Conversation entre Trump et Poutine : l'important c'était de «donner le bon ton»

Conversation entre Trump et Poutine : l'important c'était de «donner le bon ton»© Jonathan Ernst Source: Reuters
Donald Trump au téléphone

L'entretien entre les deux présidents, américain et russe, a été «constructif» et a permis de faire partir du bon pied les relations bilatérales, même si «le chemin ne sera pas facile», anticipe l'analyste financier Earl Rasmussen.

RT : Il y a récemment eu un entretien téléphonique entre Vladimir Poutine et Donald Trump – il semble  que les deux leaders sont sur la même longueur d’ondes concernant un certain nombre de questions. Pensez-vous qu’une nouvelle ère de coopération américano-russe commence, ou est-ce juste un geste diplomatique obligatoire du début de la présidence de Trump ?

Earl Rasmussen (E. R.) : Je crois que cet entretien a été constructif, car il donne le ton qui va marquer les prochaines rencontres potentielles, et il va faire avancer le dialogue. Mais, en évoquant certains commentaires entendus pendant l'investiture, la tâche ne sera pas aisée. Il y aura des résistances des deux côtés – de la part de certains membres de son parti politique, mais aussi de la part des groupes d’opposition.

Cela pourrait être un défi, mais si vous regardez les aspects différents de la future coopération, cela montre la voie à suivre

Mais l'important c'est qu’il y a du progrès, et ils comprennent qu’il y a des possibilités de coopération, notamment pour lutter contre l’extrémisme et le terrorisme – l’Etat islamique, Al-Qaïda et leurs groupes affiliés. J’estime donc que c’est une direction positive, qui a été définie. Cela pourrait être un défi, mais au regard des différents aspects de la future coopération, cela montre la voie à suivre.  

RT : Certains membres de l’équipe de Trump sont assez hostiles à l’égard de la Russie. Certains Républicains, notamment le sénateur John McCain, ont qualifié président Poutine d’«assassin» et de «bandit». Comment Trump peut-il s'en accommoder ?

E. R. : Le problème clé aujourd’hui c’était de partir du bon pied. Evidemment, nous ne saurons pas tous les détails, mais je suppose que l'essentiel était de reconnaître qu’ils devaient restructurer leurs relations, parce qu’il n’y pas vraiment de raisons d'être ennemis. Il existe plus d’opportunités de coopération. Chaque pays poursuit ses propres intérêts, mais Trump en est conscient, et son administration aussi malgré tout. Et cette première conversation est à placer dans ce cadre.

RT : Trump a donné 30 jours aux chefs d’état-major pour préparer un plan de destruction de l’Etat islamique. A quoi pourra bien ressembler ce plan ? 

E. R. : Il y a beaucoup d’aspects à prendre en compte dans la coopération contre le terrorisme. Tout d’abord, parvenir à se mettre d'accord pour dire que cette lutte est de notre intérêt commun. Il s'agira de formaliser la coopération militaire, en s'assurant que les intérêts de toutes les parties sur le terrain sont légitimes et leurs arguments valides, en particulier en ce qui concerne la Syrie, mais aussi la Turquie et certains groupes dans cette région, qui ont une voix dans ces discussions. Ce sujet vient partiellement d'être évoqué à Astana, et on continuera à accorder de l’attention à ce problème.

Il y a de nombreuses difficultés qui doivent être négociées dans la perspective d'une mise en œuvre de zones de sécurité

Quant aux zones de sécurité, je comprends leurs objectifs et leurs intentions, qui sont légitimes. Mais il y a beaucoup de difficultés et de problèmes relatifs à tout cela – il faudra assurer des zones de sécurité, car beaucoup de gens se déplacent d’un endroit à l’autre, leurs sphères culturelles sont différentes, et il faudra sécuriser ces zones – et qui en sera responsable ? Les Etats-Unis ou bien cela sera une préoccupation commune des Russes, des Américains et des forces syriennes ? Il y a de nombreuses difficultés qui doivent être négociées dans la perspective de leur mise en œuvre.

RT : A quel point les deux présidents se sont-ils impliqués personnellement dans la conversation ? Leurs visions personnelles peuvent-elles influencer la prise de décisions ?  

E. R. : Evidemment, le président Poutine a une influence beaucoup plus apparente au niveau diplomatique et en tant que politicien, en comparaison avec Donald Trump. Il ne dévie pas de son sujet, ce qui est parfois caractéristique de Trump. Mais essentiellement, il y a beaucoup de ressemblances. Ils sont profondément préoccupés de leur pays, de leurs intérêts nationaux, ils ne veulent pas entrer en conflit, ils ne croient pas en l’ingérence dans les affaires des autres, ils veulent améliorer le climat économique, conclure des accords. Et j’estime que Donald Trump souhaite stabiliser sa politique étrangère afin d’améliorer les rapports commerciaux aussi. On voit la même chose de la part du président Poutine, si on considère son rôle dans les pays des BRICS, dans l’OSC (Organisation de coopération de Shanghaï) et dans le développement de la nouvelle Route de la soie. Et ils veulent tous les deux créer des opportunités pour leur peuple. Voici quels sont leurs points communs.

Lire aussi : Poutine et Trump : vers un «rétablissement des relations cordiales» entre la Russie et les USA ?                 

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