l'association canadienne des assureurs, ce gigantesque brasier avait forcé début mai l'évacuation de 100 000 habitants dans la région de Fort McMurray, coeur de l'extraction des sables bitumineux. 

Sixième producteur mondial de pétrole, le Canada avait en conséquence accusé une chute sévère de sa production, de l'ordre de 1,2 million de barils en moins par jour.

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Pas juste le pétrole

«Ce n'est pas seulement l'histoire des incendies en Alberta, car en excluant leur impact, le PIB aurait progressé d'à peine 1 à 2% en taux annuel», a relevé dans une note Avery Shenfeld, économiste à la banque CIBC. «Les exportations sont aussi en cause», souligne-t-il.

Le repli de 4,5% des exportations au deuxième trimestre, qui suit une hausse de 1,9% au trimestre précédent, a ainsi «contribué en grande partie à la baisse du PIB», a abondé Statistique Canada.

Là aussi, l'arrêt de la production pétrolière se fait sentir. Les exportations de brut ont reculé de 9,6% et celles de minerais et de minéraux non métalliques de 17,5%, «ce qui représente la baisse la plus prononcée depuis le premier trimestre de 2009», souligne l'institut.

«On ne peut pas blâmer uniquement la baisse des exportations des produits énergétiques : la faiblesse des exportations est généralisée», a fait valoir Charles St-Arnaud.

Si les dépenses des ménages canadiens ont pour leur part progressé, l'endettement a continué de croître et la surchauffe des prix de l'immobilier, particulièrement sur les centres urbains de Vancouver et Toronto, sont autant de motifs d'inquiétude.

La consommation des ménages devrait toutefois soutenir l'activité grâce à la politique de relance budgétaire pratiquée par le gouvernement libéral. 

Le Canada devrait donc échapper à une nouvelle récession après celle des deux premiers trimestres 2015 provoquée par l'effondrement des prix du pétrole à l'été 2014.

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