La Tunisie élève un mur de sable pour se protéger du terrorisme

La plage de l'attentat de Sousse© Zohra Bensemra Source: Reuters
La plage de l'attentat de Sousse

Douze jours après l'attentat sanglant de Sousse, qui a fait 38 victimes, la Tunisie s'apprête à renforcer la protection de sa frontière avec la Libye.

Après avoir solennellement décrété l'état d'urgence pour une durée de 30 jours, le gouvernement tunisien vient d'annoncer son intention de construire un mur le long de la frontière avec la Libye pour «endiguer la menace terroriste». C'est en effet dans ce pays, livré au chaos depuis des mois, que les terroristes du musée Bardo et celui de la plage de Sousse se seraient entraînés au maniement des armes dans des camps de djihadistes. 

Le mur qui ne couvrira que 186 des 450 kilomètres que compte la frontière que Tunis partage avec Tripoli sera fait, selon les informations données par le gouvernement, de terre, de sable et de fossés. Il courra de Ras Jedir, ville portuaire de la Méditerranée à Dehiba, plus au sud. Sa construction devrait être achevée avant la fin de l'année, a promis le Premier ministre tunisien Habib Essid.

«Nous n'aurions pas été obligés de décréter l'état d'urgence si nous n'étions pas convaincus que notre pays faisait face à des plans terroristes nombreux dans le but de déstabiliser [le pays], et que les gangs du terrorisme, du meurtre et du crime planifiaient d'autres opérations qualitatives dont le but est de tuer le maximum de personnes, de frapper le moral [de la population] et de paralyser les rouages de l'économie nationale» a ainsi déclaré le chef du gouvernement tunisien devant le Parlement.

Depuis la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye est dévorée par un conflit intestin entre les partisans de l'Aube de la Libye (siègeant à Tripoli) et les autorités reconnues par la communauté internationale de Tobrouk. Une guerre que la Tunisie craint de voir exportée sur son sol.

Depuis sa révolution en 2011, la Tunisie fait en effet face à une forte menace djihadiste. Environ 3000 Tunisiens sont engagés dans les rangs de Daesh. Les Tunisiens représentent même le plus gros contingent d'étrangers.

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