Un sur cinq : les pertes de l'URSS pendant la Seconde Guerre mondiale

Un sur cinq : les pertes de l'URSS pendant la Seconde Guerre mondiale© REUTERS/Maxim Shemetov
Le président russe Vladimir Poutine assiste à une cérémonie de commémoration pour le 75e anniversaire de la bataille de Stalingrad, au mémorial de Volgograd en Russie en 2018 (illustration).
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Ancien ministre de la Culture et actuel conseiller du président russe, Vladimir Medinsky revient sur le sacrifice du peuple russe lors de la «Grande guerre patriotique» afin de pallier la méconnaissance du rôle de l'URSS dans la chute du nazisme.

Le 3 mars 1943 était libérée la ville de Rjev. Il ne restait pas plus de 300 personnes dans cette ville où, avant la guerre, la population était de 50 000 habitants. Deux jours avant la libération, les Allemands avaient enfermé tous les habitants dans une église de vieux-croyants minée. Les condamnés survécurent par miracle : l'explosion n'ayant pas eu lieu, des éclaireurs des troupes d'avant-garde de l'Armée rouge entrant dans Rjev réussirent à procéder au déminage. Peu de gens auront eu autant de chance.

«Alors que les Allemands battaient en retraite depuis le village de Dratchevo dans le district de Gjatsky en mars 1943, le chef adjoint de la gendarmerie allemande de campagne, le lieutenant Boss, a fait rassembler 200 habitants dans la maison de Tchistiakova, membre du kolkhoze, a fermé les portes et mis le feu à la maison où les 200 personnes ont brûlé», précise l'un des actes de la Commission extraordinaire d'Etat sur les atrocités des envahisseurs allemands.

Un camp de concentration pour enfants fonctionnait dans la localité de Vyritsa, dans la région de Léningrad, pendant les années d'occupation. Des enfants y furent emmenés de force depuis les zones de combat. Pourquoi ? Pour fournir du sang d'enfant aux soldats de la Wehrmacht. «Ma sœur Léna est morte là, dans le "revier". Elle me disait : "Sacha, emmène-moi. Je n'ai plus de sang, mais ils continuent de m'en prendre." Le lendemain elle est morte», se souvient l'un des survivants.

Ces faits et des milliers d'autres faits d'extermination délibérée de civils – enfants, femmes, personnes âgées – sont documentés et furent évoqués par les Soviétiques lors du procès de Nuremberg.

Personne n'a jamais eu de doute quant à l'éternelle évidence de savoir qui était le criminel, la victime, le héros libérateur lors de la Seconde guerre mondiale. Et pourtant si. Au XXIe siècle, la réhabilitation du nazisme s'est faufilée dans notre monde. Souriante, tolérante, dans les lunettes de l'intelligentsia, elle a fait ses nids dans les marécages d’internet, elle a pondu ses œufs... Certains en surgissent à une fréquence effrayante. On entend crier que Zoïa Kosmodemianskaïa (résistante soviétique de 18 ans pendue par les nazis) exécutait «un ordre criminel» et que les Allemands qui l'ont exécutée décidèrent en réalité de «prévenir un crime». Cela peut être un présentateur de télévision qui était populaire au siècle dernier ou bien un caricaturiste, ou quelqu'un d'autre dont le nom ne devrait pas même pas être mentionné. Peu importe de quelle manière ampoulée et sophistiquée ils expriment leurs «opinions alternatives», ils sous-entendent toujours que ce n'est pas Hitler et sa meute qui sont coupables d'avoir déclenché il y a 80 ans une guerre d'extermination contre les peuples d'URSS, non ! C'est l'URSS, la Russie, Staline et le peuple russe qui sont eux-mêmes responsables des énormes sacrifices dans la lutte contre l'euronazisme.

Et nous, citoyens russes, avons cessé à un moment donné de prêter attention à ce qu'ils disent exactement et de quoi ils parlent.

Il est temps d'y mettre un terme. Il est temps d'arrêter de traiter les déclarations publiques sur la guerre comme quelque chose qui ne devrait intéresser que les historiens. Le respect envers les actes des ancêtres doit impliquer le respect de la vérité du fait et du document, de la précision du terme, de la fidélité des formules choisies.

Et si nous exigeons le respect de la mémoire des combattants de l'Armée rouge tombés au front, si nous exigeons le respect de la mémoire de toutes les victimes, nous devons en fin de compte expliquer et apprendre par cœur les chiffres de nos pertes humaines et matérielles. Un jour lors d'une conférence, au début des années 2000, je demandais à des étudiants de troisième année : «Quelles ont été les pertes, militaires et générales de notre pays dans la Grande guerre patriotique ?» Il me semblait que c'était une question à laquelle un élève en sixième année à l'école soviétique pouvait répondre. Mais soudain, la salle s'est tue. A l'époque il n'y avait pas de smartphones, Dieu merci, ils ne pouvaient vérifier nulle part.

J'ai dû simplifier la question. «D'accord, disons simplement les pertes totales. Donnez-moi les chiffres officiels.» Et ça a commencé... Sept millions ! Vingt ! Trente ! Cinquante! Je n’en croyais pas mes oreilles, j'avais l'impression d'être à une vente aux enchères folle, ou bien que les étudiants de mon université adorée se moquaient de moi. Mais non, ils ne savaient tout simplement pas. Le fruit de la science des années 90, des manuels de Soros et de toutes sortes de déchets médiatiques... Tout simplement une ignorance totale !

Officiellement : 26,6 millions. Retenez cela, les enfants : 26,6. Le chiffre a été difficile à calculer (on en parlera plus tard), mais il est officiel, et c’est le plus précis à ce jour.

J'ai donc décidé le jour-même de tester l'intelligence des étudiants.

Deuxième question, leur dis-je : notre allié, le Royaume-Uni, a lutté contre Hitler deux années de plus que nous. Pendant ces deux années de combat il était presque tout seul.

Si, comme on le dit à la radio Echo de Moscou, le prix de notre victoire a été de 26,6 millions de victimes, combien nos principaux alliés, les Britanniques, ont payé, en terme de vies, pour notre victoire commune ?

En matière d'intelligence et d'arithmétique, les étudiants étaient parfaits.

«Si nous avons perdu 26,6 millions en quatre ans avec les Etats–Unis et le Royaume-Uni, alors pour les Britanniques seuls avec deux années de plus, ça ne devrait être pas moins de 40 millions», a lancé l'auditoire.

Alors, ceux qui s'intéressent au «prix de la victoire» payé par nos frères d'armes, consultez l'article correspondant sur le portail Istoria.rf.

Même si chaque vie n'a pas de prix et s'il n'y ait rien de plus détestable que de telles «statistiques», nous devrions tout de même connaître les chiffres.

Comprendre comment ils ont été calculés. Car aujourd'hui, ce ne sont pas seulement des statistiques. Compte tenu de toutes les tentatives détestables de réviser à la fois les causes fondamentales et les résultats de la Seconde Guerre mondiale en Occident c'est déjà, hélas, une grande politique.

Et ces chiffres doivent être officiels, scientifiquement vérifiés et bien fondés.

Donc, c'est 26,6 millions.

Les historiens continuent aujourd'hui d'utiliser les données de la fin des années 1980. Elles ont été calculées en comparant le nombre et la structure par âge de la population du pays au mois de juin 1941 et au 31 décembre 1945. La frontière temporelle a été déplacée vers le haut afin de tenir compte des militaires décédés dans les hôpitaux à la suite de leurs blessures, des prisonniers de guerre revenus dans leur patrie après leur libération des camps allemands, des «travailleurs de l'est» (ostarbeiters), etc.

La population de l'URSS au 22 juin 1941 a été calculée en déplaçant à cette date les résultats du recensement de la population d'avant-guerre (le dernier avait eu lieu en janvier 1939), en tenant compte du nombre de naissances et de décès et du rattachement de nouveaux territoires à la veille de la guerre. Ainsi, la population de l'URSS à la veille de la guerre s'élevait à 196,7 millions de personnes. Vous souvenez-vous des propos de notre héroïne, sur l'échafaud, publiés en 1942 dans l'essai de Piotr Lidov Tania ? «Vous allez me pendre, mais je ne suis pas seule. Vous ne pourrez pas pendre tout le monde. Nous sommes 200 millions !..»

La population à la fin de l’année 1945 est calculée de la même façon : en reprenant les données du recensement de 1959 on obtient 170,5 millions de personnes, dont 159,5 millions nées avant le début de la guerre. Ainsi, la Commission conclut que la diminution totale de la population pendant les années de guerre avait été de 37,2 millions de personnes. La responsabilité de ces pertes incombe entièrement à l’agresseur, peu importe que ces personnes aient été victimes d’une politique d’extermination, soient mortes au front ou de la détérioration des conditions de vie à l’arrière. 

Cependant, de ce nombre ont ensuite été exclus ceux qui sont probablement décédés de causes naturelles (quelles qu’elles soient) pendant les années de guerre, conformément aux taux moyens totaux de mortalité de la population de l’URSS pour l’année 1940. Le nombre total de «décès naturels» a été estimé à 11,9 millions de personnes. Au nombre de morts, la Commission ajouta 1,3 million enfants nés et décédés sous peu pendant la guerre en raison de l’augmentation du taux de mortalité infantile. A la suite de ces calculs (37,2 millions – 11,9 millions + 1,3 millions), le chiffre final de 26,6 millions a été obtenu et il est considéré comme officiel. 

Pertes parmi les civils

Les historiens ont également calculé combien de civils soviétiques furent victimes de la politique d’extermination nazie. Leur nombre officiel aujourd’hui est de 13,7 millions de personnes. Ce chiffre se base sur les données obtenues lors de l’examen des milliers de fosses communes dans les territoires libérés, sur les témoignages et les calculs. 

Il a été prouvé qu’au moins 7,4 millions de civils soviétiques avaient été délibérément exécutés : fusillés, brûlés, enterrés vivants. Travaux forcés et traitements inhumains tuèrent 2,2 millions de personnes parmi les Ostarbeiter emmenés dans le Reich. Enfin, dans les territoires occupés, plus de 4,1 millions de personnes sont mortes prématurément à cause de la détérioration générale des conditions de vie, de la faim et des maladies.

Le nombre obtenu de 13,7 millions de personnes est stupéfiant. Mais pouvons-nous être satisfaits de tels calculs ? Je suppose que non.

Tout d’abord, la soustraction de la « mortalité naturelle » (11,9 millions) du nombre total de pertes dont nous avons parlé plus haut fait que le nombre total de pertes de 26,6 millions de personnes ne converge pas avec les chiffres totaux pour certaines catégories de victimes. Pourquoi ? Par exemple, si on prend le calcul du taux de «mortalité naturelle» pendant le siège de Leningrad de l’automne 1941 à janvier 1944, un individu est mort «de vieillesse». Mais en réalité, cette personne est morte de faim, c’est-à-dire qu’elle a été victime d’un crime de guerre. Comment calculer ? Selon la logique acceptée, le taux de mortalité naturelle doit également être appliqué aux victimes du siège de Babi Yar et de Khatyn puisqu’elle est appliquée au nombre total de pertes. Mais il est absurde de procéder ainsi car nous savons qu’en réalité ces personnes ont été assassinées par les nazis, qu’elles ne sont pas mortes de vieillesse et de maladie. Leur mort « statistiquement » naturelle était en vérité non naturelle, violente et prématurée.

En plus des victimes liées à la terreur et aux conditions brutales de l’occupation, la population civile de l’URSS a subi d’énormes pertes dues aux frappes aériennes et aux bombardements, c’est-à-dire à tout ce que les militaires appellent froidement  «l’impact des combats», dans toutes les zones près des lignes de front, les villes assiégées et d’autres localités.

Le nombre de pertes civiles causées par les bombardements de Sébastopol et d’Odessa, de Kertch et de Novorossiïsk, de Smolensk et de Toula, de Kharkov et de Minsk est estimé à des centaines de milliers. Et on oublie beaucoup de choses aujourd’hui, mais souvenons-nous de la tragédie de Mourmansk, qui reste à ce jour la plus grande ville du monde au nord du cercle polaire. Les nazis essayèrent au début de la prendre en s’approchant par la terre, du côté de la Norvège, par les forces des divisions d’élite de la Wehrmacht. Pourtant, bien que parfaitement équipés pour mener les combats en hiver, munis des meilleures armes de l’époque, de vêtements, de nourriture chaude et de matériel, ils ne réussirent pas à percer le «bouclier arctique», la «fine ligne rouge» des combattants semi-gelés de l’Armée rouge, du NKVD et de la milice, et à entrer dans notre dernier port arctique libre de glaces. Puis la ville fut soumise à d’horribles bombardements aériens. Et cela n’a rien à voir avec Coventry ! Le nombre de victimes civiles et de destructions (proportionnellement à la population et au nombre de bâtiments) causés par les bombardements est comparable à ceux de Dresde, de Francfort, et même de Stalingrad ! 

A Stalingrad, même avant la percée des troupes allemandes, avant le début de cette bataille légendaire, en un seul jour (!) d'août 1942, lors d’un raid massif de l’aviation allemande, entre 40 et 70 000 civils périrent. L’une des plus belles villes pacifiques de l’URSS, où il n’y avait pratiquement pas d’unités militaires, où il n’y avait ni aviation ni batteries antiaériennes, fut incendiée avec cynisme et réduite en cendres, en un jour seulement. 

Le plus grand crime de guerre dans l’histoire aura été la tentative de laisser mourir de faim les habitants de Leningrad : pas moins de 800 000 personnes furent tuées. 

Poursuivons. L’extermination des prisonniers de guerre soviétiques, semble-t-il, ne concerne que les pertes militaires. Le nombre officiel de pertes de l’Armée rouge, selon le ministère de la Défense, correspond à 8,67 millions de personnes, et si on tient compte des pertes de toutes causes (tués, morts des suites de leurs blessures et de maladies, disparus et capturés), le chiffre s’élève à 11,9 millions. La différence est de plus de trois millions de personnes : ce sont les citoyens enrôlés au début de la guerre et qui ne parvinrent pas jusqu'à leurs unités militaires, ceux qui furent capturés au début de la guerre et libérés à la fin, ceux qui se retrouvèrent en territoires occupés, et les personnes portées disparues. Une partie d’entre eux étaient en vie, une partie de ceux qui périrent sont inclus dans le nombre de pertes militaires, une autre partie dans les pertes civils. Et encore une partie n’est toujours pas comptabilisée.

Souvent se trouvaient dans les camps de prisonniers de guerre des partisans et, parfois, de simples hommes en âge d’entrer dans l’armée capturés en territoires occupés. Ce n’étaient pas des militaires. Et si nous savons que les nazis ont exterminèrent délibérément environ 3,1 millions de prisonniers de guerre soviétiques (environ 60% du nombre de prisonniers), alors des centaines de milliers d’entre eux sont des civils annihilés comme s'ils avaient été des prisonniers de guerre ! 

Je suis sûr qu'en parlant des victimes de la politique de génocide, nous avons tout à fait le droit de considérer comme telles, de manière générale, les prisonniers de guerre exterminés par les Allemands, qu'ils soient civils ou militaires. Car dans aucune guerre, du moins dans l'histoire chrétienne de l'humanité, aucun Etat n'a jamais tué ou amené à la mort par épuisement et torture près de 60% des prisonniers comme les nazis l'ont fait avec les prisonniers de guerre soviétiques. Certes, je veux bien volontiers croire qu’à des époques sauvages, les chefs et prêtres de tribus aient agi de même mais les victimes ne se comptaient certainement pas en millions, et il n'y avait pas de politique documentée d'un Etat «européen civilisé». Qui – un fait à ne pas omettre – bénéficia du soutien des églises protestantes de tous les Etats germaniques et même de celui du Saint-Siège à Rome.

Chose surprenante : le taux de mortalité en captivité en Allemagne pour les soldats des alliés – Etats-Unis, Angleterre, France – est compris entre 3 et 4%. Voyez la différence. La différence dans l'attitude des nazis envers les Russes/Soviétiques capturés et les prisonniers de guerre européens et américains, qui étaient également leurs ennemis. Par conséquent, prenons comme point de départ les pertes humaines de l'URSS pendant les années de guerre : 37,2 millions de personnes, c'est l'estimation du déclin de la population par les démographes. Ensuite, il faut compter et rentrer dans le détail.

Ce chiffre diminuera, mais pour obtenir des données précises, beaucoup de travail de la part des scientifiques, des archivistes et des démographes est encore nécessaire. N'oublions pas qu'en plus des pertes humaines directes, l'agression commise par Hitler eut également des conséquences démographiques à long terme. L'«écho démographique» de la guerre s'est fait ressentir pendant deux ou trois décennies. D'après les scientifiques, les pertes indirectes subies par la population soviétique sont estimées à 23 millions de personnes supplémentaires. Il s'agit des enfants qui ne sont jamais nés, des personnes qui sont mortes précocement de blessures et de maladies ou des crises cardiaques subies par ceux qui apprenaient la mort de leur fils, mari, père ; ces chiffres n'ont été comptabilisés nulle part.

Il y a 70 ans, la Convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide entrait en vigueur. Son auteur, Raphael Lemkin (d'ailleurs citoyen russe de naissance), inventa le terme lui-même. Parmi les tout premiers exemples de génocide de l'histoire, il évoquait la mort des habitants de Carthage, détruite par Rome au milieu du IIe siècle avant JC. Le massacre sanglant pendant les croisades, l'anéantissement des «Indiens» d'Amérique, l'extermination et la déportation des Arméniens chrétiens dans l'Empire ottoman, l'Holocauste sont tous des génocides. La Сonvention fut adoptée pour prévenir toute action similaire à l'Holocauste commis par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. L'extermination des juifs (le nombre de victimes s'élève à six millions de personnes), des Roms (de 200 000 à 1,5 million), des Serbes (de 200 à 800 000) est reconnue en tant que génocide au niveau international. Les intentions et les actions des élites du Troisième Reich contre le peuple soviétique vont bien au-delà du désir de détruire tout «groupe national, ethnique, racial ou religieux», tel que défini par la Convention. Elles sont beaucoup plus grandes ! Et le problème n'est pas seulement dans le nombre affolant de civils soviétiques tués, dépassant ceux de l'Holocauste et du génocide des Serbes et des Roms, mais dans les principes de la politique d'Etat du Reich, formulés à plusieurs reprises par écrit et systématiquement mis en œuvre par les nazis sur le territoire de l'URSS. Le problème, c'est le caractère sans précédent du crime.

En fait, le «groupe» à détruire pour les nazis était TOUTE la population de notre pays, quelle que soit l'appartenance ethnique (raciale) ou religieuse. La faute des Russes, des Juifs, des Biélorusses, des Tatars, des Ukrainiens, des Mordves ou des Tchouvaches devant Hitler était seulement d'être citoyens soviétiques, empoisonnés par «l'idée communiste» et, surtout, de vivre sur des terres sur lesquelles Hitler comptait mettre en œuvre son projet d’«impitoyable germanisation».

Nous disons aujourd'hui : il est de notre devoir de mémoire envers nos ancêtres d'éviter que ces «crimes sans prescription» ne soient oubliés. Mais pas uniquement. Dans les conditions actuelles, il est également important de nommer correctement ce qui s'est passé. Qui aurait pu il y a 30 ans avoir l'idée de se permettre cette rhétorique moqueuse comparant l'Allemagne hitlérienne à l'URSS de Staline ? Assimiler une croix gammée nazie à une étoile rouge ?

Et aujourd'hui, c'est déjà inscrit dans la loi dans certains pays ! Désormais, l'URSS est exclue de la liste des vainqueurs de cette guerre, souvent on ne la mentionne même pas. Comme si nous n'avions pas du tout participé à la Seconde Guerre mondiale. L'Union européenne est allée plus loin : ils accusent l'URSS d'avoir déclenché la guerre. En Europe de l'Est et dans les Etats baltes, il a été déclaré au niveau étatique que l'URSS n'avait pas libéré les peuples de ces pays du fascisme, mais les avait occupés et réduits en esclavage.

Mais attendez une minute : cela signifie-t-il que le verdict du procès de Nuremberg dans la partie définissant les auteurs des crimes contre la paix, la préparation et le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, n'a plus aucune signification ?

Il ne viendrait jamais à l'idée de quiconque aujourd'hui de qualifier les Juifs, les Roms et les Serbes de coupables du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Mais pourquoi cela vient-il à l'esprit en ce qui concerne les Russes et les autres nationalités du peuple soviétique ? Qui ont également été victimes d’un génocide classique. La seule différence est que le peuple soviétique, victime d'une agression et ayant subi des pertes sans précédent dans l'histoire, a survécu et est devenu non seulement une nation victime de plus, mais une nation victorieuse. Le prix incalculable que l'URSS a payé dans la lutte contre le nazisme n'est pas le «prix de la victoire», comme on le dit curieusement parfois. Ce n'est pas correct. C'est le prix qu'il a fallu payer pour sauver tous ceux qui ont survécu et les 4/5 des citoyens de l'URSS, sauver toute l'Europe et, j'en suis certain, le monde entier du nazisme.

Quant à nous – enfants, petits-enfants, héritiers et successeurs du peuple soviétique victorieux –, nous devons tout faire pour préserver la vérité sur la Seconde Guerre mondiale, sur ses héros, ses victimes et ses criminels.

Pour qu'il n'y ait plus jamais de guerre.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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