Frappes américaines en Syrie : à deux doigts d'une confrontation avec la Russie

Frappes américaines en Syrie : à deux doigts d'une confrontation avec la Russie© Ford Williams Source: Reuters
Le navire de guerre américain USS Porter en train de lancer un missile

Dans l'attaque chimique à Idlib, ce ne sont pas les Etats-Unis qui ont été attaqués. Le fait d'envoyer des missiles sur la Syrie ne contribue aucunement à la résolution du conflit, estime le journaliste et homme politique Dominique Jamet.

RT France : Pensez-vous que la riposte des Etats-Unis soit justifiée, alors que l’enquête sur l’attaque chimique dans la provence d'Idlib n’a pas eu lieu ?

Dominique Jamet (D. J.) : Une riposte à quoi ? Ce ne sont pas les Etats-Unis qui ont été attaqués. En effet, l’enquête n’est pas terminée, et je ne suis pas sûr que l’action américaine aille forcément dans le sens de la résolution du conflit syrien. Jusqu’à présent, les Américains étaient plutôt concentrés sur l’Irak, négligeaient la lutte contre Daesh et favorisaient le mouvement rebelle contre Bachar el-Assad.

RT France : Pour vous, est-ce la fin de la coopération entre la Russie et les pays occidentaux dans la lutte contre le terrorisme en Syrie ?

D. J. : Je note avec intérêt que les Etats-Unis, semble-t-il, ont pris soin d’avertir les Russes du raid qu’ils préparaient. Ils ont tout de même pris cette précaution, ce qui signifie qu’ils ont veillé à ne pas rompre avec la Russie. Ils n’ont donc pas pris le risque d’une action qui aurait aussi touché des Russes présents sur cette base militaire syrienne. Le pire a été évité. Mais cela ne va pas dans le sens du renforcement de la coopération entre la Russie et les Etats-Unis.

C’est la réaction de quelqu’un qui a été horrifié sur le plan humain

RT France : Y a-t-il des ressemblances avec d’autres interventions américaines comme celle en Irak ou n’est-ce qu’une action éclair qui n’aura pas de conséquences ?

D. M. : Je suis incapable de démêler exactement quelles sont les raisons, les mobiles à l’origine de cette action. C’est la réaction de quelqu’un qui a été horrifié sur le plan humain, horrifié par ce qu’il considère être un crime contre l’humanité commis par Bachar el-Assad. S'agit-il d’une tentative de montrer que l’Amérique est toujours prête, même si on ne le lui demande pas, à assumer le rôle du gendarme mondial ? S'agit-il du désir de Donald Trump de montrer qu’il a de gros bras et de gros muscles ? S'agit-il d'une action isolée ou d'un changement de stratégie ? On ne peut pas le dire avec certitude pour le moment.

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