Sanctions antirusses de Barack Obama : une réaction «impulsive, infantile, inutile»

Sanctions antirusses de Barack Obama : une réaction «impulsive, infantile, inutile»© Guadalupe Pardo Source: Reuters
Le président américain Barack Obama

L'Amérique «intervient chaque semaine» dans les élections et les référendums du monde entier, mais accuse la Russie d'ingérence dans ses affaires sans fournir aucune preuve, s'étonne l'ancien diplomate britannique Peter Ford.

«Ce qui me choque vraiment c'est l'hypocrisie de la réaction américaine. C'est tellement infantile, ça n'est que rancœur à cause de la défaite de Hillary Clinton aux élections», a déclaré Peter Ford à RT, en commentant la nouvelle série de sanctions antirusses annoncées par le président américain Barack Obama jeudi 29 décembre. Ces nouvelles sanctions sont introduites pour répondre au prétendu piratage d'institutions et de messageries de particuliers américains dont Washington accuse le gouvernement russe mais pour lequel il n'a offert aucune preuve.

Peter Ford fait remarquer que les allégations de Washington selon lesquelles Moscou aurait interféré dans la politique intérieure des Etats-Unis étaient mal justifiées et semblaient absurdes venant d'un pays qui a une si longue histoire d'ingérence dans les affaires intérieures d'autres Etats.

«L'Amérique intervient chaque semaine dans les élections et les référendums du monde entier. Il y a quelques mois seulement, Barack Obama s'est rendu au Royaume-Uni et a effrontément et ouvertement interféré dans le Brexit, ayant préétabli un plan avec David Cameron», a déclaré l'ancien diplomate. Il faisait ici allusion aux menaces de Barack Obama de mettre le Royaume-Uni «en fin de la queue» dans les négociations avec les Etats-Unis si les citoyens britanniques devaient voter en faveur de la sortie de l'UE en juin 2016.

Même si les commentaires de Barack Obama au Royaume-Uni ont suscité l'ire d'une partie du public britannique, son ingérence dans la politique intérieure du pays est presque passée inaperçue, selon Peter Ford. Contrairement à cet épisode, dans le cas des «hackers russes» piratant prétendument les données du Comité national démocrate pour obtenir les emails portant atteinte à Hillary Clinton les preuve font défaut. Mais les accusations, elles, abondent.

«Accuser la Russie sans fournir de preuve, c'est étonnant», a déclaré l'ancien diplomate, qualifiant la réponse américaine de réaction «impulsive, infantile, inutile». Ford a ajouté que, même si Moscou avait contribué aux fuites, mettre à jour la conspiration contre Bernie Sanders de la part de Hillary Clinton et de son camp aurait été «un service à l'humanité».

Au lieu de se concentrer sur «les entourloupes au sein du Parti démocrate», les médias américains se sont «empêtrés dans la russophobie», a souligné Peter Ford.

«Les médias ont accordé une trop grande attention à cette affaire de russophobie», a-t-il déclaré, en critiquant ainsi les propos de la conseillère à la sécurité de Barack Obama, Susan Rice, qui avait prétendu que les médias américains «avaient manqué une opportunité» avec leur couverture insuffisante des allégations de piratage russe.

Peter Ford espère que l'administration de Donald Trump est prête pour un nouveau départ dans les relations américano-russes, et que la «page de cette administration du "canard boîteux" Obama va être tournée».

«Le plus important est que le compte à rebours a commencé pour la prise en charge par la nouvelle administration avec laquelle, avec un peu de chance, cela va changer», a-t-il conclu.

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