Castex contre l’islamo-gauchisme, par Philippe Mesnard

Castex contre l’islamo-gauchisme, par Philippe Mesnard© AFP / POOL Source: AFP
Jean Castex après la conférence de presse du 29 octobre (image d'illustration)

En attaquant le dogme de la nécessaire repentance de la France pour son passé colonial, le Premier ministre a réussi à ébranler l’édifice de mensonges qui sert à nos ennemis à justifier toutes les horreurs commises par les islamistes.

Le 1er novembre 2020, jour de la Toussaint, veille du jour des morts, Jean Castex a enterré la repentance occidentale vis-à-vis du colonialisme. Cris d’effroi dans l’assistance. Vives réactions. Douloureuses complaintes. Sidération. Danièle Obono et Christine Taubira n’auraient tant vécu que pour vivre cette infamie, qui ruine quelques décennies de proclamations geignardes sur les crimes qu’aurait commis la France ? Va-t-on d’un coup priver les islamo-gauchistes d’une facile et fausse explication de la haine islamiste à l’encontre de la France et des Français ? Je frémis en l’écrivant : est-ce bientôt la fin de la culture de l’excuse ?…

Mais qu’a dit le Premier ministre ? «Je veux ici dénoncer toutes les compromissions qu’il y a eues pendant trop d’années, les justifications à cet islamisme radical : nous devrions nous autoflageller, regretter la colonisation, je ne sais quoi encore. La première façon de gagner une guerre, c’est que la communauté nationale soit soudée, soit unie, soit fière. Fière de nos racines, de notre identité, de notre République, de notre liberté. C’est la première condition. Il faut gagner le combat idéologique.» En effet, carton plein, avec tous les mots qui fâchent et son «nauséabonds», «racines et identité» en tête, et même «gagner», qui ne sent pas trop le dialogue. Le Monde cite un député de la majorité qui considère que ces propos sont «aux antipodes de ce qu’on est, du progressisme», tant il est vrai que le progressisme ne consiste pas à prendre en compte la réalité mais à rêver l’avenir et à travestir le passé en repoussoir permanent.

L’islamisme tue sans justification historique

Emmanuel Macron, progressiste, lui, ne cesse d’affirmer depuis 2017 que la France doit s’excuser pour son passé colonial. Il l’a redit aux Mureaux, en octobre 2020, en parlant du séparatisme, liant explicitement le terrorisme islamiste à la colonisation de l’Algérie – sans bien sûr évoquer une seule seconde l’une des causes de cette colonisation : mettre fin à la piraterie barbaresque qui infestait la Méditerranée. Si le dey d’Alger, sous obédience ottomane (une colonisation que Macron ni les islamistes n’évoquent), était riche, c’est parce que la piraterie lui rapportait, et les ventes d’esclaves afférentes.

Mais Jean Castex a raison. La chose est rare, elle mérite d’être célébrée. D’une part, utiliser la colonisation pour justifier les crimes islamistes est une absurdité. D’autre part, pourquoi reprocher à la France ses colonies ? D’une part donc, la colonisation ne justifie rien. L’Autriche, qui n’a jamais colonisé quoi que ce soit [1], vient de faire l’expérience du terrorisme islamiste. Les terroristes islamistes du GIA ont d’ailleurs dévasté l’Algérie pendant plus de dix ans, causant la mort de plus de 100 000 personnes et ruinant le pays : qui avait colonisé qui ? Le GIA s’attaquait aux descendants politiques des artisans de l’indépendance et à la population alors prétendument libérée… Les brebis bêlantes qui rappellent sans cesse que «les musulmans sont les premières victimes du terrorisme islamiste» devraient au moins être logiques et arrêter d’exciper du colonialisme pour expliquer que c’est l’unique ou la principale raison qui nous vaut en France plusieurs centaines de morts en à peine quelques années, comme si les islamiste opérant sur notre territoire, d’où qu’ils viennent, se dotaient brusquement d’un cadre conceptuel spécifique, ad usum Gallorum. Comme si tous les djihads étaient condamnables sauf celui qui opère sur notre pays.

La colonisation algérienne a été globalement bénéfique

D’autre part, de quoi la France serait-elle coupable ? Pas d’un «crime contre l’humanité» ou d’un «acte de barbarie» comme le prétendait scandaleusement Emmanuel Macron, en 2017, en Algérie qui plus est ! Car les 130 ans de présence française en Algérie, c’est les Algériens accédant enfin à l’éducation, à la santé – en Algérie, en 1860, Alphonse Laveran identifie l’agent du paludisme : acte de barbarie ? –, à l’agriculture, à l’industrie. Depuis 80 ans, le gouvernement algérien s’efforce de nier la réalité de la colonisation française (avec ses énormes maladresses, dues en partie aux laïcards de la IIIe République) et présente cette colonisation, qui a transformé un pays pauvre, en proie à la guerre civile au début du XIXe, sous domination ottomane, en un pays riche, doté d’une industrie, d’un réseau de transports, routes, ports, voies ferrées et aérodromes, d’un réseau sanitaire, comme une catastrophe humaine et économique. La vérité est que la France s’est ruinée à tenter d’élever l’Algérie. Et la vérité est que l’Algérie s’est détruite en donnant le pouvoir à des révolutionnaires qui, fatalement, ont laissé les milieux d’affaires s’emparer des commandes et ont favorisé l’islam le moins accommodant, qu’ils avaient déjà mobilisé dans leur guerre contre les Français.

Jean Castex a raison : arrêtons de nous flageller, surtout pour des crimes que nous n’avons pas commis. Rappelons la vérité historique, n’en déplaise aux progressistes. Et empêchons-les de réécrire l’histoire immédiate en déniant à chaque attentat son caractère islamiste : nous sommes en guerre, il faut nommer l’ennemi, et il faut désigner les traîtres qui le soutiennent.

Philippe Mesnard

 

[1] Sinon les îles Nicobar. Comme le dit avec humour J. Macé-Scaron dans Le Figaro, « La seule colonie autrichienne furent les îles Nicobar désertées un temps par les Danois sur l’ordre de Marie-Thérèse. L’épisode se referma plus vite que l’éventail de l’impératrice. »

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