Victoire sur le nazisme : «Aujourd'hui, on rétablit une certaine vérité d'histoire»

Claude Blanchemaison, ancien ambassadeur de France, et François Chauvancy, général de Brigade et expert en géostratégie, ont commenté le 9 mai pour RT France les célébrations en Russie des 75 ans de la capitulation de l’Allemagne nazie.

L'ancien ambassadeur de France Claude Blanchemaison et le général de Brigade et expert en géostratégie François Chauvancy se sont entretenus avec RT France, le 9 mai, à l'occasion du 75e anniversaire de la Victoire sur l'Allemagne nazie. Si le traditionnel défilé militaire sur la place Rouge à Moscou, la capitale russe, a été annulé en raison de la crise sanitaire du Covid-19, le volet aérien de l'événement a néanmoins été maintenu. Le président russe Vladimir Poutine s'est en outre adressé à sa nation depuis le jardin Alexandre à Moscou, après avoir déposé une gerbe de fleurs sur la tombe du Soldat inconnu. 

«Dans son discours [...], le président russe a salué l'exploit des Soviétiques et de toutes les nationalités qui composaient l'Union soviétique [lors de la Seconde Guerre mondiale]. Ces nationalités qui sont les Kazakhs, les Ukrainiens, les Biélorusses, les Ouzbeks et beaucoup d'autres, qui depuis sont devenus indépendants», a fait-valoir Claude Blanchemaison au début de l'interview.

«C'est le problème de l'histoire. On voit toujours ce qui se passe à sa porte et pas plus loin»

François Chauvancy a tenu à expliquer pourquoi le rôle et l'engagement de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) contre le Troisième Reich étaient encore aujourd'hui minorés. «C'est le problème de l'histoire. On voit toujours ce qui se passe à sa porte à pas plus loin», a-t-il expliqué. Et de poursuivre : «N'oublions pas que suite à cette Deuxième Guerre mondiale, le monde s'est divisé en deux en Europe. Nous avions un bloc de l'Est et un bloc de l'Ouest. Et je crois que cet effacement, plus ou moins volontaire, [...] de l'implication de l'Union soviétique à l'époque a été idéologiquement ignoré.»

Selon lui, «c'est le résultat de cette Guerre froide qui a fait qu'on a plus mis en valeur l'Occident que l'ex-Union soviétique». Le général de Brigade considère «qu'aujourd'hui, on rétablit une certaine vérité d'histoire où chacun a pris sa part à cette guerre et où tout le monde a contribué à sa manière».

Le soldat soviétique était patriote. Il défendait sa terre. Il défendait sa famille et pas forcément le régime.

Claude Blanchemaison est ensuite revenu sur l'importance considérable de Joseph Staline, dirigeant de l'URSS de 1922 à 1952, en tant que chef militaire durant la Seconde Guerre mondiale. Pour l'ancien ambassadeur de France, «le peuple russe d'aujourd'hui lui reconnaît d'avoir été capable de tenir [...] notamment pendant le siège de Stalingrad, qui a été extrêmement meurtrier, et également pendant le siège de Leningrad [...] et de Moscou».

«On ne peut qu'être surpris par le courage du soldat russe et soviétique, et de sa volonté de se battre jusqu'au bout», estime quant à lui François Chauvancy. «Il y avait quand même un système autoritaire derrière qui permettait difficilement au soldat russe de se rebeller ou de ne pas faire la guerre. Il ne faut pas l'oublier», nuance-t-il ensuite.

Et de conclure : «Maintenant, il est indéniable que tout ce qu'on peut lire sur cette guerre patriotique a montré que le soldat soviétique était patriote. Il défendait sa terre. Il défendait sa famille et pas forcément le régime».

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