Un an après l’attentat de Daesh sur une plage de Sousse, le tourisme tunisien est à la peine

© Zohra Bensemra Source: Reuters

Le 26 juin 2015, 38 touristes étaient froidement abattus sur une plage de Sousse, en Tunisie, par un tireur se revendiquant de Daesh. Un an plus tard, les conséquences sont toujours dramatiques pour le pays, blacklisté par les agences de voyages.

Avec une chute de 59% des réservations françaises pour les mois de juillet et d'août 2016 selon la Fédération des entreprises du voyage, la situation semble désespérée pour le secteur touristique tunisien, dont dépendent quelque 500 000 emplois.

Et pourtant, la descente aux enfers ne date pas d’hier. Il y a un an jour pour jour, un Tunisien déboulait sur une plage de Sousse et tirait à la kalachnikov sur des dizaines de touristes, avant d’être lui-même abattu. 38 morts sont ainsi venus s'ajouter aux 21 touristes qui avaient été tués lors d’une précédente attaque terroriste survenue trois mois auparavant dans le musée Bardo, à Tunis.

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En plus du sang qu'elle a répandu, l'organisation terroriste a profondément atteint l’économie tunisienne. Ainsi, au premier trimestre 2016, les recettes du secteur touristique ont dégringolé de 51,7% par rapport à la même période en 2015.

Conscientes du problème, les autorités tunisiennes n’ont pas lésiné sur le renforcement de la sécurité, en déployant 72 nouveaux postes de police dans les zones touristiques et 1 500 agents de sécurité supplémentaires depuis la tuerie de Sousse.

Mais cela n'étant manifestement pas suffisant, le gouvernement tunisien multiplie les appels, à l’image d’Abdellatif Hamam, directeur général de l'Office national du tourisme tunisien (ONTT), qui a déclaré à l’AFP : «Nous invitons des journalistes, des tour-opérateurs et des agences de voyage afin qu'ils voient par eux-mêmes [...] les mesures» qui ont été adoptées.

L’ambassadeur tunisien en Belgique Tahar Chérif a même directement adressé une lettre au ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, afin de l’appeler à lever l’avis négatif qui pèse toujours sur la destination, depuis les attentats de juin 2015.

«Monsieur le ministre, le 26 juin 2015, l’attentat terroriste de Sousse amenait la Belgique et plusieurs autres pays à émettre un avis selon lequel tous les voyages non-essentiels vers la Tunisie étaient déconseillés. Un an plus tard, cet avis négatif reste de mise […] C’est pourquoi les soussignés vous conjurent, Monsieur le ministre, de reconsidérer votre appréciation de la situation sécuritaire en Tunisie, de sorte que les Belges puissent à nouveau se rendre dans un pays qui leur est cher», a-t-il imploré.

L'appel à l’aide n’a pas encore convaincu les compagnies aériennes belges, à l’image de Jetair, dont la porte-parole Florence Bruyère a indiqué : «Nous demeurons bien entendu attentifs à la situation et dans l’attente d’un avis favorable du ministère des Affaires étrangères pour repartir en Tunisie. Mais dans l’état actuel, il est difficile de prédire quand nous pourrons à nouveau acheminer des touristes vers cette destination.»

Le secteur du tourisme, qui représente quelque 7% du PIB tunisien, est l'un des moteur de l’économie du pays. Environ 500 000 emplois en dépendent, soit près de 12% des emplois de la population active. 

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